Vol à l'État mage B9rmV6G

Vol à l'État mage

Aiolia
Aiolia
21
23/02/2021

Feuille de personnage
Âge: 21 ans
Métier: Cuisinier
Couleur: 33ccff
CUISINIER
Vol à l'État mage EmptyMar 2 Mar - 12:07
Toute ville a ses bas-fonds, et ceux de Sentoni dégageaient comme partout ailleurs les mêmes effluves dont on n’oserait tenter de deviner la provenance. Entre les mansardes délabrées et les passants aux mines équivoques, Aiolia remontait une allée aux motifs irréguliers, jusqu’à arriver devant une taverne imposante, d’où provenaient de joyeux fracas et des cris enivrés. Sans ralentir le pas, Aiolia poussa la porte.

L’air était si lourd qu’elle pouvait presque sentir les vapeurs d’alcool qui émanaient des choppes lui caresser le visage. À chaque table, les clients s’esclaffaient bruyamment ou tentaient de s’empoigner sans quitter leur siège, tandis que ceux debout formaient des cercles pour encourager belligérants quand ils en voyaient. Aiolia se promit de revenir dans le coin quand elle aurait un peu d’argent et de temps à dépenser. Pour l’heure, son attention était concentrée sur la recherche. Elle le repéra à la table la plus remplie.

Il était là, avec sa tête qui évoquait celle d’un rat et son sourire aux dents jaunâtres, le même que lorsqu’il avait voulu refourguer à Aiolia sa marchandise « d’occasion ». Malgré le manque total de confiance qu’il lui avait inspiré, elle avait accepté l’offre, pour découvrir sans vraiment grande surprise que les épices qu’il lui avait vendus n’avait pas plus de saveur que des crottes de lapin. Mais cela n’avait aucune importance, puisqu’elle n’avait plus qu’à se faire rembourser à présent.

La tête de rat était plongé dans une partie de cartes, dont il profitait visiblement pour dépouiller tous ses compagnons. Il ne remarqua donc pas l’arrivée d’Aiolia, avant que celle-ci ne se glisse devant les spectateurs pendant qu’il réunissait ses gains et jette sur la table le sac qu’elle avait amené avec elle.

- Salut vieux requin, je te ramène ces résidus de fumier que tu oses appeler des épices. Maintenant tu vas me rendre mon pognon.

Sous l’effet des regards qui se tournaient vers lui, la tête de rat referma très vite sa bouche béante et chaussa à nouveau son sourire mielleux.

- Dites donc mam’zelle, je m’attendais pas à ce que vous me colliez aux basques à ce point. Désolé, mais avec moi c’est ni échangé ni…
- J’ai pas parlé de négocier avec toi vermine. T’as l’air d’avoir de la réussite ce soir, petit veinard. Tu refuserais quand-même pas un défi ?

Aiolia s’assit et posa sa maigre bourse sur la table. La tête de rat cligna des yeux et regarda rapidement autour de lui. Son sourire s’élargit.

- Comme tu veux… Mais ne te plains pas si je te mets sur la paille dès la première partie.

En fait, la tête de rat ne gagna pas une seule partie. Sans doute s’imaginait-il qu’il n’aurait aucun mal à bluffer quelqu’un qu’il avait déjà arnaqué une fois. Toujours est-il qu’Aiolia remporta jeu après jeu et la mise sur la table augmenta doucement, de même que le nombre de spectateurs toujours plus enthousiastes, qui formaient maintenant un cercle sans le moindre interstice par lequel s’enfuir. La tête de rat conservait son sourire, mais avec une difficulté de plus en plus apparente. Il risquait à présent de perdre encore plus que ce qu’il lui avait soutiré tantôt.

Aiolia remarqua que la tête de rat jetait des coups d’œil rapides au-dessus de sa tête. Il lui semblait également que l’homme situé juste derrière elle ne s’agitait pas autant que les autres et restait silencieux. Ce fut à son tour de sourire. Si c’était là l’ultime stratagème de son adversaire, il était temps de l’achever. Aiolia se leva de son siège et monta sur la table, les cartes levées devant son visage, hors de vue, même pour quelqu’un qui se serait accroché au plafond. Elle baissa les yeux vers la tête de rat, en s’assurant de charger son regard de tout le mépris possible, puis abattit ses cartes d’un geste impitoyable.

- Gagné.

La tête de rat jeta ses cartes de dépit et quitta la table la tête basse, pendant qu’Aiolia empochait ses gains jusqu’à l’extrême limite de ce que pouvait contenir sa bourse. Elle saisit les pièces restantes, marcha jusqu’au comptoir, et d’une voix assez forte pour que toute la taverne l’entende, s’écria :

- Patron, perce-moi un tonneau de ton rhum le plus imbuvable, je veux que plus un seul de ces lascars soit capable de tenir debout d’ici une heure !

