[Mission] Chèvre à tout prix (V. Cadmus) B9rmV6G
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[Mission] Chèvre à tout prix (V. Cadmus)

Arroth' Asuldan
Arroth' Asuldan
66
09/02/2020

Feuille de personnage
Âge: 29 ans
Métier: Marchand ambulant
Couleur: #2BABAD
MARCHAND
[Mission] Chèvre à tout prix (V. Cadmus) EmptyMer 19 Fév - 16:08
[Mission] Chèvre à tout prix (V. Cadmus) Iqpn

Chèvre à tout prix

Avec le dépressif Cadmus



intro ; après de longs périples et une errance quotidienne en Alysia, Asuldan réalise qu’il est grand temps de raviver les douleurs du passé, chose qu’il n’avait, jusqu’à lors, pas réussi à faire ni à surmonter. Ses futiles journées à rêvasser à la recherche de son père ne l’avaient aucunement aidé ; mais la sensation de ses souvenirs lointains lui déchirait la poitrine, rien qu’en se projetant des années en arrière. Peut-être que des indices se trouveraient là-bas, cachés sous les débris d’une maison morte ?

Asuldan marchait depuis une éternité. Le soleil avait commencé à décliner et il était maintenant à son azimut, très loin à l’horizon. De là où il se trouvait, l’environnement était paisible et silencieux. Les couleurs pittoresques de la grande sphère solaire peignaient l’aventurier d’un tas d’émotion d’émerveillement. C’était une scène provocante, et à chaque fois, il n’était pas en mesure de se lasser. Il avait eu parfois de drôles de pensée : “Quel Créateur pour créer des choses si ennuyeuses en une oeuvre aussi enchanteresse !.” Était-il possible de s’épuiser de la couleur des arbres ? De la forme imparfaite de leur écorce ? De la rougeur de leur feuille pendant la Culture ? Et des innombrables colorations qui faisaient d’elles de merveilleuses sources d’enchantement ? Tout ça, n’était qu’un minuscule exemple dans toute cette existence. Malgré ses pensées, Asuldan n’était pas né dans la croyance, il n’avait jamais prié, il n’était jamais allé dans une église pour louer Illios ; mais pour lui, l’esprit du hasard ne pouvait créer de telles complexités, alors oui, il s’amusait à y penser, à douter.

Marchand qu’il était, il avait voyagé de Bery à Bronosea, deux localités voisines qui ne les séparaient que de deux jours de marche. Ces dernières dépendaient fortement l’une de l’autre. Tandis que Bery était un village florissant, prospérant grâce à sa délicieuse bière aux baies et aux noix et échangeant avec les autres localités du coin, Bronosea se démarquait par sa nourriture raffinée, alors qu’ils s’appauvrissaient de jour en jour. Asuldan était venu en aide à ces deux-là, une affaire sans grande mesure, puis il était parti, le matin même. Cela ne lui ressemblait pas, il aimait prendre son temps, explorer et goûter aux plaisirs de la culture (dans tous les sens du terme). Enfin, il l’aurait fait, s’il n’avait pas une pensée derrière la tête : il devait retourner chez lui et il était déterminé pour le faire le plus tôt possible.

Il ne lui avait pas fallu longtemps pour apercevoir une petite bourgade. Il hâta son pas assez rapidement, et s’aperçut que même à une heure aussi tardive, le village était déjà animé. En s’approchant plus près, pénétrant dans l’enceinte de Sitari, car c’était le nom de l’endroit, un homme jeune et impétueux l’arrêta net - il eut un mouvement de recul et se laissa rapidement intimidé par la taille de l’étranger, il ne se ravisa pas et ouvrit la bouche après avoir jaugé du regard Asuldan.

« Repars, n’on a ‘sez des voleurs ! ‘ des étrangers aussi !
Bonsoir, posa calmement Asuldan, en regardant plus loin, il observa un homme assez vieux, des voleurs ?
— Ouais, un voleur sans foi n’coeur, faire ça à not’ pauvre lucien ! renchérit le jeune en crachant sur le sol.
Je vois que vous avez des problèmes et je m’excuse de déranger en cette importune soirée, je ne cherchais qu’un logis pour la nuit, annonçait-il et désarma son opposant, il se pinça ensuite les lèvres et continua, peut-être que je peux vous aider ? »


Il avait cette facilité à décontenancer les autres, si sa grande taille faisait déjà son effet, toute la politesse et le savoir-vivre qu’il empruntait à chaque fois donner cet effet surprenant. Le jeune homme laissa passer le grand aventurier et il se dirigea sans grand mal vers l’homme cafardeux.
 
« Ma chèvre… Ma pauvre chèvre… »

Halloween
Cadmus
Cadmus
140
01/02/2020

Feuille de personnage
Âge: 28 ans
Métier: Capitaine de la garde royale
Couleur: #3A447C
GARDE ROYAL
[Mission] Chèvre à tout prix (V. Cadmus) EmptyMer 19 Fév - 17:09

[Mission] Chèvre à tout prix (V. Cadmus) Nkpd

Ah shit, here we go again

C'était enfin temps pour Cadmus et ses hommes de rentrer. Le séjour à Dexia avait été...Et bien. Spécial. Il en était tout à fait sur, maintenant, il n'aimait pas ce pays. Il n'aimait pas les maisons closes d'Emporos, il n'aimait pas l'ambiance de nuit du lieu, il détestait Eldun Galbianassi et commençait définitivement à considérer tout les habitants du pays pour des gens dangereux et hypocrites. Il pensait que Sitari serait un endroit plus calme. Foutaises. Ils s'étaient installés à l'auberge, le groupe de gardes s'assurant de la sécurité du diplomate qui avait commandé (quelle surprise) de l'alcool en grande quantité. Puis des hommes, visiblement des paysans, les avaient prit à parti.

« Tain' D'étranger ! Ch'ui sur qu'c'est eux ! Y sont d'Tharros en plus ! »

Cadmus avait lancé un regard désabusé à ses hommes. Oh, bien sur, le chemin de retour ne pouvait pas être aussi simple ! Il s'était levé et avait ordonné à trois des gardes d'escorter le diplomate déjà ivre-mort dans ses quartiers. Il s'approcha du groupe de paysans et les toisa du regard, une main sur son épée.

« Que se passe-t-il ? » Demanda-t-il d'une voix calme mais ferme.

Sans répondre, un des villageois tenta de lui mettre un poing en plein visage. Un poing arrêté sans difficulté par sa propre main. Tenter de frapper un homme en armure était une action complètement stupide. Resserrant sa main sur celle du paysan au point de la faire craquer, il répéta sa question, plus lentement et avec plus d'autorité.

« Chui sur qu'c'est vous qu'avez volé la chèvre à Lucien ! Salopards ! »
Lança un des villageois. Il semblait être le plus jeune du groupe. Cadmus poussa brusquement son agresseur pour aller voir le cadet du groupe. Ce gamin devait avoir seize ans tout au plus. Il n'en menait pas large face à la carrure du capitaine.

« Et qu'est-ce qui te fait dire ça ? » Demanda-t-il d'une voix glaciale.

Un silence pesant fit place. Un silence qui fut interrompu par ce qui semblait être une altercation dehors. Après un court moment de réflexion, Cadmus se retourna vers ses hommes.

« Assurez la sécurité de Galbianassi, je m'occupe de cette affaire. »

Sans attendre plus de réaction de leur part, il poussa les paysans comme si ils n'étaient que de simples obstacles sur son chemin et se dirigea vers la source de ce bruit. Il était intrigué, il semblait qu'un étranger était arrivé en ville, peut-être qu'une personne sensée et civilisée pourrait l'éclairer sur cette situation. Une chèvre de volée, hein ? Depuis quand c'était une raison pour agresser des gens. Aux yeux du capitaine qui n'avait jamais vraiment connu la famine ou la pauvreté, une chèvre était juste une chèvre. Aussi se disait-il que si ce Lucien y était si attaché, il n'avait qu'à en acheter une autre.

« Je vois que vous avez des problèmes et je m’excuse d’importuner en cette importune soirée, je ne cherchais qu’un logis pour la nuit. Peut-être que je peux vous aider ? »

Quelle drôle de voix. C'était bien l'accent de Dexia, mais il ne pouvait s'empêcher d'avoir envie de voir à qui cette voix appartenait. Cette voix avait quelque chose de...séduisant ?

Tu débloque, Cad, c'est le stress et la fatigue.

Il secoua la tête et s'approcha des participants de cette drôle de discutions. Il fut surpris de constater que l'étranger en question était...Plus grand que lui. Agacé aussi. La taille de Cadmus lui procurait une autorité naturelle assez bienvenue dans son métier, mais il se retrouvait face à quelqu'un qui remettait son autorité en doute de par son physique même. Mais pire, l'homme en question avait un certain charisme. Un..Charme ?

Oh bordel...Concentre-toi sur autre chose.

En analysant un peu plus la scène, il réalisa que le « géant » avait désarmer un gamin.

Ravis de savoir que je ne suis pas le seul...

Ce village avait clairement un problème avec les étrangers. Même leurs compatriotes de Dexia semblaient en pâtir. Et lui qui s'était dit qu'ils étaient tous les même. Apparemment non. Il y avait des sous-groupes qui se détestaient entre eux.

« Ma chèvre… Ma pauvre chèvre… »

Le jeune garçon venait d'escorter l'étranger vers celui que Cadmus jugea être ce fameux Lucien. Il s'approcha un peu pour évaluer la situation. Si les villageois perdaient leur calme, il ferait lever le camp, quitte à dormir à la belle étoile. Ce serait toujours mieux que de se faire étriper par une foule en colère. Il s’apprêtait à faire demi-tour lorsqu'il se fit interpeller par le jeune garçon.

« Hé, l'aut' étranger, pouvez pas aider aussi ? »


Oh pitié non...

Tout les regards étaient tournés vers lui à présent. Il resta un long moment silencieux à observer les trois compères. Le gamin, le Lucien et le « géant ». Il allait dire non lorsqu'il réalisa que la foule en colère l'avait suivi. Pour une retraite, c'était un peu tard. Il grogna.

« Bien ! » Il se tourna vers le reste des villageois. « Je retrouverait cette foutue chèvre, mais en échange, laissez mes hommes tranquille, nous ne faisons que passer et nous seront partis demain ! »

Être à Andreios ou se retrouver à empiler emmerdes sur emmerdes à Dexia, il ne savait pas quel était le pire. Il s'approcha de Lucien d'une démarche qu'il voulait rassurante et lui posa la main doucement sur l'épaule.

« Racontez-moi exactement ce qu'il s'est passé... »

Il jeta ensuite un regard vers l'étranger. Un regard qui demandait du soutien.

T'es de Dexia, toi, dis quelque chose, putain...

***

[Mission] Chèvre à tout prix (V. Cadmus) 5uoy
Arroth' Asuldan
Arroth' Asuldan
66
09/02/2020

Feuille de personnage
Âge: 29 ans
Métier: Marchand ambulant
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MARCHAND
[Mission] Chèvre à tout prix (V. Cadmus) EmptySam 22 Fév - 12:08
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Chèvre à tout prix

Avec le dépressif Cadmus



intro ; l’aventurier arrive presque de nuit à Sitari, village très loin à l’ouest des lacs Safis. Il ne s’attend pas à distinguer un monde éveillé à une heure déjà tardive et se dépêche de s’approcher pour comprendre ce qu’il s’y passe. Un jeune homme tente de le lui faire-faire demi-tour, mais en bon marchand éduqué et avec son langage maîtrisé, il parvient à se laisser une chance de les aider ; mais en ce village, il n’est pas le seul étranger, des soldats ont déjà élu domicile dans la seule auberge de Sitari, où il rencontre leur capitaine.

En quelques minutes, minutes qu’il avait perdu en débattant avec le jeune homme, le Soleil avait déjà disparu. Il ne laissait maintenant que d’éphémère lueur, qui déclinait déjà rapidement là-bas. La beauté des luminosités rougeoyantes ne resterait dorénavant plus très longtemps, peut-être une quinzaine de minutes et ainsi sonnerait le glas des heures perdues, de la fin de la journée et du retour de la Ténébreuse nuit.

Asuldan était un homme de patience, il ne hâtait pas le chemin qu’il empruntait, surtout dans les moments les moins inopportuns. En bon juste et en gentilhomme équilibré, le résultat pouvait parfois garantir les alliances de demain, les amis d’aujourd’hui et les anciens opposants de hier, tout était possible avec la bonne manière. C’est pourquoi, même si la fatigue pesait sur ses pas et qu’elle fermait ses yeux de force, il ne presserait rien de ce qu’il arrivait. Il resta concentré, le regard planté dans la situation comme si quelque chose de grave venait de se passer ; ce qui n’était pas le cas pour tout le monde.

Au loin, les yeux de l’aventurier se perdirent dans l’abîme. Il scruta les faibles torches extérieures et en vit sortir un homme grand en armure. Ses connaissances du monde et ses explorations lui rendirent la vie plus facile, et il sut à ce même instant que les symboles et la carapace de métal ne pouvaient appartenir qu’à un membre de la garde de Tharros. Cet étranger en des terres inconnues (et qui ne devait pas lui porter très haut dans le coeur) s’approchait le pas lourd du petit attroupement de paysans. Venait-il voir ce qui se passait ? Toutefois, Asuldan, malgré qu’il avait, du coin de l’oeil le plus discret au monde, aperçu cette imposante figure, se remit dans la tête de ce problème “délicat”. Le vol était une chose commune, mais en ces terres troubles, même le plus simple des brigandages pouvait mener à d'atroces conséquences.

Le marchand, en se rapprochant du propriétaire de la chèvre, s’agenouilla proche de lui. C’était un gage de sincérité, mais également, il pouvait mettre à bas tous les statuts par ce simple mouvement ; qu’il fût un noble en cavale, un prince de visite ou un simple marchand, il lui parlerait comme un ami, d’égal à égal. De plus, assis sur une caisse en bois, les mains sur le visage, il pouvait facilement voir le désespoir qui découlait de cette personne âgée. Il posa une main sur son épaule, peut-être un peu trop tôt. Cela lui valut le regard surpris de ce dernier.

« Comment s’appelle-t-elle ? questionna Asuldan de sa voix la plus calme.
— Princesse, lui répondit le maître de la chèvre, comme s’il retrouvait un peu de lumière dans ce monde. Elle se nommait Princesse. »


Des phrases s’élevèrent derrière lui et il se retourna. Le même soldat était venu à leur rencontre, et on lui avait demandé une chose de les aider, lui aussi. Peut-être que les paysans n’avaient pas encore perdu foi en les soldats de Tharros, ou que malgré leur ressentiment, ils se devaient d’aider le fidèle lucien. Sous cette demande, Asuldan souria. C’était une sorte de conte de fées et tout ça ne faisait partie que d’une très grande aventure. Sa gigantesque et massive carcasse se releva, lâchant l’épaule du vieil homme pour attendre la suite des évènements. Allait-il venir avec lui ?
 
« Je retrouverais cette foutue chèvre, mais en échange, laissez mes hommes tranquilles, nous ne faisons que passer et nous serons partis demain ! »
 
Sa réponse le fit rire, - rire bien trop feutré pour être entendu -, ce n’était pas en soi ce qu’il disait qui était marrant (quoiqu’il était plutôt plaisant de voir que Tharros n’était pas aussi sang-froid qu’on l’imaginait), mais la manière dont il s’exprima. Il y avait quelque chose de très vivant et étourdi en ces mots, il ne savait pas encore quoi, mais il aimait bien ce côté-là. Il laissa place à ce personnage, qui avait trouvé et choisit la meilleure manière d'entrer dans le jeu, et resta sur le côté quelque instant, le temps de savoir ce qu’il ferait.
 
« Racontez-moi exactement ce qu'il s'est passé...
Et le plus détaillé possible, continua Asuldan en considérant le regard de son compatriote. »

 
Selon ce qu’il avait décrit, le voleur avait été un étranger, il était venu très tôt et il avait semblé si affable que les villageois avaient baissé leur garde (et c’était normal). Il avait aidé l’auberge du coin et même quelques habitants, avant de voler la chèvre du seul fidèle lucien du coin. Bon, comme il est, et ses belles croyances, il avait demandé qu’on l’épargne si Princesse lui était ramené saine et sauve.

« Je ne sais pas pourquoi… mais mon plus grand fils l’a vu se diriger en direction de la forêt morte… Qu’est-ce qu’il prépare avec ma Princesse… »
 
Asuldan parut réfléchir un instant. De là où ils se trouvaient, il ne leur faudrait pas beaucoup de jours pour arriver à la forêt Morte. Ceci dit, l’aventurier serait même en mesure de regagner son ancienne demeure, une pierre deux coups qui étaient à prendre en considération. Il laissa ça de côté, pour l’instant. Et regarda une fois de plus son complice, il le connaissait, il l’avait déjà vu. Il prit enfin la parole.

« Deux jours nous séparent de l’endroit où le voleur s’est sauvé… Il serait préférable de se reposer ce soir et de partir au petit matin. Je suis désolé de retarder notre voyage, s’excusait-il au vieil homme. La nuit est déjà tombée et voyager à cette heure tardive de la nuit est dangereux. Même accompagnés d’un Capitaine aussi réputé, nous ne sommes pas à l’abri d’embuscades et de dangers nocturnes. Qu’en penses-tu ? demanda-t-il à, maintenant, son compagnon de route, il devait le solliciter lui aussi. »

Halloween
Cadmus
Cadmus
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01/02/2020

Feuille de personnage
Âge: 28 ans
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[Mission] Chèvre à tout prix (V. Cadmus) EmptySam 22 Fév - 15:13

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this is wrong on so many levels

Bon, résumons la situation. Un abruti était passé dans le coins, et les villageois, encore plus abrutis que lui, l'avait laissé voler une chèvre avec un nom complètement débile et le clampin s'était enfuit en direction de la forêt morte. La forêt morte....

C'est où ?

Cadmus n'osa pas poser la question, son autorité était déjà assez mise à mal comme ça. Il se sentit soudain complètement idiot d'avoir négligé la géographie dans ses enseignements. Il savait manier l'épée, se battre à main nue, rédiger des rapports et des requêtes mais il ne connaissait que la géographie basique de Tharros. Et presque pas celle des autres pays.

Ses pensées revinrent sur cette chèvre. « Princesse », il ne savait pas si un tel nom aurait été accepté à Tharros. On ne rigolait pas avec la royauté. Mais il n'était pas à Tharros, en l’occurrence et ne sentit pas le besoin de faire de remarques de ce coté. Il se contenta de jeter un regard reconnaissant envers l'étranger. Cet homme avait l'art de mettre les gens en confiance, ce qui serait très utile pour rassurer la population sur la présence de soldats de Tharros à Sitari.  