Sous les acclamations, Aiolia se rassit au milieu de la foule sans chercher à dissimuler son enthousiasme. Maintenant qu’elle avait ce pour quoi elle était venue jusqu’ici, elle pouvait bien s’offrir une petite célébration.
Maëv
Maëv
53
20/02/2021

Feuille de personnage
Âge: 29
Métier: Assistante trésorière en charge des caisses de l'Ordre
Couleur: #00cc33]
CHERCHEUR
Vol à l'État mage EmptyMer 3 Mar - 10:24
Il n'y a que peu de moments où le silence est véritablement d'or, en général, il n'est ainsi qualifié aux yeux de Maëv que lorsqu'il est associé au griffonnage régulier d'une plume sur son papier. Dans son bureau, l'assistante aux comptes était en train d'établir la liste des stocks des pierres magiques qui étaient entreposées aux tréfonds des entrepôts de l'université. Avec un coude s'appuyant sur son livre et l'autre, immobile, qui laissait son poignet articuler des lettres et chiffres bien rédigées. Son visage de marbre alternait son regard entre le rapport des gestionnaires de l'inventaire et la liste qu'elle était en train d'établir. Ses sourcils se haussèrent brièvement, entre deux écritures ... décidément, il y avait bien plus de nécessité en pierres de foudre, en ce moment. Au vu du nombres de mages affiliées à l'électricité, ça n'avait rien d'étonnant.

Sa plume en mouvement permanent s'arrêta alors aussi brusquement que frappée d'un venin. A répétition, ses yeux se mirent à rebondir d'une part sur le livre comptable de cette bénédiction-ci, de l'autre sur celui de la période précédente. Il y avait une diminution considérable ... plus de deux centaines de pierres, c'était bien trop pour un laps de temps aussi court. S'écartant de son bureau, la vaironne tira l'un de ses tiroirs et commença à balader ses doigts entre les innombrables documents qui y étaient classés. Son index s'arrêta sur le registre des ventes effectuées par l'Université lors de la Bénédiction de Munn. Elle la porta devant ses yeux, son oeil noisette décortiquant chaque information qui y était inscrite. Le registre indiquait des ventes à une mesure de cent soixante-quatre unités, sur un total de deux cent douze gemmes décaissées. Quarante-huit pierres de magie en démarque inconnue, c'était beaucoup trop. L'Université ne pouvait pas tolérer ce genre d'écarts et Maëv était bien au fait de la gravité de cette perte. Il ne s'agissait pas de médiocres marchandises vendues à l'étal, mais bel et bien d'armes potentielles qui entre de mauvaises mains pourraient s'avérer extrêmement dangereuses.

Il n'était pas difficile de comprendre qu'il s'agissait d'une situation de crise et ce sur plusieurs niveaux. La mage ferma les yeux en poussant un très long soupir, avant de se redresser et de sortir de son bureau avec ses documents sous le bras. Elle arpenta les couloirs, s'enfonçant dans le secteur transversal de l'Université, là où étaient effectuées chaque opération de gestion, de décision. En bref, ces lieux étaient la tête pensante du monde des mages, et dans une mesure plus large encore, de Sofia. Elle s'arrêta devant l'une des portes au fond des quartiers, postée juste devant une fenêtre depuis laquelle la ville s'étendait à la manière d'une esquisse. La comptable la regarda froidement, avant de se retourner vers la porte sur laquelle était fixé un petit écriteau. "Haut-Seigneur Lavende". Elle y frappa trois fois et attendit l'invitation.

- Entre, Maëv.

La jeune femme aurait été surprise d'être ainsi reconnue, si elle n'avait pas l'habitude. Méryle Lavende était une dame de perception, de mémoire, reconnaître le tapement droit de son assistante était une formalité plus qu'aisée, pour elle. L'invitée rentra alors avec tout le sérieux que sa réputation lui attribuait, pas une once de panique ne transparaissait sur son visage, une belle harmonie, pourtant contrastée, avec l'expression détendue de sa supérieure. Celle-ci avait toujours un fin sourire affiché aux lèvres, une constance qui se retrouvait, dans une autre mesure, dans l'air de son assistante.

- Bonjour Méryle. la salua-t-elle, conformément au nom que son interlocutrice lui avait dit d'utiliser. Je suis au regret de vous informer que nous avons un sérieux problème.
- Laisse-moi deviner, on est déficitaires ?
- Non.
- Alors, ça ne doit pas être si sérieux.
- Nous avons de la démarque, bien trop pour que cela ne soit qu'une coïncidence.
- Précise ta pensée.
- Nous avons certainement été volés.

Le livre que le Haut-Seigneur était en train d'explorer se referma brusquement en un claquement qui résonna contre les murs. Dans la seconde qui suivit, Méryle se leva et passa la porte que le talon de Maëv gardait ouverte. Elle n'eut pas besoin de lui dire de la suivre, à peine était-elle partie que son assistante la suivait déjà d'un pas pressé, mais pas moins maîtrisé. C'était pour ça qu'elle ne mettait jamais de talon au travail, pour la marche rapide, il valait mieux avoir des semelles plates et qui sait lorsque la situation demanderait de hâter la démarche ? Elles sortirent du bâtiment des "affaires" et se retrouvèrent dans la cour, avec un ton toujours serein dans la voix, la gestionnaire principale de l'Université demanda.

- Combien de pierres ?
- Quarante-huit, de tous types.
- Ouais, c'est définitivement un vol.

Elles arrivèrent devant l'entrepôt, dont les portes de bois étaient entrouvertes, signe que les responsables du stock étaient encore en plein travail. Les trois hommes qui y étaient assignés se retournèrent tous en même temps lorsque le Haut-Seigneur posa le pas sur les pavés.

- Haut-Seigneur Lavende ?
- Il y a eu une démarque importante de pierres, ici, est-ce qu'il y a des choses que je devrais savoir vis-à-vis de la gestion de cet entrepôt pour pouvoir ainsi tolérer une telle perte, Monsieur Jera ?
- Je ... non, madame, rien ne me vient en tête.
- Dans ce cas, dois-je présumer que votre compétence est à blâmer ? En tant que responsable de chaque objet entreposé, est-ce vous dont l'Université doit se débarrasser pour résoudre ces problèmes de perte ? Son mielleux était ironiquement insoutenable d'autorité.
- Bien sûr que non, madame, excusez-moi ...
- Est-ce qu'il y a quelque chose que je devrais savoir, dans ce cas ?

L'employé hésita, réfléchissant lentement, trop lentement au gré de Maëv ainsi que de sa supérieure. Les deux arboraient un regard différent, mais avec un fond similaire, là où la première soutenait un regard froid et sérieux, l'autre adressait une oeillade presque maternelle, mais si ironique. Chacune des deux n'avait cependant qu'une pensée en tête ; "active-toi les méninges, si tu ne veux pas être considéré comme un capital humain déficient".

- Il y a bien ce type, un mage qui travaillait avec nous, avant qu'il ne disparaisse complètement à la Pleine Lune de la dernière Bénédiction. Peut-être qu'il les a prises, ces pierres, mais s'il l'a fait, alors il a certainement choisi celles du fond, parce qu'on n'a remarqué aucun changement sur les étagères.

Le Haut-Seigneur le considéra avec un air d'abord exaspéré, ses yeux fermés surlignèrent alors un profond soupir dépité, avant qu'elle ne se remette de nouveau à sourire.

- Merci, Letto.

Toutes deux lui tournèrent le dos, bien que Maëv n'ait laissé traîner son regard noisette plus longtemps que nécessaire sur le responsable. Elle détestait la négligeance, pire encore, elle détestait l'incompétence. Alors, elle fut rassurée lorsque sa propre supérieure, en chemin vers leurs bureaux, lui glissa :

- Prends soin de noter cette erreur sur le rapport de compétence de Monsieur Jera.
- Oui, Haut-Seigneur.
- Méryle. lui rappela-t-elle.

Sans qu’elle ait besoin de le lui dire, l’assistante suivit sa supérieure jusqu’au bureau de celle-ci, où elle s’assit et commença à se recoiffer. Maëv garda le silence, chacun avait sa manière de montrer qu’il était en train de réfléchir, se réarranger inutilement était celle de la dame qui lui servait d’autorité. De toute façon, la jeune femme savait parfaitement qu’elle n’aurait pas de réponse si elle ouvrait la bouche, dans l’immédiat. Elle connaissait mieux sa supérieure que cela.

- Qu’est-ce que tu en penses ?
- Qu’il y a une belle brèche au niveau de l’attention si un ancien employé a réussi à s’en aller avec autant de pierres dans la besace.
- Tu vois, Maëv, la factualité en gestion, ça n’a rien d’un mal, mais si tu n’arrives pas à développer ton opinion au-delà de cela, dans ce cas peut-être devrais-je moi aussi rédiger une note sur ton manque d’inventivité. Développe ton point de vue.
- S’il en a volé autant, ce n’est certainement pas par usage personnel. Il aura intérêt à rester discret s’il veut ne pas se faire remarquer, et considérant qu’il doit avoir assez de bon sens pour avoir intégré les services de l’Université, il serait étonnant qu’il en ait besoin de quarante-huit à lui tout seul.
- Donc … ? Méryle fit tourner sa main dans le vide, attendant que son assistante ne poursuive.
- Alors, il compte les vendre ou les fournir à une organisation tierce qui en aurait l’usage pour s’offrir une retraite anticipée.
- Et a-t-il eu le temps de les vendre ?
- Tout dépend de s’il a pris contact avec eux avant de commettre le vol.