« Deux jours nous séparent de l’endroit où le voleur s’est sauvé… »

Deux jours...

DEUX JOURS ?


Cadmus se retint de crier et de faire une grimace. Il resta stoïque et accepta la terrible vérité. Il s'était engagé. Pour deux PUTAINS de jours de marche. Les questions s'enchainaient dans sa tête. Une chose était sure, son honneur mal placé et la méfiance des villageois lui interdisaient tout retour en arrière. Mais qu'aurait fait Etzios ou Athanasia à sa place ?

Ana aurait sans doute dit : « ne t'en fais pas, Cad', ordonne à tes soldats de partir devant, part avec l'autre con et au premier ravin venu, jette-le dedans et reviens en contournant Sitari. »

Ah oui c'est...Bien ? Je suppose. Et Etzios, il aurait dit quoi lui ?

« C'est pour le bien commun, Cad. Tu dois accepter cette tache, c'est Ilios qui a mit ce vielle homme sur ton chemin pour te tester. »

Ah, ah...Merci bien, vos deux visions du monde sont aussi utiles qu'une horloge sans aiguille donc je vais arrêter de penser à vous et agir par moi-même.

Ce sera mieux.


« Il serait préférable de se reposer ce soir et de partir au petit matin. Je suis désolé de retarder notre voyage. La nuit est déjà tombée et voyager à cette heure tardive de la nuit est dangereux. » Cadmus hocha la tête. Voyager de nuit n'était jamais une bonne idée, et ils étaient tout les deux fatigués par leur périple respectif. Une bonne nuit de sommeil et une matinée de préparation ne serait pas de trop. Ils utiliseraient la soirée pour discuter d'un plan d'action.

« Même accompagnés d’un Capitaine aussi réputé, nous ne sommes pas à l’abri d’embuscades et de dangers nocturnes. »

Il fronça les sourcils. Un capitaine aussi réputé ? Ils se connaissaient ? Mais d'où ? Il n'y avait que deux personnes que Cadmus appréciaient dans sa vie, cela voulait dire que si il connaissait cet homme, il ne l'aimait pas. Mais il avait beau chercher, il ne faisait pas parti de ses connaissances, même les plus obscures. Il ne pensait pourtant pas que sa popularité dépassait les frontières de Tharros.

« Qu’en penses-tu ? »

D'où tu me tutoie, sale bâtard ?

La phrase faillit franchir ses lèvres. Mais c'était le meilleur moyen de perdre un allié de taille. Il se contenta donc de s'éclaircir la gorge et de répondre calmement.

« En effet, c'est la meilleure solution possible à notre problème. Je donnerais des instructions à mes hommes dans le même temps. Nous ferons les préparations nécessaires au voyage le lendemain à l'aube et discuterons de notre plan ce soir. Qu'en pensez-vous ? » En réalité, c'était une question rhétorique et il n'attendais pas de réponse. Il regarda rapidement autour de lui, la foule semblait s'être calmée et se dispersait peu à peu. Tant mieux. Il se retourna vers le vieux.

« Votre fils aîné pourrait-il nous donner des détails sur l'apparence de cet homme ? »
Demanda Cadmus d'une voix amicale malgré le coté garde qui était toujours présent. Le vielle homme fit non de la tête avant de répondre : « Non, personne ne sait à quoi il ressemble, il portait une cagoule, nous n'avons... »

« Très bien. »
L'interrompit le capitaine. C'était ridicule. Ils ne s'étaient donc étonnés de rien ? Un homme cagoulé qui vient au village ? Une chèvre qui disparaît ? Cela aurait pu être éviter d'une façon si simple que s'en était déconcertant. « Nous le retrouverons, et nous vous ramènerons Princesse ». Il se retint de rire en prononçant le nom de la chèvre mais ne laissa rien paraître. Rester neutre était une part de son métier.

Se retournant vers l'autre homme, il lui adressa un sourire qu'il voulait amical mais qui était crispé par la frustration du à la situation qu'il jugeait totalement stupide.

« Venez, nous allons discuter de tout cela autour d'un verre. »


Sans attendre sa réponse, il retourna vers la taverne, lui indiquant une table où s'asseoir avant d'aller discuter rapidement avec ses hommes. Donnant les instructions nécessaires, un regard noir posé sur Kursen, son second, en cas de quelque réplique que ce soit de sa part. Cela fait, il retourna vers l'inconnu qui, semblait-il, avait déjà passé commande car deux chopes de bières arrivèrent en même temps que lui. Cadmus remercia la serveuse d'un hochement de tête avant de s'attabler.

« La forêt morte, hein ? »
Marmonna-t-il. « Tant mieux, plus c'est loin d'Areng, mieux je me porte... » Il realisa qu'il avait dit ça peut-être assez fort pour que l'autre homme l'entende. Pour détourner la conversation, il lui tendit la main.

« Je pense que des présentations sont de mise, j'aime bien savoir avec qui je travaille, appelez-moi Cadmus, juste Cadmus. »

***

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Arroth' Asuldan
Arroth' Asuldan
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09/02/2020

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[Mission] Chèvre à tout prix (V. Cadmus) EmptyDim 23 Fév - 11:07
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Chèvre à tout prix

Avec le dépressif Cadmus



intro ; Avec son compère, réputé capitaine de la garde royale de Tharros, lui et Asuldan acceptent de retrouver la chèvre du fidèle lucien. Mais le Soleil déjà couché, il serait préférable d’attendre le petit levé du matin pour commencer cette quête, car la nuit les dangers rôdent et sont bel et bien présents, cachés dans l’obscurité des Ténèbres. Pour cette soirée-là, tout se terminera à la petite taverne de Sitari, puis à l’auberge. Ils auront de quoi parler pendant les heures qu’ils leur restent.

Asuldan et sa rencontre hasardeuse jouaient à présent aux enquêteurs. Il l’avait souvent fait seul, à chercher les indices cachés, à regrouper les pièces du puzzle comme si tout cela n’était qu’une vieille blague d’un homme sénile ; et parfois même quand la situation était aussi sombre que la guerre qui se préparait en coulisse. Il n’avait jamais, ou presque jamais, été accompagné par quelqu’un d’autre. Si, il l’avait été, et d’une certaine manière, ça lui avait toujours plu. Ce n’était pas des moments nombreux, mais il y en avait eu : il se souvenait de Melandrelle, belle rousse aux formes interdites et alléchantes, toujours recouverte d’un fin voile coloré qui laissait l’imagination happer les esprits des hommes (et de quelques femmes). C’était une catin de Dexia, mais elle paraissait être la femme la plus noble de ses terres, Asuldan l’aimait pour son caractère de fleur sauvage et son esprit séduisant, il l’aimait entièrement, cela voulait sans dire. Tous les deux avaient joué aux entremetteurs entre une petite vierge de bas rang social et un noble dont elle était tombée éperdument amoureuse (lui aussi). Il y avait eu aussi Turth, un marchand trop gourmand, et laisser-aller sur la nourriture, qui l’avait rejoint dans l’une de ses aventures, car trop curieux pour laisser passer une telle occasion. Et quelques autres après et avant. Chaque fois, Asuldan avait toujours pris du plaisir à enquêter et résolver les énigmes. Même si avec son tempérament charmant et ses tendances de bon vivant, tout cela terminait dans une chambre d’une auberge ou sur le cours d’eau d’un étang.

Et le voilà encore, à jouer les enquêteurs, avec un Capitaine de Tharros, qui plus est. Asuldan n’avait pas mis beaucoup de temps pour comprendre qui il était, car sa réputation lui était revenue en pleine face : un oeil borgne et un autre comme celui d’un poisson mort, des cheveux mal dressés blonds, le début de cicatrices qui se discernaient sous leur prison de fer et de sa haute stature dans son armure métallique. Personne ne pouvait réunir autant de détails, il était, ce qu’on pouvait appeler, un homme peu ordinaire, capable d’être repéré dans la foule à des miles de là. Pour certains, c’était une mauvaise caractéristique, pour un soldat, Asuldan pensait que ça restait une bonne chose, il pourrait calmer n’importe quelle situation, qu’il soit loin ou près.

Sa langue fourcha “exprès” sur capitaine réputé afin de laisser planer le doute.  Il ne prit pas plus de mesure que cela dans son explication et tous les deux, il le pensait, semblaient convenir à une telle proposition. Il avait même pu entendre ce Capitaine prodiguer une réponse attrayante ; reprenant par la même occasion sa question.

« En effet, c'est la meilleure solution possible à notre problème. Je donnerais des instructions à mes hommes dans le même temps. Nous ferons les préparations nécessaires au voyage le lendemain à l'aube et discuterons de notre plan ce soir. Qu'en pensez-vous ? »

Était-ce fait exprès ? Le soupçon resta sur sa langue, comme un cheveu sur la soupe, cela ne l’empêcha de le faire sourire, avec courtoisie. Asuldan était tout à fait d’accord et il croisa les bras en hochant de la tête pour agréer avec le tout. Pourtant, il fronça par la suite les sourcils sur cet étrange témoignage.

« Votre fils aîné pourrait-il nous donner des détails sur l'apparence de cet homme ?
— Non, personne ne sait à quoi il ressemble, il portait une cagoule, nous n'avons...
Très bien. »


N’avait-il pas dit lui-même que le voleur avait résidé quelque temps avant de s’enfuir avec la chèvre ? Portait-il un couvre-chef pendant tout son séjour ? Si c’était ça, Asuldan y voyait nettement plus trouble, car, comment un homme masqué pouvait… Il exprima un soupir badin. Le peuple de Sitari avait choisi de laisser de côté leur doute et leur propre opinion pour faire confiance et donner un refuge à une personne anonyme. Il y avait une beauté et un réconfort dans cette pensée ; une pensée qui avait été trahie par l’avidité et la trahison. Le marchand resta de retrait pour réfléchir et prendre du recul sur toute la situation, cela ne l’empêcha d’écouter ce qui se tramait à deux pas de lui et il remarqua que le Capitaine ne plaisantait pas avec ses devoirs.

« Venez, nous allons discuter de tout cela autour d'un verre.
Merci de nous avoir permis d’en savoir un peu plus sur les événements. Comme vous nous l’avons promis, nous ne manquerons pas de retrouver votre Princesse, vivante et en parfaite santé. Excusez-moi, finit-il par dire en se retirant de l’endroit, devenu maintenant désert. »


Asuldan tourna les talons et poursuivit sereinement son camarade de quête. Il ouvrit la porte de la taverne, qui était juste en face de l’auberge, à même peine cinq mètres. C’était un village très bien agencé qui permettait de circuler facilement et librement entre les bâtiments, avec une logique envoûtante. Même bourré comme pas deux, il pourrait atteindre la porte de l’auberge avec une facilité déconcertante. Sa place lui était déjà réservée et il ne mit pas longtemps pour commander deux grosses chopes de bière à une serveuse docile et efficace, qui arriva rapidement à leur table. Elle portait un tablier autour de ses hanches et avait une longue tresse châtaigne qui parcourait le long de sa colonne vertébrale. Asuldan et elle se croisèrent du regard, c’était un regard long et intime.

« La forêt morte, hein ? avait-il marmonné. Tant mieux, plus c'est loin d'Areng, mieux je me porte... »

Areng ? Il ne devait pas le porter dans son coeur pour vouloir rester loin de lui. Asuldan se retourna et ses lèvres restèrent scellées pour ne pas mettre cette situation dans un moment d’inconfort, peut-être fallait-il faire comme s’il n’avait rien entendu ? Même s’il, il était vrai, mourait d’envie de connaître les raisons d’une telle pensée (mais vu ce qui pouvait se tramer dans les royaumes, il n’était pas surpris d’une telle envie).

« Je pense que des présentations sont de mise, j'aime bien savoir avec qui je travaille, appelez-moi Cadmus, juste Cadmus.
Capitaine Varunar, reprit-il d’un sourire honnête, le regard autrefois distrait revint sur son soldat de fortune. On parle de vous comme d’une légende pour effrayer les enfants, mais heureusement, vous avez l’air d’un homme prévenant, continua-t-il en lui empoignant la main. Asuldan, se présenta-t-il de son nom de Dexia. Mais en Tharros, on me nomme Arroth. »


Il ne la lâcha pas et la garda quelque instant dans son étreinte. C’était bel et bien une main de soldat, écorché à certains endroits, cornu à d’autres, elle était forgée par le sang et l’épée. La sienne pouvait paraître forte, quand il aimait le vouloir, mais ses amours lui disaient qu’elles étaient plutôt douces pour une personne ayant manié l’argent et le fer pendant des années. Il finit par la lâcher, avant que tout ceci ne devienne incommode.

« La forêt Morte est une contrée féroce et abrupte, annonçait-il de but en blanc. Il y a des problèmes qui abritent ces bois qu’on préférerait esquiver. En tout cas, si le voleur y est allé, c’est pour une bonne raison, qu’il soit sûr de pouvoir s’y cacher sans rameuter loups et ours sauvages, et ça, ce n’est que le cadet de nos soucis. »

Asuldan patienta un moment et engloutit une grande partie de sa bière dans son gosier. Il avait cette manière de boire sans laisser une goutte tombée sur son col, c’était envoûtant. Il regarda, du coin de l’oeil, comme il aimait bien le faire, Cadmus, puis reposa la chope à présent vide. La serveuse n’avait pas fait ni une ni deux qu’elle réapparut avec deux autres bien remplies.

 « C’est fort aimable à vous, my Lady. Pourrais-je connaître votre nom ?
— Cyna, je m’appelle Cyna. »


Le marchand allait pour dire quelque chose avant que le tavernier ne rappelle Cyna à la tâche. Elle l’observa de toute sa rougeur une dernière fois, avant de s’éclipser.

« Nous ne devrions pas nous éterniser, j’ai compris que vous revenez d’une longue marche ? »

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Cadmus
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[Mission] Chèvre à tout prix (V. Cadmus) EmptyDim 23 Fév - 12:49

[Mission] Chèvre à tout prix (V. Cadmus) Nkpd

why alcohol makes us feel good, then doesn’t ?

« Capitaine Varunar ?On parle de vous comme d’une légende pour effrayer les enfants, mais heureusement, vous avez l’air d’un homme prévenant. Asuldan. Mais en Tharros, on me nomme Arroth. »

Cadmus soupira. Oui, l'homme était allé en Tharros, il connaissait son nom de famille et sa réputation qui plus est. Sans vraiment pourquoi savoir pourquoi, il avait le cœur lourd, il aurait aimé être personne, juste pour deux jours. Enfin, quatre, si on comptait le retour. Il aurait aimé qu'on ne le nomme pas Varunar, que l'on ne parle pas de sa réputation. Ne pas être le chien borgne du roi mais un simple soldat un peu perdu. Être ce qu'il était vraiment. Juste pour ces quelques jours de marche.

Sur certes pensée triste, il ne pensa pas à lâcher la main du dénommé Asuldan (on était à Dexia, autant l'appeler ainsi). L'homme semblait examiner sa main, Cadmus ne savait pourquoi, cette main n'avait rien d'exceptionnel si ce n'est son ongle du pouce manquant. Ce dernier commençait à repousser, lentement. Il avait bien fallu traiter cette horreur et le médecin royal l'avait prévenu que l'ongle pouvait ne plus jamais repousser, à son grand soulagement, ce n'était pas le cas.

Lorsqu'Asuldan lâcha son étreinte, Cadmus regarda à son tout cette main « de soldat ». Il s'aperçut d'une chose qui jusqu'à là lui avait toujours sembler anodine. Du milieu de sa paume jusqu'à la base de son majeur, il y avait une longue balafre. Il connaissait l'origine de la plupart de ses cicatrices, sauf les plus petites, mais cette dernière. Sans savoir pourquoi, il la plongeait dans un malaise certain.

Du milieu de la paume jusqu'au majeur. La ligne du destin.

D'où sortait-il ça ? Il ne le savait pas trop. C'était juste là, dans son esprit. Il trembla un peu et sentit le besoin incompréhensible de reprendre la main d'Asuldan pour effacer ce désarroi par le contact réconfortant de la chaleur humaine.

« La forêt Morte est une contrée féroce et abrupte. Il y a des problèmes qui abritent ces bois qu’on préférerait esquiver. En tout cas, si le voleur y est allé, c’est pour une bonne raison, qu’il soit sûr de pouvoir s’y cacher sans rameuter loups et ours sauvages, et ça, ce n’est que le cadet de nos soucis. »

Cadmus hocha la tête sans rien dire, la vision toujours fixée sur cette balafre dont l'origine semblait tabou à sa mémoire. Cependant, il suivait tout de même les paroles de son compagnon de fortune. Une bonne raison ? Dans ce cas, oui, la faune locale était le cadet de leurs soucis. Il grimaça cependant à la mention d'ours. Il détestait ces créatures. Son dos en portait la trace.

Il n'avait pas touché à sa bière qu'Asuldan engloutissait déjà la sienne. Comme pour l'imiter, il porta la choppe à ses lèvres et avala quelques gorgées. Cette cicatrice hantait son esprit et il fouillait désespérément dans sa mémoire pour trouver d'où elle provenait. Il ne se confrontait qu'au vide. Il abandonna alors et engloutit le liquide alcoolisé d'une traite avant de frapper la choppe sur la table, le visage sombre. Il détestait l'alcool, c'était pour oublier qu'il en buvait. Et visiblement, ça ne marchait pas.

Une larme apparut au coin de son œil. Une larme qu'il se hâta d'essuyer. En relevant la tête, il remarqua qu'Asuldan s'adressait à la serveuse. Elle était belle c'est vrai, mais il la laissait de marbre. Il n'avait jamais trouver de femmes à son goût de toute façon. Ce n'était pas nouveau.

« C’est fort aimable à vous, my Lady. Pourrais-je connaître votre nom ? »

« Cyna, je m’appelle Cyna. »

Cadmus ne put s'empêcher d'esquisser un sourire. Cette situation, à son goût, était absurde mais. Était-ce l'alcool ? Il l'appréciait. La petite serveuse s'était enfuie le visage rosé. Le charisme de cet homme avait bien fonctionner. Vraiment. Il sentit une vague de bonne humeur l'envahir, l'alcool sans doute, mais la compagnie d'Asuldan avait quelque chose de plaisant. De drôle aussi.

« Nous ne devrions pas nous éterniser, j’ai compris que vous revenez d’une longue marche ? »

Cadmus hocha la tête.

« Il en va de même pour vous je pense. Mais d'abord, je voudrais régler quelques points, nous pourrons nous assoupir ensuite. »

Il fixa sa choppe en essuyant les bords de celle-ci d'un air mélancolique typique de son état d'ivresse. Il repensait à cette foutue cicatrice.

« Il y a le problème des provisions. Je suppose que nous pourrions nous en procurer auprès des habitants. Ensuite, les montures, j'en possède une, mais vous ? Et dernièrement... »

Il se leva, s'approcha d'Asuldan et se pencha vers lui.

« Je vous prierais de ne plus m'appeler Varunar. » Il n'y avait rien d'hostile dans sa voix, c'était une requête. Une requête rendue triste par l'alcool.


***

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[Mission] Chèvre à tout prix (V. Cadmus) EmptyMar 17 Mar - 17:53
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Chèvre à tout prix

Avec le dépressif Cadmus



intro ; Asuldan suivit son nouvel ami dans la seule et proche taverne de Sitari, afin de parler des plus amples détails sur la quête qui se profilait devant eux. Il y rencontra une atmosphère chaude et vivante, mais toujours méfiante vis-à-vis d’étrangers inattendus. Cette discussion a pu lui donner quelques indices et lui permet de mieux faire la connaissance du Capitaine, Cadmus. Puisqu’il allait falloir partager une longue route à deux, autant qu’ils apprennent à se connaître le plus tôt possible !

Asuldan avait peut-être commis quelque chose qu’il commettait rarement : l’invasion intime d’une personne. Il appréciait le corps de personne qu’il connaissait, en surface ou dans le fond ; il appréciait même aussi la mentalité de ses amants et amours. Pourtant, il avait toujours pris soin à avoir le consentement d’une personne avant de passer à l’action (et il préférait que ce consentement se relève aussi bien des paroles que des actions). Respectueux, il adressa un regard attentif sur cette main qu’il tenait auparavant, qu’il avait scruté consciencieusement. Ses yeux bleutés se glissèrent sur le long de l’armure de son camarade, jusqu’à ce qu’ils s’arrêtent dans le vide de son regard. L’espace d’un instant, il avait cru le perdre, il l’avait perdu : son sixième sens lui disait. Où était-il ? Où se trouvait-il dans ses pensées ? Il se questionna longuement, peut-être avait-il fait quelque chose qu’il ne fallait pas. Peut-être avait-il réveillé des choses ? Asuldan avait ce genre de pressentiment, il avait un puissant sixième sens, qu’il mettait parfois en pratique chez ses plus grands ennemis.
 
Mais contrairement à ce qu’il aurait pu faire, il décida de ne pas intervenir. Pas pour le moment. C’était aussi indiscret qu’insolent pour une personne qu’il aimerait connaître. Mine de rien, ce Capitaine, Cadmus, il l’appréciait depuis le premier regard. Il paraissait être le personnage bourru qu’on éviterait avec plaisir, et c’est souvent ce genre d’être qui cachait le plus de cicatrices. Se trompait-il ? Seul l’avenir lui confirmera. Asuldan était un homme, et il arrivait que même un homme tel que lui, infaillible et confiant, se faisait tromper par son propre jugement.
 
Il continua son petit récit sur la forêt Morte. C’était une région rarement visitée, tant elle regorgeait de dangers et de malheurs. Les aventuriers et les plus guerriers qui avaient la volonté d’explorer sa profondeur revenaient rarement vivants… ou entiers. Il avait même entendu que la folie les avait happé dans son étreinte et qu’elle ne les avait plus quitté. Des légendes ? Leur visite démentira ou non tous ces mythes… Cela ne changeait pas que Asuldan n’aimait pas l’idée d’aller vadrouiller dans ces bois où la mort murmurait à l’oreille des curieux et des fous. Mais sous la vision de ce vieil homme, de cet amour touchant, il ne pouvait revenir sur ses mots. Il ne le voulait pas.
 
Un souvenir lui revint soudainement, l’aventurier-marchand avait déjà eu une péripétie malheureuse avec une forêt inerte. Elle avait voulu l’arracher de sa maison, de sa propre vie. Ses pensées le menèrent dans le fond du verre vide, et encore plus loin, au fin fond de ses souvenirs d’enfance. Il était difficile pour lui de s’en rappeler, tant l’expérience l’avait laissé sous le choc. Mais ces jours passaient, perdus, il avait appris à dompter toutes formes de désespoir ou de peur. Toutefois, cette forte impression restait encore ancré en lui, comme une épée dans le coeur. Sa main s’était glissée instinctivement sur le haut de son bras. Ses doigts crispèrent le tissu avant qu’il ne retrouve ses esprits. La venue de la douce serveuse lui permit d’abandonner toutes les mauvaises sensations le troublant.
 
Il se tourna vers Cadmus, avec sa nouvelle chope remplie sur la table. C’était une bonne soirée, quoique très fatigante, au vu de la marche qu’il avait faite. Cela restait tout de même, pour lui, un moment convivial qu’il ne voulait pas déshonorer avec des pensées moroses. Il fit un mouvement de la tête pour lui permettre de parler, attentif à ce que son camarade de fortune allait lui dire.

« Il y a le problème des provisions. Je suppose que nous pourrions nous en procurer auprès des habitants. Ensuite, les montures, j'en possède une, mais vous ? Et dernièrement... »

Asuldan ne l’avait toujours pas coupé, et il profita de ce moment de silence pour rapidement réfléchir à ce qu’il venait de dire. Il était vrai qu’il y aurait des problèmes de provision. En réalité, il n’avait jamais eu grand mal à trouver de la nourriture, en l’achetant ou en chassant (car même s’il n’était pas un chasseur expérimenté, il était capable de trouver du gibier facile à traquer, et à se nourrir aisément dans les endroits où il n’y avait ni village ni ville). En tout cas, il prendrait cette occasion pour rationner son sac de vivre.

« Je vous prierais de ne plus m'appeler Varunar.
Parfaitement, acquiesçant premièrement Asuldan, il ne connaissait pas les raisons d’une telle demande, mais il l’accepta avec grand plaisir. Cadmus alors. Puisque nous y sommes, pourquoi ne pas se tutoyer par la même occasion. Je pense que nous nous entendrons mieux, et puis, s’arrêtait-il d’un sourire plus vigoureux, cela nous permettra de nous rapprocher un peu plus durant notre long voyage ? Si cela ne dérange pas ? »


Il avait proposé ça en toute élégance, rien de bien dramatique dans ce qu’il demandait ni de dur. Tout se porterait dans le choix de son camarade, s’il se sentait assez à l’aise pour le tutoyer ou s’il préférerait un vouvoiement, dans un premier temps.

« Je m’occuperai au petit matin des provisions, proposa directement Asuldan. Pour ce qui est de la monture, Amédia est… je suis à pied pour le moment, préféra dire Asuldan. »

Amédia était une très grande cerf au pelage doré et angora, d’une taille normale pour le marchand. Bien plus grande que sa race d’origine, elle mesurait plus de deux mètres de haut. Sa carrure surprenait les regards quand on la voyait passer. Lui et elle possédaient une relation très étroite et… complexe, ils avaient vécu de nombreuses péripéties ensembles. Elle pouvait se montrer sèche, sauvage et même caractérielle ; ce n’était pas sa monture pour rien, et il n’y avait que lui qui pouvait réellement la calmer, la comprendre. Elle avait le don de ressembler à un être humain, avec ses manières de s’exprimer. Pourquoi n’était-elle pas avec lui en ces moments ? Elle avait mise bas, le père était un majestueux cerf, avec son pelage qui rappelait les ténèbres. Asuldan n’avait eu d’autres choix que de la laisser à la capitale, là où elle pourrait s’occuper de ces nouveaux petits, sans qu’ils ne soient en danger.

« Est-ce qu’il y a autre chose ? Je pense que nous serons prêt pour demain avec déjà ces quelques préparatifs. Peut-être nous faudrait-il des torches, auquel cas… où nous nous retrouverons coincer dans la forêt, des pièges aussi seraient une bonne idée, pour couvrir nos arrières lors de notre départ, qui sait quel danger nous poursuivra. Et… des soins. »

Même s’il énumérait tout ce qu’il leur faudrait, Asuldan avait déjà en tête qu’il achèterait tout ça demain matin, comme ce qu’il avait dit. Il termina le fond de sa bière d’une traite et se releva de son siège de bois.

« Il est tard, demain est une grande journée. Je chercherai une monture pour ne pas nous ralentir, je pense qu’il est temps de se coucher, annonça Asuldan. »

D’un air amical, il s’approcha de Cadmus et posa une main ferme et rassurante.

« Ne bois pas trop, des fois... l’alcool n’est pas un remède mais un poison. »

Il avait prononcé ses mots avec sincérité, puis en retirant sa main et en lui lançant une gestuelle d’au revoir, il se mit en chemin vers la porte de la taverne. Il recroisa le regard de la jeune serveuse. Des choses mouvementées se préparaient pour cette soirée.

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[Mission] Chèvre à tout prix (V. Cadmus) EmptyMar 17 Mar - 19:37

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Drunkenness is nothing but voluntary madness.

« Cadmus alors. Puisque nous y sommes, pourquoi ne pas se tutoyer par la même occasion. Je pense que nous nous entendrons mieux, et puis cela nous permettra de nous rapprocher un peu plus durant notre long voyage ? Si cela ne dérange pas ? »

Le capitaine fronça les sourcils. Se rapprocher ? Pourquoi faire ? Ils allaient juste chercher une chèvre tout les deux et le hasard les avaient poussé à faire équipe. Devenir ami avec Asuldan n'était pas vraiment dans sa liste de priorités mais soit. Il hocha la tête, positif, d'accord pour le tutoiement, ce serait en effet plus simple pour le reste du voyage. Le marchand se proposait pour les préparatifs à l'aube, parfait, il pourrait de son coté donner ses dernières instructions à Kursen et donner un point de rendez-vous à ses hommes. Sans doute se rejoindraient-ils aux abords du lac Nero.

« Pour ce qui est de la monture, Amédia est… je suis à pied pour le moment. »

Amédia ? Était-ce là le nom de la monture d'Asuldan ? L'animal était sans doute blessé, dans tout les cas, l'homme était à pied. Embarrassant. Mais l'affection qu'il semblait porter à cette Amédia le fit sourire. Un homme qui voyageait seul devait en effet finir par s'attacher à sa monture, pour sa part, Cadmus n'avait jamais vraiment tissé de lien avec son cheval, il n'en avait pas vraiment d'attitré et son enfance lui avait apprit que s'attacher à un animal pouvait avoir des répercutions bien douloureuses.

Enfin, il l'enviait un peu tout de même.

« Est-ce qu’il y a autre chose ? Je pense que nous serons prêt pour demain avec déjà ces quelques préparatifs. Peut-être nous faudrait-il des torches, auquel cas… où nous nous retrouverons coincer dans la forêt, des pièges aussi seraient une bonne idée, pour couvrir nos arrières lors de notre départ, qui sait quel danger nous poursuivra. Et… des soins. »  

Asuldan était prévoyant en effet. Des soins, ils en auraient besoin. Quelque soit la situation arrivée à la forêt morte. Le Capitaine de la garde royale de Tharros était à lui seul un appât à assassins en tout genre, il savait se débrouiller en général. Quelque uns d'entre eux avaient posé problème mais jamais bien longtemps. Le seul réel soucis qu'il ai eut lors de ces combats avait été de recevoir une flèche entre les plaques de son armure, au niveau de l'omoplate. Il n'avait rien sentit, bien sur, si ce n'est qu'une faible démangeaison. Pour se retrouver chancelant et vomissant une heure plus tard car bien évidemment, la flèche était empoisonnée. Grimace. Ce souvenir ridicule le plongeait d'avantage dans la tristesse.

Cadmus regarda Asuldan se lever, silencieux. Il laissait toujours son doigt parcourir le bord de sa choppe, humide. Il fixait l'homme du regard, interrogateur.

« Il est tard, demain est une grande journée. Je chercherai une monture pour ne pas nous ralentir, je pense qu’il est temps de se coucher. »

Le blond ferma les yeux, essayant d'identifier les sensations qui parcouraient son corps. Un exercice qu'il se forçait à faire depuis qu'il avait promit à Etzios de mieux se porter. Facile à dire, difficile à faire. Après quelques secondes, il conclut qu'en effet, il avait besoin de sommeil, ses muscles étaient fatigués, sa tête lourde et ses yeux se fermaient tout seuls. Il sursauta lorsqu'Asuldan posa une main amicale sur son épaule.

« Ne bois pas trop, des fois... l’alcool n’est pas un remède mais un poison. »

Il esquissa un sourire en retour à cette phrase. Il ne le savait que trop bien. A une époque, il n'aurait jamais touché à cette boisson, il répugnait ceux qui en buvaient. Il considérait l'alcoolisme comme une tare et méprisait au plus haut point celui qui n'aurait ne serait-ce que porter ses lèvres à une choppe de bière. Son camarade mercenaire en avait fait les frais. Mais à présent, c'était la seule chose qui lui permettait d'éloigner les mains menaçantes qui venaient se serrer autour de son cou dans son sommeil. La seule boisson capable de discerner le passé du présent, de garder sa conscience intact et, à défaut de pouvoir l'empêcher de blesser son entourage, le mettre hors d'état de nuire. C'était mieux que rien.

Cadmus regarda le marchand partir, il regarda aussi la serveuse. Une certaine alchimie entre ces deux-là. Il ne put s'empêcher d'éclater de rire.

« Asuldan ! Ne t'épuise pas trop à la tâche cette nuit, nous devrons être en forme à l'aube et je ne tiens pas à devoir te sortir du lit en si bonne compagnie ! »

Le capitaine se releva en faisant un signe d'au revoir au marchand, se dirigeant directement vers le comptoir. Le tavernier lui lança un regard méfiant qu'il ignora tout bonnement.

« J'ai entendu dire que votre liqueur de fleur d'oranger était délicieuse, puis-je m'en procurer une bouteille ? »

Long silence. L'homme bourru grogna et partit chercher l'objet désiré en arrière-boutique, la bouteille était fine mais le contenu serait suffisant pour dormir en paix. L'oeil du blond s'attarda sur le liquide ambré avant que la voix rauque du tavernier ne le ramène brusquement à l'instant présent.

« C'est dix pièces d'or. » Sec, voir agressif. Cadmus soupira, chercha sa bourse et en tira une poignée de pièces, il devait y en avoir une vingtaine. Trop, en tout cas. Il n'avait pas envie de compter et s'était rendu compte que payer les gens d'avantage qu'ils ne demandaient évitaient pas mal d'emmerdes. Cependant, même si leur jeter la bourse au visage était drôle, il fallait s'abstenir. Il laissa les pièces rouler sur le comptoir et saisissant la bouteille, il partit sans plus de manière.  

Rapide instructions à ses hommes, la chambre du diplomate serait gardé par un groupe de cinq hommes qui se relaieraient au cours de la nuit tandis que sa propre chambre serait gardée par deux hommes. Suffisant à son goût. Une fois ces détails réglés, il s'enferma dans la pièce qui lui avait été loué. Soupir lourd. Il jeta un nouveau regard à sa main, balafre sur balafre. Ses doigts avaient encore des difficultés à se plier correctement mais les sensations revenaient peu à peu. Il n'avait pas physiquement mal mais dans son esprit, c'est comme si les deux plaies étaient béantes. Deux personnes lui hurlaient à l'oreille.

Jures devant Ilios que...

Il secoua la tête, déboucha la bouteille d'alcool d'un coup sec et porta le goulot à ses lèvres, aspirant une grande partie du liquide. Jurer devant Ilios. Tiens donc. Qu'est-ce qu'elle en avait à foutre, Ilios, de toute ces promesses ? Elle qui se contentait de regarder les gens souffrir en silence. Promettre quelque chose devant elle n'avait aucune importance.

Mais c'est important pour Etzios.

Il baissa le regard, soudain honteux. Sa main se resserra, cachant les deux cicatrices. Il laissa la bouteille d'alcool traîner sur la table de chevet de son lit avant de se défaire de son armure, calmement. Il réalisait avec étonnement qu'il tenait beaucoup mieux l'alcool que ce qu'il ne croyait. Il considéra cela comme un bon point. Son regard se perdit à nouveau dans le vide. Depuis qu'il avait croisé Athanasia, quelque chose s'était réveillé dans son esprit, quelque chose d'ancien qui le dévorait maintenant peu à peu. Comment se battre contre un ennemi invisible ?

Nouvelle gorgée d'alcool.

Cadmus verrouilla la porte de sa chambre. Une habitude qu'il prendrait sans doute. Il laissa glisser ce qui lui restait de vêtements au sol. Observant, silencieux, toute les cicatrices qui lui balafraient la peau. Il avait froid et pourtant cette nudité le réconfortait. Il reprit la bouteille et la finit d'une traite, le tournis de l'ivresse arrivait enfin. Saisissant sa cape au sol, il s'enroula dedans et se coucha sur son lit sans délicatesse. Ses yeux se fermèrent et il pria Ilios pour faire un sommeil sans rêve.

***

Le soleil n'était pas encore levé mais le ciel rougissait à vu d’œil. Comme il l'avait espéré, son sommeil s'était déroulé sans rêve, sans souvenir, vide. Mais son réveil n'avait pas été aussi simple. Profitant du fait qu'Asuldan était sans doute encore assoupi, il s'était rhabillé à la hâte et était parti déverser le contenu de son estomac derrière l'auberge. Sans regret. La gueule de bois restait meilleure que les cauchemars. La première chose qu'il fit ensuite fut de commander un thé bien chaud.

Chose étonnante à trouver dans une auberge, mais il semblait que le thé soit la boisson nationale de Dexia. Ce qui n'était pas pour déplaire à Cadmus qui raffolait de cette boisson. L'hydratation du corps apaisa quelque peu le mal de tête. Il soupira. Un coup d’œil dehors, le ciel s'était rapidement couvert et comme il fallait s'y attendre pour la Bénédiction de Munn, la pluie commençait à tomber. Une semaine à voyager sous la pluie et cela allait continuer.

Bordel...


Silencieux, il sirotait son thé sans se presser. Après tout, Asuldan avait dit qu'il s'occuperait de tout. Et Cadmus n'avait aucune obligation envers les villageois de Sitari. Cependant, il leur avait promis de ramener Princesse. Et les promesses étaient comme des chaînes pour Cadmus. Des chaînes qu'il ne pouvait rompre. La loyauté était son poison personnel. Soupirant, exaspéré par son mal de tête, il se retourna vers les escaliers, y voyant Asuldan, frais comme la rosée du matin, descendre dans toute sa splendeur en compagnie d'un des gardes censés garder Galbianassi. Rictus exaspéré.

« Sir Alderic Lutris, auriez-vous oublier vos obligations ? » Voix forte et autoritaire. La conversation que ce cher Alderic entretenait avec Asuldan devait être passionnante, certes, mais le garde avait des ordres à suivre. La détente serait pour plus tard.

« Capitaine, je... »

Cadmus le stoppa d'un geste de la main.