La responsable des finances se renfonça dans sa chaise avec un sourire satisfait, empoignant une plume et taquinant le bout d’un index qui rythmait une mélodie qu’elle seule entendait. Avec son sourire qu’elle teignit d’airs amusées, elle secoua doucement le visage de gauche à droite.

- Tu as les solutions, mais tu es bien trop lente à les trouver.
- Pardon, Méryle.
- Ce n’est pas à moi que tu dois t’excuser. J’ai un travail pour toi. Retrouve-moi ces pierres et ramène-les ici. Tu devrais aller à proximité de la périphérie, éloigne-toi du centre, va vers le Sud-Ouest, c’est là où se concentre la plèbe de la cité et si notre ami veut vendre ses pierres, il va vouloir le faire dans un endroit où son larcin sera masqué par des milliers d’autres. Mets une cape pour cacher ces fringues de bourgeoise et cherche la taverne la plus délabrée que tu pourras trouver.

Maëv coupa sa respiration pour alors reprendre une profonde inspiration. Elle aurait manqué d’écarter les yeux, n’avait-elle pas eu le sang aussi froid. S’éclaircissant la gorge, elle s’enquit.

- N’est-ce pas normalement là le rôle des Cavaliers ?
- Tu ne comptes tout de même pas rester derrière un bureau pendant le restant de ta vie, si ?
- Je fais ce que l’on me dit de faire, Haut-Seigneur.
- Alors qu’est-ce que tu fais encore ici ? Dépêche-toi ! la pressa-t-elle. Et c’est Méryle !