« Retournez à votre poste et je ferais comme si je n'avais rien vu. » Exaspération palpable. Laissant son sous-fifre s’éclipser à la hâte, il se retourna vers Asuldan. « Tu joues avec mes hommes maintenant ? » Ne lui laissant pas le temps de répondre, il enchaîna rapidement. « Tu sembles avoir passé une bonne nuit, fort bien, je ne veux pas te presser mais Tharros me manque un peu, pourrions nous commencer immédiatement les préparatifs ? »

En fait, Tharros ne lui manquait absolument pas, il voulait juste en finir au plus vite avec cette histoire de chèvre.


***

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[Mission] Chèvre à tout prix (V. Cadmus) EmptyJeu 19 Mar - 15:48
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Chèvre à tout prix

Avec le dépressif Cadmus



intro ; la discussion vient à son terme, pour Asuldan comme pour Cadmus. Comme promis, le marchand s’occupera dès les premières lueurs du jour des provisions et des fournitures requises pour le long voyage qui s’annonce. Il faudrait aussi qu’il trouve une monture, car il a laissé Amédia à la capitale. Au final, ils s’apprendraient à se connaître pendant les quatre jours qui les séparent de la fin d’une épuisante (et étrange) quête. Pourront-ils devenir de bon alliés ou amis ? C’est ce qu’Asuldan se demande.

Il allait pour partir, la main déjà sur la poignée d’une vieille porte usée (celle de l’entrée) ; jusque-là, il n’avait pas vraiment fait attention, la taverne était assez propre (pour une taverne) à l’intérieur, mais les coins des tables, du comptoir de l’hôte et du matériau boisé du lieu semblaient âgés. Preuve que personne n’avait tenté de faire rajeunir les parages. Sans doute pour l’atmosphère amicale de la ville, cela renforçait cet effet particulier, convivial et chaleureux. La taverne devait être vieille, des dizaines d’années peut-être, sûrement plus : mais le tavernier avait tenté de changer ou de réparer les chaises, même les étagères où logeaient les essences alcooliques. Il se demandait si l’échoppe ne donnait pas un air de monument, d’antiquité chérie par les générations qui avaient grandi ici. Il s’était ainsi arrêté sur ces longues pensées, on l'interpella par la suite. Cette voix venait tout simplement de ce cher Capitaine. Asuldan, toujours la main appuyée sur la poignée, prêt à l’ouvrir pour disparaître de l’autre côté, lui adressa un étrange faciès, mélangé entre l’admiration et la taquinerie.

Celui-là, pensait-il en son for intérieur, il a l’esprit rapide. Est-ce qu’il avait lui aussi une sorte d’organe instinctif qui régissait comme un pressentiment, qui lui dictait “des” possibles vérités ? Curieux, il laissa partir cette question, loin. Il était pratiquement sûr qu’il en avait un. Et puis, les regards qu’ils s’étaient lancés plusieurs fois dans la soirée n’allaient pas passer pas éternellement inaperçus. Il ouvrit, cette fois-ci pour de bon, la porte, quittant les lieux en arrachant un “salut” de la main à son camarade. Il rejoignit l’auberge à quelques mètres devant lui.

À l’intérieur de l’auberge, tout était agencé de manière à ce qu’on s’y sente immédiatement accueilli. Il y avait deux bouquets de fleurs modestes à droite et à gauche de la porte, qui reposaient sur des repose-plantes, lustrés dans un merveilleux bois foncé, du noyer. Plus que la taverne, c’était propre, et la personne qui régissait l’endroit avait porté une attention particulière à ce que tout soit lavé et nettoyé. C’était en quelque sorte étrange pour une auberge perdue au milieu de nulle part (si on pouvait dire ça). Les lieux dégageaient une odeur agréable de lavande et de rose, c’était à peine perceptible, mais Asuldan prenait le temps d’être en osmose avec l’endroit. Il s’approcha du comptoir en noyer, lui aussi, qui se fondait avec les couleurs foncés du parquet et des décorations.

« Bonsoir, commençait-il par dire, puis après un court instant, c’est un endroit qu’on a l’air de chérir, beaucoup.
— Vous êtes observateur, mon seigneur, se surprit-elle à dire avant d'argumenter. Le bâtiment m’appartient, mon père qui est décédé me l’a légué, il y tenait énormément...
Vous êtes très filiale, annonçait Asuldan en appréciant la valeur de ce trait de caractère. J’aimerai une chambre, avec un grand lit.
— Cinq pièces d’or pour une grande chambre, vous êtes seul ? demandait-il en relevant la tête de son carnet.
Oui, mais j’aurai de la compagnie, préférait-il à dire (Il agrippa la bourse de sa hanche et en tira cinq pièces d’or, laissant échapper un sourire affable en les déposant dans la main de l’aubergiste). Merci, fut-il reconnaissant en prenant la vieille clé qu’elle lui tendait. »

Asuldan disparut dans le long couloir et était monté au deuxième étage, après s’être fait indiquer sa chambre pour la soirée. Il y avait deux tableaux assez vieillots : le premier reflétait un art abstrait de traits qu’on avait apposé aléatoirement, en regardant de plus près, peut-être que tout ceci n’avait pas été mis de manière aussi aléatoire qu’un amateur d’art aurait pensé, le second était juste à côté de sa porte, c’était une peinture également, cette fois-ci rien d’abstrait, juste l’image d’une femme et d’une homme heureux ; l’homme était debout, posant ses mains sur les épaules d’une femme assise, ils regardaient droits devant eux, en soit, il y avait cet effet qu’ils observaient les personnes qui passaient. Cela devait sûrement être les parents de l’aubergiste, mais c’était étrange qu’il se retrouve là, au fin fond du couloir.

Sa main se glissa sur la porte qui s’ouvrit directement. Il n’avait pas eu besoin d’insérer la clé, elle était déjà ouverte. Il ne se fit pas de soucis, c’était commun de laisser une porte ouverte quand elle n’était pas utilisée (en tout cas, là où il avait pu loger). La grande pièce était digne de valoir les cinq pièces qu’il avait utilisé — Asuldan n’était pas radin, ni n’avait cette habitude de, comme certains marchands, surveiller ses pièces, mais il connaissait la valeur des choses. La chambre les méritait, même, la propriétaire aurait pu gonfler les prix au vu du confort proposé et servi. Mais dans un petit village comme Sitari, une auberge ne devait pas être très chère. Il prit ce temps de silence pour examiner les moindres recoins. C’était propre, il demeurait quelques poussières par-ci et là, mais Asuldan n’avait pas vu d’autres personnes travailler. Les draps sentaient extrêmement bons, que ça devenait enivrant. La décoration était bien agencées : il y avait une grande armoire d’un marron violacé, à un mètre de la porte, le grand lit deux places était un lit à baldaquin avec des rideaux semblable à un velour pourpre, en les touchant, ils étaient doux et soyeux, une table ronde pour déjeuner ou dîner prenait un peu de place près de la fenêtre et il y avait un paravent avec des motifs de fleurs toujours dans des couleurs sombres qui cachait une grande baignoire en bois. À sa surprise, la baignoire était déjà remplie, et la vapeur de l’eau lui disait que cela ne faisait que quelques minutes.

Asuldan comprenait maintenant, et il se mit à sourire sous cette lucidité soudaine : la porte déjà ouverte, l’agencement de la pièce, l’odeur neuve des draps et le bain chaud, tout ça avait été préparé à l’avance, pour lui, et sûrement aussi pour “elle”.

Ses vêtements tombés sur le sol, les uns après les autres, ne laissant plus qu’un corps découvert, dénudé, complètement nu. Sa jambe droite fut la première à être immergée par l’eau chaude, puis la gauche. C’était une sensation délictueuse, confortable. Il se glissa dans la baignoire de bois. De son corps entier, sa masse laissa échapper un tsunami hors de son lac, submergeant le sol froid des environs. Il ferma un instant les yeux, pour contempler les effets du chaud contre son corps tiède. La température de cette chair masculine grimpait. Petit à petit, ses muscles se relâchèrent sous ce changement climatique. Il était bien, relaxé, presque il flottait dans cette mer fiévreuse.

Les bains (chauds comme celui-ci), il les prenait avec un délice interdit. C’était pour toutes les fois où il avait dû abandonner le confort de telles gourmandises pour partir à l’aventure, où il avait dû se confronter au froid et au vent pour garder une hygiène impeccable. La propreté, c’était une valeur importante, qu’il n’avait jamais envisagé de mettre de côté un seul instant. Alors, après trente minutes, il était aussi propre sou neuf. Une longue tunique de chambre, qu’il venait d’apercevoir en sortant de la baignoire, avait été préparé spécialement pour lui. Il l’enfila, car il savait que ses vêtements n’allaient pas rester sur lui très longtemps. À cet instant, précis, quand il sortit de derrière le paravent, il aperçut la porte s’ouvrir. Il n’eut aucun mal à reconnaître qui venait de pénétrer dans la pièce : Cyna, la séduisante brune. Elle avait enfilé une robe qui épousait parfaitement ses formes, d’une teinte qui unissait sa peau de pêche.

« Tu es ravissante, Cyna, révéla Asuldan en s’approchant d’elle.
— Mer… merci… »

Il y avait de l’hésitation dans son regard. Elle cherchait quelque chose, et Asuldan ne mit pas beaucoup de temps pour comprendre.

« Asuldan, je me nomme Asuldan, Cyna. »
De son bras fort, de ses doigts fermes, il l’agrippa par la hanche. Elle lâcha un feulement surpris, avant de reconnaître la marque masculine qui découlait de ce corps séduisant, chaud. Les pas d’Asuldan guidèrent son chemin vers le mur, près de la porte où il la plaqua avec une douceur exquise. Il s’aida de son autre bras encore libre pour fermer la porte. Même s’il ne verrouillait pas, il y avait peu de chance qu’on les dérangerait. Il approcha ses lèvres des siennes, et à ce contact tiède, humide, il l’entendit respirer plus fort. Elle vibrait déjà. Elle n’avait sans doute jamais connu de telles sensations. Il prolongea ce mouvement continuel et varié entre leurs deux étreintes orales. Ses mains l’enlacèrent contre son corps déjà en feu, rapprochant sa peau presque dénudée contre sa robe couleur pêche.

De ses doigts habiles, il laissa glisser la robe de sa partenaire, et se découvrit de son peignoir. Les derniers vêtements qui recouvraient encore leurs peaux interdites terminèrent sur le sol. Pour Cyna et Asuldan, leur nuit continua sur le grand lit à l’odeur enivrante. Longue et rude fut cette soirée.



Les premières lueurs matinales venaient à peine d’apparaître. L’horizon rougeoyant sortit Asuldan de sa pénombre, il s’émerveillait encore de la nuit qu’il venait de passer. Une fine masse profondément endormie était couchée à sa  droite. Il toucha les longs cheveux détachés de ce corps dévêtu. La chevelure brune de Cyna était douce, mais pas aussi brillante et soignée que celle des nobles. C’était normal. Il s’échappa hors des draps. Il était temps de faire ce qu’il était convenu depuis hier soir. Il s'affairait de ses anciens vêtements et une fois mis dans ses bottes, tirant la porte d’entrée pour partir. Il jeta un dernier coup d’oeil sur sa bien-aimée, d’une nuit certes.

« Dors bien, Cyna. À bientôt, murmurait-il en disparaissant de l’autre côté. »
Les premières vies qui peuplaient le dehors étaient les quelques marchands de Sitari. Ils vivaient de trocs, comme beaucoup de villageois, ou alors, à l’occasion d’un étranger, prenaient des piécettes. Pour eux, c’était toujours l’occasion de renflouer leurs caisses vides. Il mit un certain temps avant de regrouper tout ce qu’il lui fallait, et s’équipa de sa besace vide. Il se retrouva à l’intérieur une multitude de vivres bien agencés (si bien qu’on pouvait la remplir et la refermer facilement) : de la viande séchée de boeuf et de porc se retrouvaient dans une chiffon propre qui les conservaient de leur péremption, il y avait aussi du pain sec, un petit sachet de légumineuse et une casserole sur laquelle ils pouvaient être cuit facilement ; son sac de provision comportait aussi une autre poche, plus petit, qui contenait une fiole de sel et une boîte de verre avec des fruits secs. Dans un autre sac se retrouvait tout le nécessaire, en soit des bandages à foison, précieusement enroulés, des onguents et quelques calmants fabriqués à base de plantes sauvages, de l’huile et des allumettes de fortune, construit avec un petit morceau de bois et du soufre. Avec tout ceci, ils n’auraient aucun problème à créer des torches ou à faire un feu de camp.

Il était organisé, et cela lui permit de gagner un temps précieux pour chercher une monture. Ce qu’il ne mit pas longtemps à faire. C’était un cheval basique, qui n’avait jamais réellement servi dans le cadre d’un long voyage, mais plus sur les chemins d’agriculture. En effet, en voyant Mazul (le nom que son propriétaire lui avait donné), il pouvait sentir toute la vigueur dans ses pattes musclés. Une belle bête, qui lui serait fortement utile. Asuldan posait les mains sur ses hanches et profita des dernières couleurs de rouge et d’orange qui s’éteignaient au loin : il avait pu tout préparer, et cela le rendit d’encore plus bonne humeur.

Mais les premières gouttes de la pluie l’obligèrent à prendre refuge à l’auberge. Il comptait bien retrouver Cyna, et peut-être passer ses derniers moments dans le village avec elle. C’est sans compter qu’il fit la rencontre d’Alderic Lutris, un des soldats de Cadmus, à son étage. Il s’arrêta à son palier, alors que le regard de ce jeune étourdi le tenait en joue.

« Je vous intrigue ? demandait Asuldan, la main sur la poignée, le sourire en coin. »
Sa soudaine question avait rendu le corps du jeune soldat aussi crispé qu’une branche. Et Asuldan ne put réfréner un long rire enthousiaste.

« Ne sois pas si tendu, mon jeune ami, finit-il par dire en abandonnant sa présente occupation. »
Il se tourna complètement, par la suite, vers lui. Deux pas plus près, avançant, Asuldan lui déploya une main amicale, sans intention. Le marchand avait tendance à être extraverti, il n’avait pas peur de s’approcher des gens, et, au contraire, c’était souvent lui qui s’approchait des inconnus. Pour cette raison qu’il était un très bon marchand, qu’il avait de bons clients, de bonnes relations.
 
« Asuldan, se présentait-il, sachant parfaitement pourquoi il restait poster à la porte (il gardait quelqu’un de très important).
— Al...Alderic Lutris ! s’exclamait-il, rendant son corps encore plus droit.
Tu vas finir par réveiller tout le monde, en criant comme ça, taquinait-il, puis après une coupure, il continua. Même si, ça ne me dérangerait pas. »

Heureusement, après quelques minutes, ce cher Alderic, encore jeune et pleine de vigueur, avait fini par se détendre. L’atmosphère paisible et décontracté que rejetait Asuldan aidait particulièrement. Il put même se décrocher de son poste quand un de ces camarades avait prit la relève. Le marchand avait proposé naturellement une boisson, et de continuer à parler sous un déjeuner — en attendant que le capitaine se montre. En allant vers le rez-de-chaussé pour atteindre les tables vers la droite de l’entrée, une voix perçante et familière atteignit Asuldan et son nouveau camarade. Ce dernier n’avait pas fait une ni deux qu’il tenta de s’exprimer, sans succès.

« Capitaine, je…
Retournez à votre poste et je ferais comme si je n'avais rien vu. »

Asuldan n’avait même pas eu le temps de dire quoi que ce soit que le jeune soldat s’était éclipsé à l’étage. Il posa une main quelque part sur sa hanche, observant Cadmus et ses réflexions, qu’il laissa en suspens.

« Cadmus, finit-il par dire d’un sourire, quel plaisir de voir un Capitaine matinal. Alderic venait juste de terminer sa surveillance, pourquoi lui faire peur comme ça ? demandait-il d’une manière totalement rhétorique. »
Par la suite, le grand marchand agrippa la chaise juste en face de celle de son allié de fortune. Il prit place et le regarda droit dans les yeux, avec une étrange lueur sérieuse qui contrastait avec son visage plaisant. Il posa ses coudes sur la table, croisa ses deux mains et il avisa gravement.

« Je ne joue avec personne, Cadmus. »
Il ne laissa pas cet air grave longtemps, et reprit son entrain habituel. Asuldan n’espérait pas qu’on le comprenne, en tout cas, qu’on tente de comprendre son amour pour les gens. Certes, cela ne convenait pas à tout le monde, certains d’entre eux attendaient plus. Et Asuldan n’avait jamais manqué à ses amours, il leur donnait tout ce don ils avaient besoin : et un amour entier. Toutefois, il ne se voyait pas comme un charmeur ni un joueur, et cela le dérangeait qu’on le pense. Mais le respect qu’il avait pour ses compagnies demeurait inébranlable, il ne pouvait laisser quelqu’un dire qu’il jouait avec eux.

« Et oui, nous avons passé une très bonne nuit, hochait-il de la tête en se souvenant de la belle soirée qu’il avait passé en la compagnie de Cyna. Mais cela ne nous a pas ralenti sur notre voyage. Tu te fais du mal pour rien, en te pressant comme ça, concéda Asuldan. Tu as envie de terminer tout ça, n’est-ce pas ? Alors allons-y ! s’exclamait-il avec un engouement visible. »

Halloween
Cadmus
Cadmus
140
01/02/2020

Feuille de personnage
Âge: 28 ans
Métier: Capitaine de la garde royale
Couleur: #3A447C
GARDE ROYAL
[Mission] Chèvre à tout prix (V. Cadmus) EmptyJeu 19 Mar - 17:53

[Mission] Chèvre à tout prix (V. Cadmus) Nkpd

i'm going to kill you and then kill you again

Le marchand avait gardé un air courtois mais quelque chose dans son regard indiquait à Cadmus qu'il avait dit quelque chose de...D'impoli ? Non, pire, d'insultant. Il se mordit les lèvres, sans vraiment savoir pourquoi, une culpabilité l'envahit. Il ne connaissait cet homme que depuis une soirée et se sentait déjà désolé de l'avoir froissé, cela n'avait aucun sens. Aussi n'avait-il rien écouté au discours d'Asuldan, les yeux rivés sur sa tasse de thé à moitié vide. Le marchand s'éloignait-il à peine qu'il le saisit par le poignet, un air profondément désolé sur le visage.

« Asuldan je...Pardon. Je ne te comprends pas très bien mais...Tu n'as pas l'air d'une mauvaise personne. Je n'aurais pas du insinuer ce genre de chose. »

Encore une fois, il ne se comprenait pas lui-même. Mais à y bien réfléchir, c'était vrai. Asuldan n'avait rien des nobles qui séduisaient et jetaient leurs conquêtes une fois l'affaire conclue. Il y avait quelque chose de respectueux chez lui, de tendre même. Le comparer à ces pourritures d'Andreios lui semblait soudain outrageant. Une mine chagrinée au visage, il murmura silencieusement, juste assez fort pour atteindre l’ouïe du marchand.