L’assistante hocha de la tête, réflexe qu’elle avait gardé de son enfance servile, avant de reculer au travers de la porte qu’elle referma derrière elle. Marchant dans le couloir, elle refoula son exaspération en soupirant à répétition. Retournant à son propre bureau, elle se vêtit d’un manteau ample pour cacher ses habits bien trop riches pour les endroits appartenant aux sang-fades. Se mêler à eux était une honte, mais une opportunité. Du haut de son perchoir à l’Université, Maëv ne voyait pas souvent défiler des non-mages, dans les environs. C’était sans doute pour le meilleur.

~~~~~~~~~~~~~~~~~

Près de cinq heures plus tard, la mage s’arrêta devant un établissement si délabré que le nom sur l’écriteau en était devenu illisible. De multiples lacérations et griffures dans le bois graciaient les passants de l’incapacité à lire le nom probablement disgracieux de pareil tas de fiente. L’Université ne fait pas dans l’espionnage, encore moins dans la dissimulation, mais la situation obligeait … bien qu’il soit curieux que Dame Lavende ait souhaité rendre son assistante responsable de la situation, mais personne ne savait jamais réellement ce qui se tramait dans la tête de cette femme.

Maëv réajusta son collier sous son manteau, lequel brilla d’une couleur azur tandis que la pierre logée frémit de nuances bleutées au contact de l’index. Ce genre d’interventions était une première pour elle, non stressée, la vaironne était plutôt … dérangée. Partager l’environnement de la racaille n’était pas dans ses habitudes. Il fallait toujours faire ce qui était nécessaire … qu’importent les conditions.

Elle poussa le battant, posant le pas dans la salle et la première chose qu’elle entendit fut les cris d’une idiote qui semblait ne pas tenir à son foie. Un tonneau de rhum … pfeuh, quel affligeant manque de goût. Le manteau qui la recouvrait faisait un bon travail de dissimulation, assez bon pour ne rien interrompre des acclamations qui retentissaient. La jeune femme qui se donnait en spectacle avait l’air d’être appréciée, ce genre de traîne-savates avait toujours de bonnes informations sur les rats de sa propre espèce. Doucement, elle s’avança dans les couloirs sous les regards éperdus de certains mange-merdes qui devaient se noyer dans ses yeux. Dire qu’elle avait pris soin de laisser ses cheveux non-arrangés.

Approchant du comptoir, elle se munit alors d’un sourire serein tandis que son regard dériva sur la cloporte qui mendiait presque les applaudissements de ses confrères. De sa voix calme, elle appela.

- Vous avez l’air populaire.

Ses mains, cachées dans son manteau, se grattaient l’une et l’autre d’inconfort. Elle haïssait cet endroit et la gente qui le hantait. Elle avait hâte de trouver le voleur pour pouvoir retourner à ses comptes. Peut-être qu’elle n’était pas Cavalière, mais Maëv s’estimait plus que capable de neutraliser l’un de ses confrères. Elle reprit.

- Les gens comme vous doivent savoir des choses sur les alentours … vous avez des ragots intéressants à glaner ?

De sa longue manche, la vaironne déplia son index et son majeur qui tenaient entre eux une pièce d’or scintillante. La carotte était toujours la meilleure manière d’attirer l’âne, quoi que l’on en dise.

***

Vol à l'État mage F3lu

Maëv parle en #0033cc
Aiolia
Aiolia
21
23/02/2021

Feuille de personnage
Âge: 21 ans
Métier: Cuisinier
Couleur: 33ccff
CUISINIER
Vol à l'État mage EmptyJeu 4 Mar - 17:43
Après sa troisième choppe, Aiolia sentait qu’elle avait pleinement assimilé l’atmosphère de la taverne. Les clients y étaient particulièrement rustres et fort en gueule, ce qui n’était pas pour lui déplaire. Pas le genre de forbans dont elle aurait voulu sur un navire à première vue, mais de bons camarades de beuverie sans aucun doute.

Le rhum lui sembla soudainement plus amer. Sans doute parce qu’elle s’était mise à penser à la vie en mer. Elle connaissait déjà la suite, les souvenirs de ses aventures passées et de son ancien équipage allaient bientôt lui revenir en mémoire. Et potentiellement gâcher sa soirée. Aiolia s’apprêtait à entraver le cheminement de pensée indésirable à grand renfort de boisson, quand on l’interpela.

- Vous avez l’air populaire.

Une femme s’était installée au comptoir à côté d’elle. Elle souriait aimablement, mais la brume qui commençait à se lever sur l’esprit d’Aiolia n’était pas encore assez épaisse pour lui dissimuler l’inconfort apparent de l’étrangère. Elle n’était pas plus dans son élément qu’Aiolia l’aurait été à la table du roi.

- Les gens comme vous doivent savoir des choses sur les alentours… vous avez des ragots intéressants à glaner ?

Le ton restait affable, mais cette fois Aiolia reconnut sans peine l’intention qui se cachait derrière. Peut-être était-ce à cause de la pièce que l’étrangère agitait devant ses yeux comme une friandise pour cabot. Ou peut-être que la formulation de sa demande lui rappelait celle des clients les plus suffisants devant lesquels elle avait vu ses parents s’épuiser en courbette pendant son enfance.

- Désolée ma biche, mais je suis juste de passage moi. Et tu sais ce que je suis venue faire ici ? Je suis venue di-la-pi-der, ma bonne dame !

Aiolia secoua sa bourse encore étouffante sous le nez de son interlocutrice pour appuyer ses paroles. Puis, elle vida sa choppe et lança une piécette au tavernier pour en commander un autre. Après quoi, elle sourit à son tour à l’étrangère, avec une jovialité sincère, tandis qu’elle la jaugeait attentivement. Avec une excitation à peine masquée, Aiolia attendit de voir ce que la femme allait bien pouvoir lui répondre.
Maëv
Maëv
53
20/02/2021

Feuille de personnage
Âge: 29
Métier: Assistante trésorière en charge des caisses de l'Ordre
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CHERCHEUR
Vol à l'État mage EmptyLun 8 Mar - 3:51
"Ma biche" ... quelle autre appellation était-elle censée espérer en ces lieux que la politesse évite ? C'était déplorable, mais une justification raisonnable au dédain que Maëv accordait déjà aux sang-fades. Les manières font la personne, sans courtoisie élémentaire, comment peut-on se définir comme civilisé ? L'humanité ne se différencie des animaux qu'au travers de l'art de maquiller les intentions au baume de la subtilité. Même cette gamine au visage d'ange n'échappe pas à cette ingrate règle assujettie aux sauvages et aux incultes. C'était répugnant, si elle avait eu une pierre plus puissante, la comptable aurait certainement souhaité pouvoir immerger cette pièce jusqu'à en noyer chaque visiteur.

Cette "mission" venait de commencer et déjà elle commençait à lui taper sur les nerfs. Les chiffres étaient plus facile à gérer, ils sont moins volatiles que les êtres humains ... et bien moins insupportables. "Juste de passage" ... comme si ça allait aider. Aurait elle été moins froide, la vaironne aurait très lourdement soupiré face à cette insuffisance d'intérêt. "Dilapider", les bas de ce monde ignoraient la véritable valeur de l'argent, ils n'en voyaient pour seule utilité que celle de remplir leurs choppes et d'oublier à quel point ils vivent une existence de terreux inconsidérés et inconsidérables. Par ailleurs, Maëv reste insensible face à la "provocation" que certains verraient au travers de cette bourse agitée juste sous son museau. C'est une bourse bien remplie, certes, mais son argent à elle est rangé dans des coffrets. Rien d'impressionnant.

Et malgré ces pensées qui la traversent, pas une seule fois Maëv ne trahit la moindre animosité au travers de son ton. Elle rabaisse cependant la pièce, apparemment l'avidité n'est pas le défaut de cette gamine et s'il l'est, alors de toute évidence, il était rassasié. Son sourire de fiel s'affaissa en une mimique désabusée, mais toujours vertueuse de patience. Il en fallait beaucoup pour éprouver celle-ci.

- Dilapidez donc. En attendant, je cherche quelqu'un, blondin, dans le mètre soixante-dix, yeux clairs, barbe mal taillée et il transporte des pierres avec lui, ça vous dit quelque chose ?

Maëv s'était fiée au portrait-robot que lui avait transmis Méryle, avant qu'elle ne parte. Il était censée être exact, après tout, ce type avait travaillé pour l'Université, il n'était pas un fantôme. Surtout, il ne connaissait pas les services financiers de l'Ordre, car s'il pensait pouvoir s'échapper avec un magot pareil sans qu'une anomalie ne soit soulevée dans les bureaux transversaux.

... et maintenant l'assistante du service susnommé se retrouvait à enquêter sur l'un de ses anciens collègues en devant parler à une traîne-misère qui transpirait de tout sauf du prestige. La journée allait être longue, elle pouvait le sentir.

***

Vol à l'État mage F3lu

Maëv parle en #0033cc
Aiolia
Aiolia
21
23/02/2021

Feuille de personnage
Âge: 21 ans
Métier: Cuisinier
Couleur: 33ccff
CUISINIER
Vol à l'État mage EmptyJeu 11 Mar - 6:21
Aiolia était déçue. Visiblement sa commensale tenait à conserver sa politesse de façade. Ce qui, dans le lieu et le contexte où elles se trouvaient, constituait une offense outrageante. Aiolia fit mine de regarder autour d’elle, puis haussa les épaules avec une lenteur exagérée.

- Bon ben il est pas là. En même temps pourquoi un type voudrait se cacher quand il a la chance d’intéresser une femme aussi… aimable que toi ?

Elle ponctua son sarcasme d’un sourire goguenard. Le tavernier déposa deux nouvelles choppes pleines devant Aiolia, qui en leva une et fit glisser l’autre jusqu’à l’étrangère. Elle sirota la sienne tout en observant la femme du coin de l’œil. Aiolia était curieuse de voir combien de temps cela lui prendrait pour faire tomber le masque de courtoisie qu’elle essayait de maintenir en place. En s’efforçant de rendre son sourire encore plus grimaçant, la pirate se pencha vers l’illustre inconnue.

- Allez ma grande, tu finiras par l’oublier ton blondi. Y a d’autres poissons dans l’océan, par contre, y a qu’une seule Aiolia qui ait jamais navigué sur toutes les mers d’Alasya ! Profite tant que tu l’as sous la main !

Et sur ces belles paroles, Aiolia leva sa main gauche et l’abattit dans le dos de l’étrangère. Avec ça, elle espérait bien obtenir au moins un hoquet effarouché.
Maëv
Maëv
53
20/02/2021

Feuille de personnage
Âge: 29