« Je suppose qu'il s'agit juste de jalousie à ton égard. Tout à l'air tellement plus simple pour toi... »

Grande respiration, son expression changea du tout au tout, plus neutre, plus solennelle. Il reprenait sa stature de garde.

« Allons-y, donc. »

Comme le marchand l'avait promis, les préparatifs avaient été effectuées. Le blond le remercia à plusieurs reprises, constatant l'efficacité de son coéquipier avec une satisfaction qu'il ne chercha aucunement à dissimuler. Contrairement à la nuit écoulée, il était plutôt de bonne humeur et le mal de tête s'était peu à peu dissipé. Pendant qu'Asuldan préparait sa monture, Cadmus alla chercher la sienne, après un rapide examen, il préféra retirer de l'attirail de l'animal toute trace d'appartenance à l'armée de Tharros, c'était mieux ainsi pour la sécurité de la bête. Bien des hommes se seraient fichus éperdument de tels détails, mais Cadmus se serait senti profondément désolé si sa monture venait à être blessée par sa faute. Il était un véritable gamin.

Kelpie était une jument au caractère assez doux. Il se l'était vu confiée pour ce voyage diplomatique (ou plutôt cette sinistre farce) et il ne pouvait s'empêcher de lui voué une certaine affection. Le blanc de sa robe lui rappelait la neige de ses terres natales et elle avait les cheveux argentés comme ceux de la grande prêtresse. Une bête magnifique, vraiment. Il lui caressa doucement le museau, souriant, posant son front contre celui de l'animal.

« Tout doux ma belle, juste quelque efforts et tu pourras enfin te reposer. »

Le voyage commença donc ainsi, ils quittaient tout deux Sitari, Asuldan chevauchant Mazul, un étalon vigoureux au pelage blanc parsemé de brun et Cadmus chevauchant Kelpie, grande, douce mais ne manquant ni de force ni de rapidité. La pluie s'était transformée en bruine, le chemin était boueux, ce qui ne facilitait pas le mouvement des chevaux. A l’abri du regard de ses hommes, Cadmus se permettait d'agir avec douceur. Il caressait doucement la tête de sa jument, l'encourageant avec un petit sourire. Finalement, ne pas être capitaine de la garde royale pour quelques jours n'était pas si mal. Et la compagnie d'Asuldan ne l'importunait aucunement.

Ils marchaient déjà depuis approximativement deux heures, arrivant aux abords du lac Safis lorsque Cadmus stoppa net tout mouvements, aux aguets. Il ferma l’œil, baissa la tête, se concentra. Il descendit de son cheval et remarqua que son compagnon faisait de même. Il lui jeta un étrange regard, était-il au courant ? Peu importait, la question se poserait plus tard. L'attaque venait de droite, Asuldan était justement à droite. Sans plus réfléchir ou laisser le temps au marchand d'agir, Cadmus le poussa (presque propulsa) sur le coté, chargeant l'ennemi nouvellement apparut. Le faisant basculer en arrière.

L'assassin se rattrapa malgré la force de la charge, en quelque pirouettes, il retomba sur ses deux jambes. Il était agile. Le blond ne put déterminer si il s'agissait d'un homme ou d'une femme, mais une chose était sure. Cet individu n'avait attendu que ça, qu'il soit seul, éloigné de ses hommes, pour l'attaquer tel un charognard. Un sourire étrange se dessina sur le visage du capitaine.

« Nous jouons à ce jeu, donc ? Tuer ou être tuer ? » Ricana-t-il.

L'assassin chargeait déjà à nouveau. Il visait la gorge. Prévisible. Cadmus laissa faire, se décalant quelque peu de sorte que la lame du poignard ripe contre l'acier de l'armure. Amateur. Le blond se sentait presque insulté qu'un commanditaire ait pensé à envoyé un tel incompétent pour le tuer.

« On dirait que tu n'es pas très doué à ce jeu-là... »

Sans laisser le temps à l'individu de réagir, il lui bloqua le poignet d'une poigne de fer et lui donna un violent coup de tête en plein visage, lui écrasant le nez au passage. Le temps que l'individu reprenne ses esprits, il avait dégainé son arme et s'était jeté sur lui, s’apprêtant à détacher la tête du corps. D'un rapide mouvement sur le coté, l'assassin n'y laissa que son bras. Cri étouffé. Il se vengea de cette perte en enfonçant son poignard dans l'articulation de l'armure du capitaine, la lame se fichant dans l'épaule, ripant presque l'os de la clavicule. Ce dernier lui rendit un sourire ironique, sans-doute l'assassin comptait-il sur la douleur pour désarçonner son assaillant. Aucune chance. Le combat s'arrêtait ici, rapide coup de lame, la tête de l'assassin roula au sol, le masque de cuir glissant le long des pommettes du visage de ce qui apparut être celui d'une femme.

C'était à prévoir malheureusement. Il y en aurait sans doute d'autres. Cadmus se retourna rapidement vers Asuldan, inquiet. Mais il s'aperçut que ce dernier s'était déjà remit sur ses jambes et l'observait sans rien dire. Une fois l'agitation passée, le capitaine s'aperçut qu'une grande partie de son corps était couvert du liquide visqueux et écarlate. Le sang s'était même infiltré sous l'armure. Il grimaça.

« Asuldan, je...J'aurais un service à te demander. Tu sembles savoir combattre, puis-je compter sur toi pour couvrir mes arrières pendant que je... » Il ne finit pas sa phrase, montrant simplement le sang qui lui maculait le visage. Et sans plus d’explication, il laissa le cadavre derrière lui, ayant abandonné l'idée de donner une sépulture descente à chacun des innombrables assassins qui avaient croisé son chemin. Rendu aux abords du lac Safis, il se défis de son armure et sans prêter attention au regard du marchand, se débarrassant également du reste de ses vêtements souillés de sang.

« Pardonne-moi mon manque de délicatesse, Asuldan. » Dit-il en s’immergeant dans l'eau froide du lac. « Tu aurais sans doute pu t'en sortir sans problème avec cet assassin, mais en tant que garde, j'ai le devoir de protéger mon prochain et... »

Il se retourna vers lui d'un air gêné.

« Je dois t'avouer que j'ai vraiment eu peur pour toi... »

Après une toilette sommaire, il sortit de l'eau glaciale et se rhabilla en vitesse avec les quelques vêtements de rechange qu'il avait apporté avec lui dans les sacoches qui pendaient le long des flancs de Kelpie. Il s’apprêtait à remettre son armure lorsqu'il jeta un coup d’œil à la plaie qui balafrait son épaule. Elle avait l'air plus profonde qu'il ne l'aurait cru.

« Et bien, que dirait-tu de faire une pause ? Je pense que je vais avoir besoin de soins et de bandages plus tôt que prévu... »


***

[Mission] Chèvre à tout prix (V. Cadmus) 5uoy
Arroth' Asuldan
Arroth' Asuldan
66
09/02/2020

Feuille de personnage
Âge: 29 ans
Métier: Marchand ambulant
Couleur: #2BABAD
MARCHAND
[Mission] Chèvre à tout prix (V. Cadmus) EmptyJeu 26 Mar - 21:23
[Mission] Chèvre à tout prix (V. Cadmus) Iqpn

Chèvre à tout prix

Avec le dépressif Cadmus



intro ; Tout est fin prêt pour commencer le voyage. Asuldan, dès les premières lueurs, a fait comme il était convenu, et préparé les provisions et les quelques autres préparatifs ne lui a pas pris un temps exponentiel. À vrai, organisé, il a même eu le temps d’emprunter une monture, contre une bourse assez remplie, et discuter avec l’un des gardes de Cadmus. Après l’agitation matinale, ils sont enfin prêts à partir de la petite Sitari.

Asuldan avait une curieuse rancune ; il n’en voulait pas aux personnes qui commettaient des erreurs involontaires contre lui (ou même les autres) ni à ceux qui parlaient sans vraiment comprendre. Ces choses absurdes, il les oubliait avec une facilité déconcertante. Par contre, son naturel à redistribuer coup pour coup et mot pour mot venait essentiellement envers ceux qui méprisaient les autres, qui se montraient orgueilleux sans se soucier de leur propre souillure, ceux qui ne voulaient que le mal. Il y avait cependant des cas particuliers, auquel il ne se souciait pas, ou très peu. Alors, quand il observait Cadmus, il ne voyait rien de tout ça. C’était juste un homme, un soldat, peut-être perdu. Il ne lui en voulait pas, et quand il se leva de son siège, il avait déjà oublié la mésentente.

La main de cet ami de fortune l’empoigna à quelque pas de sortir de la pièce. Ce geste l’ébranla en quelque sorte, le marchand ne s’y attendait pas ; une telle réaction était tout simplement surprenante.

« Asuldan je… Pardon. Je ne te comprends pas très bien mais...Tu n'as pas l'air d'une mauvaise personne. Je n'aurais pas du insinuer ce genre de chose. »
 
Les mots sans doute maladroits, Asuldan laissa suspendre sur ses lèvres une marque de sympathie, un sourire radieux et compréhensif. Tout en étant agrippé par le poignet - cela ne le dérangeait pas du tout - il le laissa s’exprimer, ce qu’il voulait lui dire.

« Je suppose qu'il s'agit juste de jalousie à ton égard. Tout à l'air tellement plus simple pour toi... »
 
À la fin de sa dernière parole murmurée, à peine imperceptible, Asuldan observait une sorte de honte, de culpabilité, comprenait-il de qui se passait dans sa tête à cet instant ? Il ne pouvait être trop sûr, et malgré son aptitude à lire les gens, ou du moins, à trouver en eux une faille, il n’était pas certain de ce qu’il voyait. Toutefois, il aimait penser que ses mots l’avaient dépassé, qu’il n’avait pas réalisé à quel point c’était… tranchant.

« Cadmus. »
 
Sa voix avait étrangement résonné comme un écho dans une grotte humide. Elle s’était faite à la fois puissante et grave, tout en gardant ce trait commun chez Asuldan : sa chaleur. C’était une voix pénétrante, mais réconfortante. On lui avait souvent dit qu’il avait l’élocution d’un conteur. Il le savait, n’en avait jamais douté. Pour cette raison qu’il avait cette facilité à donner du confort aux autres. Il posa ensuite une main sur l’épaule de son compagnon.
 
« Ne t’inquiète pas, continua-t-il, je sais parfaitement à quel point ça peut être déroutant, de voir une personne qui alimente sa vie comme la mienne. La différence ne doit pas laisser la place au jugement, c’est destructeur, aussi bien pour les autres que pour soi-même. Mon ami, reprit-il après un temps de silence, tu es pardonné depuis le début, je ne t’en veux pas. »

Il s’éloigna à nouveau, lança un regard vers Cadmus pour reprendre, d’une voix plus légère.

« Rien ne semble simple, je te l’assure. Rien ne l’est. Et cette simplicité apparente ne fait pas de moi un homme plus libre qu’un autre. »

Il ne comptait pas partir dans des détails plus sombres. Asuldan avait peut-être un tempérament décontracté, en général, il était malgré tout entravé par les mêmes problèmes que tous les hommes sur la terre. Et chacun combat ses propres obstacles, pour Asuldan… ils étaient là, continuellement à tourbillonner dans sa tête. Mais sa nature l’empêchait de s’abattre, de s’encrasser dans la négativité, dans la souillure. Est-ce pour cette raison qu’il semblait que tout était simple ? Non, rien n’était simple.

Cette dernière pensée les fit quitter tous les deux l’auberge. La pluie battait doucement la boue. Une journée qui se ferait sous les gouttelettes de la bénédiction de Munn. Munn représentait le sommeil. Et sous les déluges de cycle rendait la population léthargique : c’était un effet à la fois apaisant et qui laissait le corps et l’esprit engourdis.
 
Asuldan sella enfin Mazul. Ce dernier était une monture dans la moyenne, il atteignait presque les dix-sept mains (mesure traditionnelle pour calculer la taille des cheveux), soit environ un mètre soixante-dix. Il était amusant de voir la différence de taille entre le marchand et la bête. Il la dépassait facilement d’une vingtaine de centimètres, ce qui rendait le ridicule encore plus grand. Sa seule pensée quand il regardait Mazul, c’était qu’il ne le fatigue pas pendant le voyage, ou qu’il ne l’écrase pas sous son poids (ce qui, il le savait très bien, n’aurait pas été le cas - parce que ce cheval de ferme portait déjà des charges très lourdes pour labourer les champs).

De l’autre côté, le grand aventurier observait son équipier. Il acquiesça intérieurement que c’était une très bonne idée d’enlever toutes distinctions au royaume de Tharros, pour eux, pour les bêtes et pour éviter tout simplement les ennuis inutiles. Il aimait la manière dont Cadmus s’occupait de sa jument. Qui plus est, elle semblait avoir un bon caractère, facile et délicate.



Le chemin qui les mènerait à la forêt Morte avait pris une tournure morne. L’épais brouillard humide s’était installé, omniprésent, les entourait. C’était devenue une périphérie dangereuse. Malgré tout, ce n’était pas insupportable, mais la visibilité à plusieurs mètres devenait de plus en plus difficile. Asuldan espéra que la pluie et ses effets sur les environs s’atténuent au fil du trajet. En voyant que la terre s’était transformée en une tourbe, le marchand entreprit de faire une longue marche tranquille, en attendant que leur situation s’améliore. Mazul pataugeait dans la bouillasse de terre et d’herbe, et même ses puissantes pattes le ralentissaient de beaucoup.

Leur première halte s’arrêta plus rapidement que prévu. Ils étaient arrivés près du lac Safis quand Cadmus s’arrêta aussi sec. Le Dexien lui jeta un regard curieux et s’immobilisa à son tour, à côté de lui. Au contraire de ce que l’on pouvait penser d’Asuldan, de toutes les connaissances et les pratiques qu’il avait accumulé au fil des années, il n’était pas un guerrier, ni un soldat, encore moins un mercenaire. Aventurier, certes, il n’avait toutefois pas l’expérience instinctif des combattants. Il pouvait revêtir les talents de chasseur, repérer les bruissements d’animaux qui s’y cachaient ou de bêtes dangereuses prêtent à bondir, mais il était pratiquement incapable (sauf face à un très mauvais spadassin) d’intercepter les personnes entraînées qui tentaient de se cacher. Alors, en interceptant les actions de son camarade, il observa les alentours.

Asuldan se souvenait des environs colorés du lac, de ses belles verdures à la saison du Bourdon, pendant le cycle de Deliah, ou de sa douce chaleur exotique lors d’Hara. Les sons lui revenaient aussi en tête, des bruits des criquets aux sifflements des oiseaux. Un magnifique tableau qui découlait de tous ces détails. En ce début de matinée, le marchand ne voyait qu’une brume épaisse cacher la moitié du lac et des couleurs sombres et glauques. Le cycle n’était pas favorable à la beauté, mais cela restait une vision magnifique qu’offrait la nature. Il n’y trouva rien d’anormal, ni même dans les buissons sur son côté.

Il finit par mettre le pied à terre, pratiquement en même temps que Cadmus, qui était toujours sur ses gardes. En réalité, le marchand avait toujours eu d’extrêmes réflexes, qui lui avaient même sauvés la vie, mais qu’en était-il de ses réflexes face à une créature entraînée, rapide et furtive ? C’était tout autre, peut-être aurait-il pu éviter de peu l’attaque à son encontre ou se blesser en essayant, minimisant les dégâts ? Il n’en savait rien, car il n’avait pas eu le temps de réfléchir ou de réagir. Le Capitaine se propulsa vers lui, et il comprit aussitôt qu’on les attaqua it. Son acte lui sauva sûrement d’une blessure, ou même de la mort. Sa grande carcasse (il tenta de se reprendre, échouant) sombra dans la boue, les bottes avaient simplement glissé d’elles-mêmes. Ses yeux vives ne ratèrent toutefois pas une seule seconde de ce qui était en train de se passer.

L’ennemi avait tous les airs d’un assassin, très discret. Il avait reculé au moment de sa première attaque, sûrement destabilisé par l’action de Cadmus, et ce dernier n’avait pas attendu ni une ni deux pour le condamner dans sa charge. Non, malgré la mélasse de terre et d’eau, il avait réussi à retourner sur des jambes dans un jeu de voltige. L’agilité de cette étrange meurtrier était surprenante, et c’était une chose qu’Asuldan aurait pu reconnaître sans effort et applaudir.
 
« Nous jouons à ce jeu, donc ? Tuer ou être tuer ? »

Le grande masse d’Asuldan se releva de son étang de boue. Il était d’un calme exorbitant. En soi, c’était légitime, avec toutes les histoires qu’il avait entendu de ce cher Capitaine Cadmus, il n’était pas inquiet à l’issue du combat. Mais il n’aurait jamais imaginé que la fin serait si… atroce. Asuldan avait déjà, en de rares occasions, mis fin à la vie de personnes. Il n’y en avait eu que très peu et il les comptait même sur le bout d’une main. Dans la plupart des autres cas, ses combats se terminaient par sa réussite à maîtriser l’ennemi ou à le raisonner (et c’était très difficile). Il avait conscience que les soldats les plus anciens avaient une expérience plus poussée sur le meurtre, que même ça devenait une seconde nature ou quelque chose de normal, légitime à leurs yeux. En tout cas, c’était une chose qu’il n’aimait pas. Il n’aimait souiller son âme avec la suppression d’un autre. Devait-il remettre un meurtre à un quelqu’un d’autre ? Non, il pouvait vivre avec son pire ennemi sans aucun problème, car sa rancune pouvait pratiquement compenser le meurtre. Et que pensait-il des mises à mort fait par les gouvernements ? Ça aussi, c’était un autre débat…
 
Cadmus avait montré une aisance à combattre, surtout face à un assassin agile. Il l’avait dominé tout au long, ou presque. Tandis qu’Asuldan resta en tant que spectateur, comme l’arbitre d’un duel à mort ( il sentait plus le témoin d’un affreux combat), il observa l’échange de coups.
 
Du début à la fin, le combat n’avait duré que quelques courts instants. Pour le marchand, ces courts instants avaient paru de longues minutes de souffrance. Il ne savait pas si l’assassin comprenait qu’il allait mourir sous cet affrontement, alors que son bras manquant laissait perler un flux important de sang. Le soldat de Tharros continua à combattre, malgré cet ascendant sur son adversaire. Il comprenait à quel point leurs visions étaient différentes, entre un membre de Tharros et un neutre du monde. Parce que si Asuldan était né en Dexia, il se sentait comme une âme neutre, sans appartenance à un royaume. Il appartenait à l'espèce humaine, c’était tout ce qu’il l’importait.
 
La contre-attaque du furtif criminel s’était faite rapide et précis. Mais l’indifférence présente de Cadmus fut sa condamnation. La force utilisée pour décrocher sa tête de son corps avait été sûrement immense. Laissé à la fois perplexe et placide, Asuldan se disait que le choix revenait souvent à eux-mêmes. Il comprenait l’échange qui avait eu lieu, du moins, en apparence, il n’y en aurait qu’un qui s’en sortirait vivant… Souvent le plus performant, d’autres fois le plus chanceux. Le marchand échangea un long regard silencieux avec son camarade. Il n’eut rien de très mélancolique dans son regard, ni aucune perdition. Il comprenait. Même s’il ne partageait pas cette vision.
 
Sous les paroles de son compagnon, Asuldan lui annonça qu’il prendrait soin à ce qu’il n’arrive rien, pendant qu’il se nettoyait. D’un autre côté, cela lui laissa le temps d’utiliser son environnement pour creuser et créer une tombe décente pour la morte. Il laissa un moment de silence entre sa création terminée et l’enterrement fait, et se releva. Son retour vers le soldat fut une petite marche calme. Il avait retrouvé ce faciès confortable et décontracté.

« Rassure-toi, ton geste était fortement apprécié. Je ne suis qu’un marchand ambulant, rien n’à voir avec des soldats entraînés. Mais je me débrouille assez pour m’en sortir dans la plupart des situations dangereuses, s’arrêtait-il, personne n’aurait savoir comment ça se serait terminé. J’aurais très bien me faire tuer, comme ça, plaisantait-il. Mais, j’apprécie réellement. »

Pour un homme qui venait juste de tuer une personne, et qui lui avouait de telles choses par la suite, cela pouvait rendre la discussion assez baroque. Cela n’empêchait pas que c’était une action normale : tuer une personne pour en sauver une autre, l’enjeu était encore plus claire quand cette personne visait à vous tuer en plus (et encore plus facile quand elle n’était que méchanceté et chaos). Asuldan lui-même avait dû éliminer quelqu’un dans ces cas similaires, trois pour être précis : la première fois avait été un homme qui l’avait pris en traître, Asuldan s’était défendu et avait privé un homme de sa vie ; la deuxième, un criminel avait enlevé deux petites filles à leur foyer, leur combat avait mené à sa mort quand il avait essayé de tuer l’une d’entre elles ; la troisième… son manque de réaction, son hésitation, l’avaient privé d’un amour de jeunesse. Que pouvait-il dire dans son cas ? Il ne voulait que personne ne meurt, encore moins qu’il soit responsable de la mort de quelqu’un.

Asuldan, les vêtements couverts de boue, imita son camarade. Il ne prit pas la peine d’enlever tous ses vêtements, il n’y avait qu’à passer un coup d’oeil pour effacer les traces les plus grotesques de mélasse de terre. Il rinça par la suite des mains, laissant couler l’eau froide sur ses paumes, ses doigts jusqu’à retourner dans le lac, en laissant une trace obscure s’oublier dans l’eau. Il se releva et se retourna vers Cadmus.

« Je ne dis pas non, et comme ça, je pourrais bander ton épaule, proposait-il en se dirigeant vers Mazul. »

Il y décrocha sa sacoche, prélevant une des nombreuses petites fioles de onguents qui s’y trouvait et un long bandage qu’il déroula entre ses doigts. Il chercha de l’oeil un endroit où le soldat pourrait s’asseoir, et trouva parmis la brume une souche sauvage dont l’arbre s’était arrachée.
 
« Assieds-toi là, ça devrait être assez confortable. En tout cas, assez confortable pour soigner cette blessure. »

Un aventurier qui ne connaissait pas les soins mineurs était un aventurier mort, Asuldan, dans sa jeunesse, l’avait appris à ses dépends. Pour cette raison, il avait observé les physiciens et autres mires soigner leurs patients. Puis, à force d’apprentissage, il avait commencé à pratiquer les mêmes  méthodes sur lui-même. C’était comme ça qu’il avait appris, des soins secondaires aux méthodes plus avancées. Et pour beaucoup d’autres choses, il avait entrepris les mêmes tactiques. Il aurait pu être un merveilleux sage, un bibliothécaire ou aurait pu entreprendre n’importe quel métier dans le savoir, semble-t-il que c’était sa force première ; mais Asuldan avait toujours partagé les mêmes désirs que ses parents.

Le marchand apprenti soigneur observait déjà l’épaule du blessé. Il déplaça de quelques centimètres le vêtement qui le gênait et d’un autre doigt, d’une grande légèreté, touchait la blessure.

« Hum, la coupure est profonde… Mais heureusement, aucun nerf n’a été touché. »

Il était confiant dans ses compétences, s’il n’était pas mort au bout de vingt ans, environ, c’est bien parce qu’il faisait en sorte que ça n’arrive pas et ses connaissances l’y aidaient. Sa main agrippa sa gourde d’eau à sa taille, il en déversa un peu sur l’épaule. Il essuya le reste avec un morceau de bandage qu’il avait arraché précédemment. Comme elle était profonde, il laissa les onguents sur le contour de la blessure (et non à l’intérieur, qui pourrait ralentir la guérison). Tout au long, Asuldan ne s’était pas inquiété de la douleur que pourrait créer chez son compagnon. Il poursuivit calmement et toujours avec la même douceur les soins. Il dût enlever le vêtement du haut de Cadmus pour enrouler le bandage autour de son épaule blessée, et ça serait terminé.

« Ce n’est pas pour me déplaire, lançait-il d’une expression taquine. »

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[Mission] Chèvre à tout prix (V. Cadmus) EmptySam 28 Mar - 18:44

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Is killing ever justified?

« Assieds-toi là, ça devrait être assez confortable. En tout cas, assez confortable pour soigner cette blessure. »

Le blond s’exécuta sans rien dire. Pour dire la vérité, cette souche d'arbre aurait put être le siège le plus inconfortable du monde qu'il s'en serait à peine soucié. Tout ce qui l'importait c'est qu'il devait être assis pour traiter sa blessure. Il allait demander à Asuldan de quoi soigner lui-même cette plaie quand il s'aperçut que le marchand avait décidé de s'en occuper lui-même. Une légère impression de déjà-vu...

« Hum, la coupure est profonde… Mais heureusement, aucun nerf n’a été touché. » Un bon diagnostique. Aucun nerf de touché, le regard de Cadmus se porta instinctivement à sa main balafrée.

« Cela aurait pu poser problème oui... » Se contenta-t-il de soupirer en laissant sa tête se pencher vers l'arrière, essayant d'oublier cet horrible épisode dans les ruelles d'Emporos. L'odeur du sang n'aidait pas. Etzios disait lui avoir pardonné, lui ne se pardonnait pas à lui-même. Plus ça allait, moins il savait ce qu'il était capable de faire aux autres. Et en y repensant, le combat avec cette assassin avait été d'une brutalité sans nom. Mais le pire...

...C'est qu'il avait réellement aimé ça.

« Ce n’est pas pour me déplaire » Lança Asuldan sur un ton malicieux. Cette voix suffit à le faire légèrement sursauter et revenir dans le présent.

« Hein, quoi... ? Tu me parlais ? Désolé, je...J'étais ailleurs. »
Il se frotta les yeux avant de tourner le regard vers là où la dépouille de la tueuse aurait du se trouver. Il n'y vit qu'un tas de terre fraîchement retourné. Le marchand l'avait enterré. Silence.

« Merci. » Se contenta de lancer Cadmus en se levant et en époussetant de son pantalon tout les copeaux de bois que la souche avait laissés sur lui. Il s'avança vers la tombe de fortune et observa cette amas de terre boueuse, silencieux. Ailleurs.

Il se souvenait clairement maintenant, d'un des malheurs de son enfance. Enyo, une petite esclave qui l'avait prit en pitié. Malgré sa jambe en moins, elle claudiquait constamment de droite à gauche pour lui venir en aide. Lui apporter un peu de nourriture quand il souffrait à cause de la faim, appeler la doctoresse Hegetoria quand il gisait à même le sol, délaissé par son père. Le libérer discrètement des diverses prison qui lui était personnellement réservées.

La dernière mésaventure fut celle qui coûta la vie à la petite fille. Un élan de bonté de trop. Valar l'avait prise sur le fait. La suite, Cadmus ne préférait pas s'en souvenir. Mais ce qu'il ne pouvait pas effacer de sa mémoire, c'était lui, d'à peine neuf ans, traînant le cadavre de sa pauvre compagne d'infortune, creusant la terre avec les mains, priant Ilios en pleurant. Oui, il s'en souvenait clairement maintenant, comme si c'était hier. Comment avait-il pu oublier ?

Nouveau retour dans le présent. Cela devait faire un petit instant qu'il regardait ses mains sans rien dire comme un idiot. Lourd soupir, il joignit donc ses mains vagabondes et pria rapidement Ilios. Ne sachant vraiment pourquoi. Cela le réconforta quelque peu. Il revint vers Kelpie et fouilla dans sa sacoche pour en sortir une pomme rouge qu'il croqua rapidement pour ne laisser derrière lui qu'un mince trognon. Il se revêtit rapidement de son armure et prit place sur le dos de la jument.

« Je pense que nous devrions repartir à présent. » Cela ne sonnait pas comme une simple réflexion ou une demande, non. C'était presque un ordre. Mais pas un ordre d'une grande solidité. Asuldan n'aurait émit ne serait-ce qu'une seule objection qu'il aurait abandonné sa résolution. Fort heureusement, cette objection ne vint pas et ils repartirent tranquillement, laissant cette sanglante mésaventure derrière eux.

***

Le reste du voyage s'était déroulé sans trop de problèmes, la pluie s'était arrêtée avec la venue du soir. Ils avaient fait une journée entière de route à présent. Une journée entrecoupée de quelque pauses. Le capitaine parlait peu, le regard perdu vers un passé flou et plein d'amertume. Il essayait de se convaincre qu'il n'avait pas eut d'autre choix que de tuer cette femme, qu'elle voulait sa mort, que la vie était ainsi...Qu'il n'avait pas juste agit de la sorte par soif de sang. Qu'il n'était pas comme son père.

En vain.

C'est donc l'esprit ailleurs qu'il aida Asuldan a installer le campement pour la nuit. Puis quand ce dernier vint s'occuper du feu de camps puis de la nourriture, le blond préféra se diriger vers Kelpie, lui caressant doucement le museau.

« Tout ira bien, oui, tout ira bien... »

Il ne savait pas à qui il parlait exactement. Il se disait juste que si il répétait sans cesse cette phrase, elle finirait par être vraie.

***

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Chèvre à tout prix

Avec le dépressif Cadmus



intro ; Asuldan et Cadmus, maintenant en route pour la forêt Morte, ne peuvent continuer pendant très longtemps leur voyage. Ils sont soudainement attaqués, pris presque par surprise, si le Capitaine de Tharros n’avait pas eu un instinct à l’affût, par un assassin. Dans le but de mettre fin à la vie de Cadmus, il y perdit la vie. Cette mésaventure ne reste qu’un malheureux souvenir, puisqu’ils reprirent rapidement la route.

À ce moment-là, le Capitaine paraissait si… perdu. Si lointain. Asuldan prodiguait, dans une observation discrète de son camarade, les derniers soins, qui consistaient à mettre bien en place le bandage de cette épaule amicale. Il l’observa un moment, alors que ce dernier transparaissait sur son visage : le rappel du passé. Il n’osa pas intervenir dans un premier moment, lui laissant le temps d’émerger à nouveau dans le présent. Les affreux souvenirs que les gens gardaient en eux étaient souvent difficiles à supporter, et impossible à supprimer ; à la moindre occasion, ils revenaient hanter la mémoire du présent, tâchant un possible futur. De tels rappels créent anxiété, stress, nuisance nocturne et un profond désespoir. C’était une tempête  malfaisante et sadique, qui faisait regretter et laisser l’esprit se déchirer sous les conséquences des choix déjà faits.

Tu ne sembles pas dans ton assiette, mon ami, voulut-il lui dire. Il ouvrit la bouche, et ses lèvres se murèrent à nouveau dans le silence.

« Merci. »
Ce simple remerciement, survenu de nulle part. Asuldan ne savait pas s’il le remerciait pour l’attention donnée face à sa blessure ou pour l’humanité démontrée face à cette étrangère-assassine. Ses yeux observèrent un moment la tombe de fortune, où reposait maintenant en paix le corps de l’ennemi. Peut-être que le Capitaine avait oublié comment enterrer une personne ? La réponse se révéla d’elle-même, la grande carcasse massive du soldat était allé à la rencontre de cette tertre boueuse.

Le Marchand le regarda un long moment. Asuldan ne le connaissait pas, ou alors, seulement depuis une journée, et même s’il ne savait pas les tourments qui l’entouraient, il était en mesure de dire que ce n’était pas des choses joyeuses. Il avait pu observer la mine morne de ce Captaine, la force démontrée face à ses soldats, ce caractère troublé, la violence et la démonstration d’afflictions et de gênes. Cadmus rejetait une noirceur, une familière noirceur qu’il avait déjà remarqué à des hommes dont on avait enlevé toute possibilité, qu’on avait détruit, détruit avec leurs rêves, leurs espoirs. Qu’avait-il bien pu vivre pour qu’il soit ainsi ?

D’une voix douce est paisible, le marchand formula un simple “de rien”. Il ne dit rien d’autre et suivit son compagnon jusqu’à leurs montures respectives.

« Je suis du même avis, annonçait-il, en pressant les flancs de sa monture. »
Sur cette formalité, ils quittèrent les environs.



« Parfois, il est difficile de continuer d’avancer, finit-il par dire en brisant le silence. Malgré nos choix, les conséquences de nos choix, on a toujours la possibilité de changer ce qui se passera, on porte nos idées, nos espoirs, nos rêves. Cette femme est morte en sachant qu’à chaque combat, elle pourrait perdre la vie. Ce n’était pas son but, mais elle en était consciente. Peu importe ce qui s’est passé, ce n’est pas de ta faute si les conséquences l’ont mené à la mort. »
À ses derniers mots, le silence était revenu. Non, Cadmus n’avait pas à prendre la responsabilité ou les conséquences d’une autre personne. Peut-être avait-il eu le choix de la laisser en vie, mais cela aurait-il mis fin à toutes les tentatives ? Asuldan savait ô combien il était difficile parfois de faire autrement. Pour lui, tout semblait si facile (même s’il pataugeait parfois dans des difficultés burlesques, alors que la mort aurait résolu plus d’un problème), car il avait simplement à utiliser d’autres moyens, plus longs, plus langoureux, plus difficiles. Pour les autres, qui n’avaient pas d’autres alternatives, à cause de leur histoire, de leur métier, et des choix qui s’offraient à eux, c’était une affaire plus difficile. Cadmus était l’exemple : Capitaine de Tharros, soldat, militaire, il n’était peut-être pas aimé de beaucoup, et laisser un ennemi en vie reviendrait à signer sa mort.

Leur chemin s’arrêta rapidement. Ils n’étaient plus très loin de la forêt Morte, à encore deux heures de là. La nuit pesante les avait arrêté en cours de route ; elle avait seulement empêché l’inévitable, car aux heures glorieuses, ils reprendraient la route. Pour le moment, il fallait monter le camp. Heureusement, la bruine s’était éclaircie en une grotesque pluie, qui avait fini elle-même par s’arrêter. Cela leur permettrait d’être secs, au moins pour quelques heures. Asuldan s’occupa de plusieurs préparatifs. À la fin, le marchand s’était retrouvé devant le feu crépitant, à observer au loin le soldat.
 
« Tu devrais venir te réchauffer près du feu. Une plaie mouillée ne guérit pas bien, et puis, tu risques d’attraper froid et de t’affaiblir pendant le voyage. »
D’un conseil amical, il s’allongea sur une grande couverture en laine, qu’il avait sorti de la grande besace au flanc de Mazul. C’était de la peau d’animal, de mouton. La fourrure était douce et chaude, cela lui donnait presque instantanément envie de dormir. Il gardait toujours ses yeux rivés sur Cadmus, les lueurs du feu luisaient dans son regard scrutateur, posé.

« Nous ne sommes plus très loin de la forêt Morte… se coupait-il avant de reprendre. Je sais que c’est une demande absurde, surtout en ce moment, et je n’abuserai pas de ta patience ni de ton amabilité, tu n’as qu’à refuser. Je comprendrais. Mais, pourrait-on faire une halte à notre retour… J’aimerai retourner quelque part, demanda-t-il nostalgiquement. »
Sous cette requête, Asuldan avait retrouvé un peu de confort. Il avait posé sa tête contre son bras et le sommeil s’était fait ressentir, plus fort, plus profond ; jusqu’à ce qu’il s'endorme…

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[Mission] Chèvre à tout prix (V. Cadmus) EmptyMer 22 Avr - 19:07

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If i die, what will they do?

« Parfois, il est difficile de continuer d’avancer »

Interruption de ses pensées macabres. Cadmus se retourne vers Asuldan, l’œil vide, comme cherchant une lumière quelconque dans une obscurité totale. Il a beau chercher la douce lueur de la lune, elle n'est nulle-part.

« Cette femme est morte en sachant qu’à chaque combat, elle pourrait perdre la vie. Ce n’était pas son but, mais elle en était consciente. Peu importe ce qui s’est passé, ce n’est pas de ta faute si les conséquences l’ont mené à la mort. »

Sa bouche s'ouvre un instant, juste un instant.

Oui, juste un instant il a envie de dire : Moi aussi je savais que je pouvais mourir, et je le peux encore. Et pourtant je continue d'agir, de me battre. Je devrait préserver ma vie mais la seule chose que je suis capable de faire c'est de me mettre en danger. Pour me sentir vivant. Si je meurt maintenant ce n'est pas une mais deux promesses que je vais briser. Si je laisse Etzios et Athanasia tous seuls, qu'est-ce qu'il leur arrivera ?

Répond-moi, Asuldan ! Qu'est-ce qu'il leur arrivera bon sang !

Mais il reste muet, il écoute son discours, hoche tristement la tête. Continue de caresser le museau de Keplie avant d'émettre un soupire lourd de fatigue autant physique que morale. Puis ils s'étaient retrouvés là, lui, caressant doucement Kelpie en se disant que tout irait bien, à l'ombre du feu de camp, laissant à Asuldan la lumière chaleureuse qu'il estimait maintenant ne plus mériter pour une raison étrange et peut-être un peu enfantine. Les souvenirs d'Enyo peinaient à se dissiper, il se demandait un instant si elle aurait aimé voir l'homme qu'il était devenu. Si elle n'aurait pas regretté d'avoir échanger sa vie contre la sienne.