Métier: Assistante trésorière en charge des caisses de l'Ordre
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Vol à l'État mage EmptyDim 25 Avr - 15:11
La fausse analyse de son interlocutrice ne manqua pas d'insérer une flèche de plus au carquois de mépris que Maëv vouait à ces basses gens. Pas d'efforts, pas d'envie d'aider, pas même la simple courtoisie de s'intéresser aux raisons de telle recherche. L'évitement était une forme de négociation en soi, la notaire le savait bien. La stratégie de tourner l'épaule en espérant qu'on la saisisse ... ne pas y répondre est malheureusement promesse de non-contrat. Lorsque le dos se tourne, il faut le poignarder à chaud, tant qu'il est encore bien inattentif. Cette femme ne sait rien d'elle, après tout.

La comptable demeurait impassible aux piques de l'inconnue. L'amabilité n'était pas une vertu qu'elle souhaitait se revendiquer, à quoi donc sert la courtoisie lorsque l'intérêt prime ? Une fois encore, cette idiote ne devait pas s'en rendre compte. Pensée pertinente, car quand bien même fut-ce de l'humour, celle-là s'imagina que c'était par appel du coeur qu'elle s'était mise à la recherche de cet ahuri. Il faut l'être à un sacré degré pour oser voler à l'Université, dans un sens, certains mages sont pires que des miliciens ... ou peut-être sont ils simplement plus efficaces, qui sait ? Parfois, les affaires, plus que des enquêtes, sont, eh bien, des affaires. Il est essentiel de traiter les affaires avec le plus grand sérieux, et l'océan aura beau déborder de poisson, s'il fallait tous les noyer pour retrouver le bon, alors Maëv ne rechignerait pas à l'effort.

La tape dans son dos lui arracha bel et bien un léger soupir agacé accompagné d'une moue malvenue. Secouant ses épaules comme pour enlever la trace qu'aurait laissé tel geste, la mage se redressa sur son tabouret. Se retournant pour faire complètement face à l'insolente sang-fade qui se permettait pareilles libertés, elle arbora un regard bien plus las, bien plus droit, bien plus sec. Plus aucun sourire, on ne baratine pas une baratineuse mais il y avait d'autres manières de procéder.

- Je suis certaine qu'il y a plein de ... poissons dans votre petit océan, Aiolia. Mais voyez-vous, le menu fretin ne m'intéresse pas, je me contrefous des vanités dans lesquelles vous pensez me reconnaître. Vous n'avez pas l'air de pouvoir lire entre les lignes, alors laissez-moi prendre votre conseil et profiter de vous comme se doit.

Sous son grand sourire de faussaire, elle tira la corde du collier qui lui enserrait le cou, révélant l'éclat de la pierre qu'elle gardait cachée sous son habit. Elle ne le fit que durant quelques secondes, le temps que son interlocutrice fasse travailler son imagination et que dans le flot d'insanités qu'elle en attendait ne sorte, peut-être par chance, le lien logique fait entre ce bijou et l'université. Maëv ne la pensait vraiment pas capable de telle prouesse, alors sous une tonalité plus sérieuse encore et le ton bas, elle se permit de préciser.

- Je missionne au nom de l'Université de Yule. Merde à la confidentialité. Nous recherchons un homme coupable d'un crime que je ne vous communiquerai pas. Votre aide est dès maintenant officiellement sollicitée par l'autorité indirecte de l'état. Acceptez et vous serez récompensée, refusez et vous serez considérée comme une complice.

Pas de modalités financières signifiaient pas de limite aux promesses capables d'être faites. Heureusement pour l'université, Maëv savait garder la tête froide lorsqu'il s'agissait de sommes d'argent, c'était son métier, après tout.

***

Vol à l'État mage F3lu

Maëv parle en #0033cc
Aiolia
Aiolia
21
23/02/2021

Feuille de personnage
Âge: 21 ans
Métier: Cuisinier
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CUISINIER
Vol à l'État mage EmptyMer 28 Avr - 17:08
Aiolia ne fut qu’à moitié surprise en découvrant la véritable identité de la bourgeoise. Et encore, c’était surtout dû à la quantité d’alcool qu’elle venait d’ingérer. Son attitude complètement étrangère à ce monde dans lequel elle tentait de s’immiscer laissait présager un dessein secret, et suffisamment important pour qu’une personne de son rang se déplace jusque dans un tel taudis. Ça ou un très mauvais instinct de survie, le même qui lui laissait croire qu’elle pouvait plier Aiolia à son autorité.

La jeune femme leva sa chope et en but le contenu à petites gorgées en gardant son regard fixé sur l’étrangère. Les magiciens l’impressionnaient fortement dans son enfance, mais après en avoir côtoyé, elle s’était aperçue que leurs pouvoirs ne représentaient rien de plus qu’un don comme un autre, vaguement plus spectaculaire que son propre don pour la cuisine par exemple, et encore, il fallait voir comment certains n’en usaient qu’avec avarice. D’ailleurs, à en juger par le profil de l’universitaire en mission, Aiolia n’était même pas certaine qu’elle sache comment lui infliger de réelles blessures avec son caillou magique.