« Tu devrais venir te réchauffer près du feu. Une plaie mouillée ne guérit pas bien, et puis, tu risques d’attraper froid et de t’affaiblir pendant le voyage. »

Sur ces paroles amicales et douces, le capitaine hocha la tête, caressant une dernière fois la jument, il entra dans le halo de lumière formé par le feu de camp. Asuldan avait entreprit de s'endormir. Ils ne pouvaient être deux assoupis, ce n'était pas un problème. Il vit qu'à son attention, une petite gamelle de nourriture avait été posée prêt du feu de camp, sans savoir trop pourquoi, il se précipita dessus comme un fauve affamé. Une fois son repas terminé, il n'aurait su dire si la nourriture avait été bonne ou mauvaise. Il échangea un regard vide avec Asuldan.

« Nous ne sommes plus très loin de la forêt Morte… » Le blond hocha la tête comme simple réponse. « Je sais que c’est une demande absurde, surtout en ce moment, et je n’abuserai pas de ta patience ni de ton amabilité, tu n’as qu’à refuser. Je comprendrais. Mais, pourrait-on faire une halte à notre retour… J’aimerai retourner quelque part. » La nostalgie se sentait dans sa voix, une nostalgie douloureuse qui fit échapper d'entre les lèvres du capitaine un rire tout aussi douloureux.

« C'est amusant, hein, moi je fuis mon passé et toi tu veux le retrouver. Ilios doit bien se moquer de nous... »

Il alla se poser contre un arbre, attrapant au passage l'une des couvertures pour s'y emmitoufler également, elles étaient chaudes, confortables, même avec une armure. Cadmus ne pouvait cette fois se décider à la retirer. Peut-être demain, pour traiter la blessure avant de partir, mais maintenant, il se sentait si fragile, si prêt à voler en éclat au moindre choc que cette carapace de métal était une barrière entre lui et le monde extérieur. Et cela le rassurait. Il se tourna vers Asuldan, celui-ci semblait assoupi. Il eut un rapide sourire qui se transforma rapidement en sanglots silencieux. Il pleurait, encore, il se sentait misérable, ridicule. Cachant son visage dans le tissu doux et chaleureux. La nuit allait être longue. La lune était cachée derrière ses nuages et si il dormait, il pouvait être sur de se réveiller en sursaut avec l'impression désagréable qu'on avait tenté de lui ôter la vie une fois de lui. Il porterait les mains à son cou à le recherche d'une quelconque trace mais n'y trouverait rien, le laissant dans la crainte du sommeil et des nuits sans lunes.

***

« Asuldan ? »

Il était encore tôt, Cadmus s'était endormi au cours de la route sans vraiment s'en apercevoir. Par chance, les rêves avaient été flous et il ne se souvenait aucunement de quelconques mains enlaçant son cou pour l'étouffer. Cependant, en se regardant rapidement dans une flaque, il avait observé avec désarrois que ses yeux étaient rougis par les larmes. Combien de temps avait-il dormi, deux, peut-être trois heures ? Le soleil apparaissait à peine à l'horizon.

Attendant tranquillement que le marchand se redresse et reprenne ses esprits, il avait finit par demandé d'une voix un peu gênée : « Je...Je pense que j'ai encore besoin de tes services pour ma blessure. Tu avais raison hier, il faut surveiller ça, je n'aimerais pas que ça s'infecte sans que je m'en rende compte... »

Après une brève période de silence, il demanda d'une voix au ton indéfinissable.

« Par simple curiosité, qu'est-ce qu'il y a de si important là-bas ? » Il releva rapidement la tête et agita les mains comme pour s'excuser. « Mais...Ne te sens pas obligé de répondre, j'ai été...Indiscret, pardonne-moi. »

***

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Chèvre à tout prix

Avec le dépressif Cadmus



intro ; Après l’attaque de l’assassin, Asuldan et Cadmus reprennent la route. Tout le trajet a été silencieux. Les deux décident de faire une dernière halte, la nuit étant déjà tombée, et montent le camp. Ils ne sont plus très loin de la forêt Morte, ceci signe la dernière nuit avant de partir retrouver Princesse. Peut-être est-il temps de commencer une discussion, et de s’ouvrir ? Après quelques paroles, le sommeil vient et Asuldan s’endort.

Consciencieux, le marchand avait préparé un plat, une compilation de viande séchée et de pain sec. Il n’avait touché que sa part, le reste avait été laissé à son camarade. Cela le réjouit quand ce dernier s’avachit dessus, à la manière d’un chien qu’on avait oublié de nourrir pendant plusieurs jours.

« C’est, admit-il, un passé qui me donnera peut-être des réponses… »
Pouvait-il dire cela ainsi ? Il espérait y trouver des réponses, des réponses pour son futur, pour son père. Cela faisait si longtemps qu’il le cherchait. Le Désespoir lui murmurait à l’oreille, il lui avait chanté des berceuses pour l’endormir, et c’est dans cette fatigue pesante qu’il oubliait pourquoi il vadrouillait à droite et à gauche : il cherchait son père, sous les jupes de courtisanes, dans les bras d’un homme, au creux des hanches du sommeil. Il avait presque envie de rire.

Le sommeil. Cette lourdeur dans les yeux. Impossible à fuir. Les paupières combattaient contre l’endormissement, dans une lutte frénétique, elles aussi se faisaient lourdes. C’était devenu deux roches. En un battement d’aile, le combat avait cessé, la lutte, arrêté. Asuldan s’était assoupi, sous d’horribles anxiétés. Le retrouvera-t-il ? Où était-il ?

Papa, est-ce que tu es en sécurité ? Est-ce que tu es en vie ? Est-ce que tu manges à ta faim ? Est-ce que tu es heureux ? Où est-ce que tu es, papa ?

Il entendait les bruitages de la Tristesse. C’était une peine emmitouflée dans un drap de barbelé, de fer, de rose et de millions de mains. On l’empêchait de sangloter, de montrer sa souffrance. Ses mains l’étranglaient.

“Arrêtez de l’étouffer. Laissez-la respirer ! Arrêtez par Ilios !”

Il objecta avec ses mots, retira les emprises autour d’elle avec ses mains, l’entoura de ses bras. Il allait la protéger, tout comme il aurait aimé le faire il y a des années avant.

“Laissez-la pleurer. Qu’a-t-elle fait pour qu’on l’empêche de s’exprimer ! Partez. Ne revenez pas, plus jamais. Tu vois, ils sont partis, ils sont loin maintenant. Tu as le droit de pleurer… Tu peux pleurer.”

Tristesse était un petit garçon. Il avait les genoux écorchés, la tête planquée entre son torse et ses bras. Asuldan l’entendait renifler et sangloter plus fort. Les pleurs lui brisaient le coeur. Était-ce vraiment que dans son rêve ? Il avait l’impression d’entendre des plaintes, autre part. Mais où ?

Le rêve se brisa. Ses yeux s'ouvrirent précipitamment. Il était de retour dans la réalité, où un feu encore chaud et vivant crépité à ses côtés. Plus loin, Cadmus, le visage planqué dans la pénombre. Était-ce un rêve ? Asuldan ne se releva pas, il ne bougea pas. Il resta immobile, attentif. Il se coucha sur le côté, dos vers le soldat, et il ne dormit plus de la nuit…
 


« Hum ? se tournait-il vers le Capitaine. »
Le marchand et son compagnon avaient repris la route aux premières aurores. La lueur écarlate les avait accueilli avec bienveillance. Il pouvait être sûr qu’il ne pleuvrait pas ; en tout cas, pas pour ce début de journée. Quand ils prirent de nouveau la route, il avait pu voir le soldat s’assoupir. Il aurait aimé en faire de même, puisqu’il avait gardé l’oeil ouvert toute la nuit, mais il resta concentré sur les quelques heures qui leur restaient avant d’atteindre la forêt.

Il l’avait par la suite interpellé. S’était-il réveillé récemment ? Son regard se percuta dans ses yeux rougis. La soirée n’avait pas été aussi aisé qu’il aurait imaginé.

Asuldan pensait qu’ils avaient encore le temps. Il serait peu prudent de ne pas regarder cette blessure, surtout en sachant les dangers que contenaient l’endroit mort. Il tira sur la sangle pour arrêter Mazul complètement et descendit de la monture.
 
« Jetons un oeil à cette blessure. »
Le marchand prépara les fournitures usuelles : des onguents, un long bandage et de l’alcool. C’était le mieux qu’il pouvait faire pour le moment. Il attendit d’être au même niveau que son compagnon (c’est-à-dire qu’il descende de sa monture), observa l’intérieur de ses yeux silencieux. Il utilisa un langage visuel, pour lui demander la permission d’enlever son armure et sa chemise. Ses mains expertes n’eurent pas besoin de beaucoup de mouvement pour se débarrasser des points.

À l’entente de sa question, il arrêta tout mouvement, le bandage enroulé entre ses doigts et l’épaule du Capitaine. Il releva la tête pour l’examiner. Asuldan réfléchissait. Qu’espérait-il y trouver ?
 
« Ne t’excuses pas, ce n’est pas grave d’être curieux, commençait-il par dire, marquant une pause et il continua à bander la blessure nouvellement soignée. Là-bas, c’est là où je vivais, dans ma jeunesse. En réalité, je ne pense pas trouver réellement quelque chose d’important. Ce n’est sans doute plus qu’un tas de cendre. J’espère pourtant… trouver des réponses, sur ce qui s’est passé. Je voyageais avec mon père, il y a des années, continua-t-il avec sa voix nostalgique, comme s’il retournait dans son passé en lui racontant. C’était un vieil homme fatigué, avec le regard d’une personne qui a trop vécu, qui a vu trop de chose. Tout semblait paisible, jusqu’à ce qu’il disparaisse. Six ans… je ne sais pas s’il est encore en vie aujourd’hui. »
La détresse le submergea instantanément. Il passa une main sur son visage, et ses longs doigts se glissèrent dans ses cheveux. Au fur et à mesure qu’ils passèrent dans la chevelure d’Asuldan, il retrouva  une nouvelle force. Il souria.

« Heureusement, je ne m’abats pas facilement, déclarait-il en ayant retrouvé toutes ses facultés psychiques. Je ne sais peut-être pas qu’est-ce que je vais trouver là-bas, mais je sais que je le retrouverai. Maintenant, remplissons notre promesse et retrouvons saine et sauve Princesse ! »
Il avait décidé de reprendre la route. Ils n’étaient plus très loin du lieu déchu, plus loin de ces bois morts, plus loin de Princesse. Et si Asuldan était capable de retrouver la chèvre du fidèle Lucien, il serait capable de retrouver son père : c’était ce qu’il se disait.

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[Mission] Chèvre à tout prix (V. Cadmus) EmptyMer 22 Avr - 22:10

[Mission] Chèvre à tout prix (V. Cadmus) Nkpd

the past is never dead. it's not even past

La détresse du marchand le touchait, réellement. Mais il n'arrivait pas à comprendre la raison de celle-ci. Eux deux étaient si différents. Asuldan qui cherchait désespérément son père. Cadmus qui voulait s'en débarrasser par tout les moyens.

« Je comprends » Avait-il simplement dit. Mais ça sonnait faux. Triste aussi. Il ne comprenais absolument pas.

Pourquoi il te manque ? Il t'aimait ? Je t'envie, moi il ne m'a jamais aimé, on ne fait pas ça à un enfant qu'on aime. Mon père ne m'a jamais aimé et ma mère...

Il s'arrêta dans ses pensées un instant avant de fermer les yeux, amer.

Ma mère non-plus.

Toute son enfance et toute son adolescence, il l'avait passé à quémander de l'attention et de l'amour, consciemment ou non. Mais à quoi bon ? Enyo était morte par sa faute, Etzios, il s'était privé de lui comme un idiot et Ana ? Il n'était sans doute qu'un pion pour elle. Son regard se tourna vers Asuldan. Pourrait-il être un ami ? Non, il ne fallait pas, des choses horribles arrivaient aux gens qui lui étaient cher.

Mais peut-être était-ce trop tard.

Asuldan prit l'initiative de reprendre la route une fois la blessure traitée. Cadmus le suivit, silencieux, anxieux sans trop savoir pourquoi. Il s'approchait de cet endroit alors qu'il n'y avait pas trois jours, il ne savait même pas où il se situait. Il se sentait perdu, vulnérable, une fois de plus. Au loin, une silhouette de forêt sinistre se dessinait. Mais Asuldan déviait sa trajectoire, faisait un détour, Cadmus le suivit sans rien dire, se laissant guider dans un passé qui n'était pas le sien. Après de longues minutes de silences, le regard rivé sur le sol, ou plutôt sur la crinière de Kelpie, le blond finit par parler. Par demander d'une voix creuse et sans énergie.

« Asuldan. Si tu cherches ton père depuis si longtemps c'est qu'il devait t'aimer non ? » Un petit rire dénué de sens et empli d'une tristesse immense. « Qu'est-ce que ça fait ? Je veux dire...D'avoir un père...qui t'aime ? » Sans plus y réfléchir, il lâcha malgré lui, en soupirant : « Je t'envie tu sais... »

Se rendant compte de ses paroles, il secoua la tête et se lamenta intérieurement sur son imbécillité grandissante. Puis il dévia le sujet de la conversation avant même que le marchand ait pu répondre à quoi que ce soit. Mieux valait passer ces mots balancés sur un coup de tête sous silence.

« Est-ce vraiment si dangereux, la forêt morte ? » Son regard n'avait toujours pas quitté le sol mais ses joues s’empourprèrent légèrement aux paroles qui suivirent. « J'ai...J'ai promis ma vie à la personne qui m'est le plus cher au monde, je ne peux pas me permettre de mourir ici, sur des terres que je ne connais même pas, tu comprends ? J'ai besoin de savoir ce que l'on peut trouver ici et comment les combattre. »

Nouveau soupire.

« Désolé, je raconte n'importe quoi... »

Une silhouette de bicoque en ruine se dessinait à l'horizon, le capitaine plissa son unique œil pour mieux observer la scène qui se dessinait peu à peu au loin. Une véritable ruine. Et dire que ça tenait encore debout, ça relevait du miracle. Il ralentit l'allure sans comprendre vraiment pourquoi, mit mal à l'aise par le lieu. Ou était-ce la fatigue ? Son état émotionnel second ? Il n'en savait trop rien.

« C'est donc ici, ton passé ? » Demanda-t-il doucement au marchand. « Je suis désolé mais je n'aime pas beaucoup cet endroit. C'est sinistre... »

***

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[Mission] Chèvre à tout prix (V. Cadmus) EmptyMar 12 Mai - 14:06
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Chèvre à tout prix

Avec le dépressif Cadmus



intro ; Les deux compagnons ne sont plus très loin de leur présente quête, plus loin de Princesse et de ce voleur mystérieux. Mais avant d’accomplir leur promesse mutuel au Lucien, ils décident de rebrousser chemin vers un lieu proche de la forêt Morte, et ce lieu est là où habitait anciennement Asuldan, dans sa jeunesse. Là où la plupart de ses souvenirs se sont arrêtés par l’attaque d’assassins.

Il restait une heure. Une heure, tout au plus, Asuldan et son camarade Cadmus n’étaient plus loin de leur destination, celle qui les séparaient de la forêt Morte, de Princesse et du voleur, de leur promesse. Tous les deux auraient pu arriver à la lisière de cet effrayant endroit, s’il n’avait pas tout simplement changé de cap. La décision d'Asuldan. C'était cette volonté de découvrir la vérité ou un indice pouvant le mener quelque part, peu importe le lieu, qui l'avait fait changer de voie. Il ne s’attendait pas à retourner dans ce lieu, maintenant, c’était sûrement mieux ainsi, pensait-il ; avec cette histoire de vol, la chèvre deviendrait encombrante. Il fut reconnaissant envers la compréhension et la patience de son ami, pouvait-il l’affirmer complètement maintenant. Lui qui était un soldat avec un but précis, qui avait quitté les siens pour pourchasser un simple voleur en guise de… Il ne savait pas. Il avait fait la promesse, il s’en souvenait.

Il eut un silence pesant pendant quelques minutes, avant que son camarade ne coupe court à l’aphasique bruit. Asuldan paraissait serein à la surface, le regard rivé vers l’horizon, espérant apercevoir les contours de ses souvenirs, de sa maison, de ses parents, de cette vie qu’il avait quitté.

« Asuldan. Si tu cherches ton père depuis si longtemps c'est qu'il devait t'aimer non ? »

Une question qu’il ne comprit pas tout de suite. N’avait-il pas un père qui l’aimait, quelque part ? En avait-il un ? L’aimait-il ? Peut-être se faisait-il des idées ? Peut-être Cadmus avait vu des scènes navrantes d’enfants méprisés par leur père, ou même leur mère. Peut-être n’avait-il pas eu la chance de connaître le sien ? D’une manière ou d’une autre… Ses remarques silencieuses se turent.
 
« Qu'est-ce que ça fait ? Je veux dire...D'avoir un père...qui t'aime ? »

Oui, il venait de lui confirmer ce qu’il pensait jusque-là. Le marchand, silencieux, jeta un regard, mitigé entre le réconfort et un tristesse pesante : une tristesse qui, malgré tout, comprenait sa question. Il resta muet, échangeant une expression compatissante.

« Je t'envie tu sais... »

Il voulut parler…

« Cad… »

Mais les mots étaient trop durs à sortir pour qu’il dise quoique ce soit, et Cadmus l’avait questionné sur autre chose.

« Est-ce vraiment si dangereux, la forêt morte ? J'ai...J'ai promis ma vie à la personne qui m'est le plus cher au monde, je ne peux pas me permettre de mourir ici, sur des terres que je ne connais même pas, tu comprends ? J'ai besoin de savoir ce que l'on peut trouver ici et comment les combattre.
— Dangereux, oui, la forêt Morte est une partie de surprise : on ne sait pas ce que l’on va trouver, dit-il en commençant à formuler une réponse qui manquait cruellement de détail. Des ours géants, des loups, des araignées vénéneuses, peut-être des bandits qui ont choisi de loger là-bas. Personne n’a jamais vraiment eu envie d’explorer les alentours, enfin, personne. Pas vraiment. Il y a sûrement quelques aventuriers et combattants qui ont osé s’y aventurer. S’ils sont ressorti vivants, seuls eux le savent. »


Sa bonne humeur n’était jamais loin quand on parlait d’amour, de promesse touchante. Il lança ce genre de mine taquine et intéressé, totalement envahi par la curiosité.

« Tu as fait une promesse ? dit-il dans un ton enjoué. Je te le dis, si tu aimes beaucoup cette personne, peu importe ce qu’on trouvera là-bas, tu resteras en vie. Et puis, je n’en ai pas l’air, mais je suis assez agile avec une épée dans les mains. »

Cela n’avait pas pris très longtemps, pour qu’il retrouve les sentiers de sa maison. C’était une scène dévastatrice. Les fondations autrefois magnifiques étaient aujourd’hui qu’un tas de vieux bois brûlés. Quand il fut assez près de la scène, il laissa sa monture brouter l’herbe environnante et se rabattit sur le sol.

« C'est donc ici, ton passé ? Je suis désolé mais je n'aime pas beaucoup cet endroit. C'est sinistre…
— Ça n’a pas toujours été comme ça. Avant, c’était… un endroit magique, annonçait-il nostalgiquement. La maison avait l’architecture et l’équilibre parfait de la beauté dexienne et de l’atmosphère fortifiante de Tharros. C’était le travail de dizaine d’hommes, dont mon père. Et pour un enfant unique, j’avais assez d’espace pour m’amuser tout autour. Si tu aurais vu, c’était si beau. Un véritable chez d’oeuvre. »


Son enjouement se dissipa rapidement.

« Avant que des assassins -ou-je-ne-sais-qui- nous attaquent. C’est par ce chemin, pointait-il du doigt, que je me suis enfui avec mon père. Ma mère est restée. Brave et forte. Il a sûrement dû l’enterrer des jours après. Malheur, je ne pensais pas me souvenir si précisément de ces événements. Pardonne-moi, je me laisse emporter. Laisse-moi chercher dans les parages si je trouve quelque chose d’intéressant. »



La fouille n’avait pas été longue. Tout était ruiné, brûlé, mis à sac. Cependant, sous une vieille et lourde planche en bois, il avait trouvé un vieux journal. Celui-ci avait été brûlé à certains endroits (même presque complètement). Avec de la chance, il arrivera à en tirer quelques informations utiles ou satisfaisantes. Mais il ne le ferait pas maintenant (il lui fallait un expert pour décrypter tous ces écrits). Il était temps terminer ce pourquoi ils étaient arrivés jusque-là.

« Je pense que nous pouvons y aller. Merci Cadmus, je n’oublie jamais ce qu’on fait pour moi. Je te suis reconnaissant. »

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[Mission] Chèvre à tout prix (V. Cadmus) EmptyMar 12 Mai - 17:43

[Mission] Chèvre à tout prix (V. Cadmus) Nkpd

The best preparation for tomorrow is doing your best today.

A l'énumération de tout les dangers possibles et imaginables qui les guettaient dans la forêt morte, le capitaine ne put s'empêcher une grimace qui, conjuguée à la fatigue, eut l'air totalement ridicule. Il espérait de tout cœur que les histoires d'Asuldan ne soit que des histoires. Si seulement il connaissait cet endroit, si seulement son imbécile de géniteur s'était aperçut que ce n'est pas en se faisant frapper que l'on apprends les bases de ce monde. Pour se battre, ah ça oui, il savait se battre. Pour le reste en revanche...

« Tu as fait une promesse ? Je te le dis, si tu aimes beaucoup cette personne, peu importe ce qu’on trouvera là-bas, tu resteras en vie. »

Aimer beaucoup ? Comment aimait-il Etzios ? Comment décrire cela. Il chercha un mot à mettre sur cette affection si étrange. L'amitié semblait bien peu comparée à cela, non, c'était différent, essentiel. Il voulait le savoir à l’abri de tout besoins, heureux, en sécurité, hors de ce foutoirs politique qu'était devenu Alasya. Si il pouvait créer un lieu où le mercenaire serait heureux et ne s'auto-mutilerait pas psychologiquement à se salir les mains, il le ferait. Il lui avait dit...Qu'il ferait n'importe quoi pour lui. Même si cela signifier tuer.

Cadmus releva la tête, tentant de se changer les idées mais la mine taquine d'Asuldan ne faisait qu'empirer les choses. Il constata à la chaleur qui émanait de ses joues qu'il devait avoir la teinte d'une tomate. Pourquoi avait-il parlé de cette promesse déjà ? Regrettait-il ? Non. Absolument pas. Il se sentait même...Plus léger ? Un timide sourire naissait sur ses lèvres.

« Et puis, je n’en ai pas l’air, mais je suis assez agile avec une épée dans les mains. »

C'est même par un léger rire que le capitaine accueilli cette remarque. La fatigue se faisait moins grande tout d'un coup, sa main balafrée, pourtant engourdie, semblait posséder une force nouvelle.

« Je suis heureux d'avoir un épéiste comme toi à mes cotés, alors. Comme on a coutume de dire dans la garde, tout les soldats de Tharros sont des hommes perdus à Dexia. »

De ce fait, Asuldan était non-seulement son guide mais aussi son compagnon d'arme. Quelque chose que le blond ne pouvait négliger. Une certaine confiance s'était installée puisque l'un comme l'autre avait confié quelque chose d'important à son camarade. C'est donc sans grande peur qu'il descendit du dos de Silki pour observer cette ruine. Oui, il fallait l'admettre, cela avait du être magnifique dans le passé. Il avait mal au cœur pour son compagnon de route qui devait supporter ce spectacle pathétique.

Si je fermes les yeux, je peux entendre le bruits des feuilles dans les arbres.

C'est ce qu'il fit. Il ferma les yeux, se laissa entraîner par le passé du marchand. Son propre passé se mêlait au sien. Deux enfants jouaient. Asuldan n'avait-il pas dit qu'il était fils unique. Il ne savait plus, il ne s'en préoccupait plus. L'air purifié des arbres, l'odeur de l'herbe fraîche, du Bourdon nouveau. Il sentait toutes ses choses envoûtantes, un sourire se dessina sur ses lèvres.

« Avant que des assassins -ou-je-ne-sais-qui- nous attaquent. »

La scène adorable fut interrompue par l'ombre d'un homme imposant. Une voix dure, autoritaire, tout vola en éclats. Cadmus se retrouva comme expulsé de son propre passé. Il sursauta puis tenta de se recentrer sur le récit du marchand. Sa mine souriante s'éclipsa pour laisser place à une triste empathie. Il se sentit soudain à la fois proche et lointain de cet homme qui lui contait son histoire. Il comprenait la souffrance et la solitude, la douleur de la perte d'un être cher, mais il ne comprenait pas les liens parentaux, l'amour familial, ce lien si unique qu'Asuldan avait su forger avec ses parents. Avait-il fait quelque chose de mal pour que rien ne soit de même dans sa propre famille ?

« Pardonne-moi, je me laisse emporter. Laisse-moi chercher dans les parages si je trouve quelque chose d’intéressant. »

Le capitaine vint poser sa main sur son épaule, un sourire qu'il voulait réconfortant sur les lèvres.

« Ne sois pas désolé. Je...Je comprends. Pas forcement entièrement mais je comprends... »

Sur ce, il regarda Asuldan entreprendre ses recherches dans un passé en ruine, ne sachant si il devait l'aider où le laisser à la tâche. Il ne voulait pas se faire encombrant dans un passé qui semblait si douloureux. Il n'osait pas aider Asuldan, même si il aurait fait l'inverse en écoutant son cœur. Lorsque ce dernier tenta de soulever une lourde planche en bois, il se décida enfin à l'aider, lui laissant le loisir de chercher le dessous de celle-ci et de revenir avec un carnet en mains. Abîmé, brûlé, mais encore lisible. Le capitaine soupira de soulagement, Asuldan n'avait pas fait face à son passé pour rien.

« Je pense que nous pouvons y aller. Merci Cadmus, je n’oublie jamais ce qu’on fait pour moi. Je te suis reconnaissant. »

Cadmus le regarda un instant, il ne comprenait pas. Il n'avait fait que l'accompagner après tout. Il sentait même qu'il avait été un poids d'avantage qu'un allié. Aussi bredouilla-t-il sa réponse.

« Et bien...Je ne sais pas de quoi tu me remercie...Ce serait plutôt à moi de te remercier...Soit...La forêt morte donc... »

C'est sur cette phrase maladroite qu'ils reprirent donc route pour se retrouver face à cette fameuse forêt morte tandis que le soleil illuminait les premières heures de l'après-midi. Porter une armure sous une telle chaleur n'était pas chose aisée mais Cadmus était habitué à ne rien laisser paraître de son inconfort.

« Alors donc, c'est ici, forêt morte, sable mouvants, ours géants et tout le bordel ? »

Il se saisit d'une pierre qui faisait la taille de sa paume et la jeta au sol qui s'étendait devant eux entre deux arbres morts.

« Bon, et bien au moins, c'est pas des sables mouvants ici... » Lança-t-il sans vraiment savoir si il était sérieux ou si il plaisantait. Dans tout les cas, il avait retrouvé une humeur stable.

***

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[Mission] Chèvre à tout prix (V. Cadmus) EmptyMer 13 Mai - 8:04
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Chèvre à tout prix

Avec le dépressif Cadmus



intro ; La maison en ruine, Asuldan ne met pas longtemps avant de trouver ce qu’il était peut-être venu chercher ; aidé de Cadmus, il découvre un vieux journal abandonné, dans un piteux état. Peut-être pourra-t-il en retirer quelque chose d’utile ? Tous les deux quittent par la suite les anciens souvenirs du marchand pour se remettre en route vers la forêt Morte.

Retrouvé une mince partie d’un indice était déjà une lueur d’espoir dans l’obscurité. Cadmus l’avait aidé à soulever l’une des plus gros planches de la ruine, qui devait être l’un des piliers aux extrémités. Même s’il ne savait pas pourquoi, Asuldan avait une grande reconnaissance envers son camarade : en plus d’avoir été patient et compréhensif, il l’avait, en quelque sorte, de manière subtile peut-être, réconforté.

« Même si tu ne le sais pas, je suis reconnaissant. Merci, reprit-il. Allons-y maintenant. »

Au cours de cette aventure, qui n’était pas encore terminée, de longues journées avaient passé. Et dans ces épreuves vivantes et naturelles, de l’environnement boueux jusqu’à l’assassin, ils avaient vécu ces choses côte à côte. Ils avaient partagé non seulement de la nourriture mais aussi des mots. Ils s’étaient dévoilés l’un à l’autre, de telles manières que maintenant, des cicatrices étaient visibles sur leurs visages. Ils s’étaient aidés mutuellement tout au long. À certains moments, les mots n’avaient plus fallu, et le silence avait dû régner comme seul message. Son père lui avait dit un jour que les meilleures amitiés se forment dans des circonstances navrantes, où les belles aventures deviennent un calcaire. Asuldan savait qu’il n’avait tort.
 
« C’était quoi l’expression déjà : tous les soldats de Tharros sont des hommes perdus à Dexia ? Avoue que vous n’aimez pas apprendre la géographie dexienne, dit-il avec son ton plaisantin ; ou qu’on vous l’empêche, réfléchit-il soudainement, le sourire aux lèvres. »

Asuldan et son compagnon, le très célèbre capitaine de la Garde Royale, étaient sur le chemin du retour. Il avait pris le temps de discuter, surtout de choses futiles, mais terriblement cocasses. Entre temps, il jeta un coup d’oeil sur sa sacoche, située à sa hanche, là où se trouvait le journal abîmé et brûlé de peut-être l’un de ses parents. Il n’avait pas osé prendre le temps de regarder maintenant, d’autres choses les pressaient.

« Alors cette personne ? Qui est-elle ? reprit-il plusieurs secondes après, en lançant sa marque de fabrique sur son visage : une expression intéressée et souriante. C’est plus que voyant que tu tiens énormément à elle. »

La longue marche avait paru n’être qu’une rapide ellipse. Ils étaient enfin devant la terrifiante forêt morte. Elle portait bien son nom : ses arbres sans feuillage, cadavériques et sombres se déroulaient à perte de vue et monter jusqu’à des centaines de mètres, pour certains d’entre eux. Il n’y avait que ça. La densité de cette population de bois noir rendait son intérieur terriblement glauque.

« Nous y sommes, finit par dire Asuldan en descendant de sa monture. J’espère qu’on ne rencontrera pas de sables mouvants. »

C’était un espoir qui le fit rire, alors qu’il voyait Cadmus tester la matière du sol. Il accrocha Mazul à un arbre avec tout son feuillage, quelques mètres de la lisière. Il préféra ne pas attacher avec force la corde, au cas où il serait mis en danger par un danger sortant de la forêt.

Le moment venu. Ce pourquoi ils étaient venus, ou “pour où” (si cela pouvait avoir du sens). Il prit l’initiative de fabriquer deux torches, s’ils devaient rester des nuits dans cet endroit, et les bloqua dans deux boucles cousues sur sa ceinture. Il lança immédiatement un regard à Cadmus avant de pénétrer dans les tréfonds morts et boisés. La lumière se faisait filtrer au fur et à mesure qu’il avançait. Et même si l’environnement était obscur, la lumière les surplombant au-dessus leur laisser l’occasion de discerner de nombreuses détails autour d’eux.

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[Mission] Chèvre à tout prix (V. Cadmus) EmptyJeu 14 Mai - 23:39

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not all who wander are lost

Un espèce de rictus à mi-chemin entre l'amusement et l'amertume se dessina sur les lèvres du capitaine à la remarque moqueuse d'Asuldan sur ses connaissances géographiques, à lui et à ses autres compatriotes, des contrées dexiennes. Sur certains points, il ne pouvait en effet pas le contredire, la géographies de Dexia était souvent dénigrée dans l'apprentissage basique. Mais au passage à l'académie militaire, c'était une autre histoire. La géographie était un point important, surtout si l'on visait le grade de général. Non, le véritable problème venait de Cadmus, il n'y arrivait simplement pas, c'était tout.

« Et bien pour être franc, à part moi, je pense que les autres s'en sortent plutôt bien. C'est plus une histoire de...Mentalité. » Il ajouta d'une voix plus basse, comme si quelqu'un pouvait les entendre « Tu te doutes bien qu'avec la haine de notre cher roi contre vous, il est normal que nous nous sentions perdus ici... »

Regardant le marchand ranger précautionneusement le carnet qu'il avait trouvé dans une sacoche qu'il portait à la hanche, il eut un moment un visage attendrit par la compassion. Puis il murmura d'une voix maladroitement douce.

« J'espère que tu trouveras ce que tu cherches. »

Il s’apprêtait à définitivement reprendre la route, se demandant une fois de plus l'origine de la reconnaissance profonde d'Asuldan quand ce dernier se retourna. Sourire aux lèvres. Il n'allait pas aborder le sujet encore une fois...si ?

« Alors cette personne ? Qui est-elle ? C’est plus que voyant que tu tiens énormément à elle. »

Longue période de silence. Le blond bredouilla quelques syllabes dont l'absence de sens était flagrant avant de prendre une grande inspiration. Il chercha quelque chose d'intelligible à prononcer.

« Et bien...Honnêtement je ne sais pas ce qu'il est pour moi. Plus qu'un ami de toute évidence mais...Peu importe. Tout ce qu'il y a à savoir c'est que c'est un mercenaire doublé d'un abruti... »

La vérité c'était que penser à Etzios comme un potentiel amour ne l'aidait pas d'avantage à garder le moral. Il l'avait rejeté, en quelque sorte. Oui, c'était bien le mot. Mais qu'aurait-il bien pu faire d'autre ?

Viens avez moi, tuons Valar ensemble...

Oh oui, il y avait pensé de nombreuses fois entre les nuits qui séparaient sa rencontre avec Athanasia de sa retrouvaille avec le mercenaire. Mais comment oser lui demandait ça, lui qui se prenait déjà pour un monstre. Comment lui demander de tacher ses mains d'un sang qui le suffoquait et l'empoisonnait déjà assez comme cela ? Égoïsme, pur égoïsme. Il voulait le garder auprès de lui, quitte à le faire souffrir. Mais il n'avait pas fait cette erreur, pas une seconde fois. L'avait-il sauver d'une blessure plus émotionnelle ? Non, certainement que non. Mais il reviendrait, il le fallait. Et Etzios ne souffrirait plus.

A cet instant même, il s'en fit la promesse.

***

Le rire d'Asuldan était contagieux. Il ne put s'empêcher de s’esclaffer de sa propre action. Ridicule ou non, elle était drôle. Il ne pouvait le nier. Il ajouta en essuyant une larme de rire le coin de sa joue.

« Laisse donc l'ignorant de Tharros tester quelque chose et tenter d'être utile... »

Suivant l'exemple d'Asuldan, il vint attacher Silki, observant la façon de faire de son compagnon de route, il cru y voir un désir de ne pas s'encombrer d'une nœud trop sophistiqué. La raison lui parut évidente, un besoin de fuite si nécessaire. La région n'était pas des plus accueillantes après tout.

« Bonne idée... » Lança-t-il en observant Asuldan s'occuper de fabriquer des torches avant de suivre le marchand dans cette contrée dont il ignorait tout.  

La Forêt Morte portait en effet bien son nom. Aucune végétation, aucun arbres ne portaient le moindre signe de vie, juste du bois morts et des touffes d'herbes séchées par endroit. Comme si la région avait été dévorée par un incendie. Après quelques minutes de marches et d'observation muette, Asuldan stoppa sa marche, le blond en fit de même, jetant un rapide coup d’œil à la raison de cet arrêt soudain. Un arbre, affaissé sur le « chemin ». Les branches épaisses et pointues de ce dernier empêchait toute enjambée et il était bien trop bas pour se glisser en dessous. Une action que le capitaine aurait de toute façon échoué avec son armure. Il y avait bien une espèce de chemin hasardeux se dessinant entre les arbres voisins mais un simple pas dans cette direction suffit à faire comprendre à Cadmus l'inutilité d'une telle démarche. Sables mouvants. Bien évidemment. Il retira son pied vivement quand il sentit ce dernier s'enfoncer dans le sol instable.

« Génial, et maintenant, on fait quoi ? »


***

[Mission] Chèvre à tout prix (V. Cadmus) 5uoy
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18/01/2020
DÉESSE
[Mission] Chèvre à tout prix (V. Cadmus) EmptyJeu 21 Mai - 15:04

Mission

Chèvre à retrouver


Arrivés à la forêt morte, vous ne tardez à explorer son aspect cadavérique. Entre ses troncs morts, ses marais puants et ses sables mouvants, vous avancez prudemment. C’est à ce moment que vous parvenez à constater quelques marques dans le chemin boueux: celles laissées par les sabots de l’animal recherché, accompagnées par celles d’un humain. Vous suivez le chemin. Vous discernez une ombre au loin. Un homme. Est-ce votre voleur de chèvre? Vous arrivez à la rattraper et tombez sur un étrange spectacle. Trois hommes nus et masqués dansent autour de la chèvre, récitant avec entrain un chant religieux quelconque. Le caprin, lui, est recouvert de diverses fleurs et bijoux, dévorant avec appétit les nombreuses victuailles qu’on lui avait offertes. L’un des hommes vous remarque et s’arrête brusquement. Couteau à la main, il le pointe dans votre direction, terrifié. Les deux autres font de même.

- Q-qui êtes vous!?

Homme masqué 1 - niv. 1 ( 7 PV)
Homme masqué 2 - niv. 1 ( 7 PV)
Homme masqué 3 - niv. 1 ( 7 PV)
_____________________

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