Si sa tentative d’acheter son assistance tantôt avait irrité Aiolia, sa déclaration impérieuse en cet instant lui évoquait un sentiment plus proche de la compassion. Au moins, elle n’usait pas de faux-semblants sournois et faussement machiavéliques. Et il y avait quelque chose de presque attendrissant à voir que cette grande dame se croyait en mesure d’exiger quoi que ce soit ici, si loin des grands couloirs à la propreté étincelante de sa petite université. Malgré tout, il n’était pas question qu’Aiolia lui apporte le moindre secours tant qu’elle s’obstinerait à utiliser ce même ton.

D’un geste exagérément brusque, la jeune femme reposa sa chope sur le comptoir.

- Dis-donc, ma belle, je vois bien que tu es plus naturelle en mégère hautaine que tu essaies d’être polie… Mais tu te rends bien compte que j’ai été menacée par des lascars qui avaient l’air nettement plus vilains que toi ?

Aiolia s’affala dans son tabouret, les bras étendus sur le comptoir, laissa un rictus goguenard déformer ses joues, et, avec le plus décontracté du monde, lança :

- T’as pas l’air très douée pour lancer les négociations, alors je vais m’en occuper à ta place. Pour l’instant je vois pas trop ce que j’ai à gagner dans ton histoire donc j’espère que tu sauras être créative. Qu’est-ce que tu m’offres pour que je ne crie pas, là, maintenant, devant tous ces braves gens, qu’il y a ici une envoyée de Yule qui pourchasse un criminel ? Je te préviens, j’ai du coffre.

Le rictus d'Aiolia était devenue un large sourire qui découvrait toutes ses dents. Elle était impatiente de voir de quelle trempe était l'universitaire.
Maëv
Maëv
53
20/02/2021

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Âge: 29
Métier: Assistante trésorière en charge des caisses de l'Ordre
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Vol à l'État mage EmptyDim 2 Mai - 16:32
De grands mouvements, de grands bruits pour essayer d'intimider, des réflexes de grand enfant en résumé. Comme quoi le travail de bureau est bel et bien plus intense que celui de terrain, c'était d'un ennui ... il ne s'agissait en rien d'intérêts ou de quoi que ce soit d'autre. La gamine qui siégeait fièrement en face d'elle avait tout simplement décidé de l'emmerder, ce qu'elle aurait dû comprendre bien plus tôt. Maëv se trouvait bien naïve d'avoir gaspillé autant de temps sur une personne sur la présomption que sa popularité ferait d'elle un bon recelât à rumeurs. Seulement voilà, elle avait oublié où elle se trouvait, dans quel contexte et à qui elle avait certainement à faire.

La grand risette que lui renvoyait la maligne qui devait s'y croire ne résonna en rien dans l'esprit de la mage. Elle lui adressait son expression blasée, inexpressive et fade, en résumé, cette conversation l'ennuyait profondément et plus de paroles s'échangeaient plus il était facile de comprendre que cette affaire n'irait nul part. La menace de dévoiler son identité ne fonctionne pas non plus, pour une raison bien simple, il n'y a pas lieu de paniquer. Il n'y a jamais lieu de paniquer, le stress est contre-productif. Pour cette raison, insultes, chantage et promesses n'atteignent Maëv d'aucune sorte, les émotions sont les ennemies de la raison et par conséquent il faut savoir les ignorer. Alors, passé cela, que reste-t-il ?

Projetant son regard vers sa droite, la magicienne ferme alors ses paupières, dépitée. Tout pourrait aller si simplement, mais la plèbe a juste trop tendance à vouloir se trouver astucieuse. Il manque de l'humilité à ce monde.

- Laissez-moi récapituler, vous négociez la récompense que vous offre l'une des plus prestigieuses institutions de cet état lors d'une affaire criminelle dont votre aide est normalement censée être acquise.

Un rire hautain tordit ses lèvres d'une mine suffisante, comme si elle venait d'entendre la plus belle sornette qu'on ait pu lui offrir.

- Un citoyen bien intentionné aurait dévoilé tout ce qu'il sait, à la seconde où il aurait appris de qui je réponds. Cela me dit deux choses sur vous, la première, c'est que vous n'êtes aucunement une citoyenne modèle, la deuxième, c'est que vous ne connaissez rien de l'ampleur des conséquences de votre refus. Soit vous êtes assez stupide pour vous borner sans aucun motif valable, soit vous couvrez quelqu'un.

Et dans ce cas-là, eh bien, logiquement, cette enfant sera recherchée au travers de Sofia pour le bien de l'enquête. Si Maëv ne l'emmenait pas maintenant, elle saurait pertinemment qu'elle lui reviendrait plus tard.

- Mais certainement vous ne seriez pas assez idiote pour penser m'intimider en disant que Yule m'envoie ? Plus que toute autre chose vous feriez se calmer tout le monde, ici. Nos responsables savent où je suis. Vous ne voudriez pas ruiner l'ambiance, hm ?

Bluff ou vérité, même l'assistante ne savait plus, elle récitait limpidement avec une précision ineffable un texte qu'elle aurait comme appris. C'était l'impression de linéarité que renvoyait l'indifférence de son air, comme une actrice qui jouerait très mal, seulement, c'était bel et bien son éclat naturel. Elle força même un sourire, montrant à son tour la blancheur de ses dents avant de retourner à sa lassitude substantielle. Se levant, tout en réarrangeant sa robe et sans daigner même laisser le temps à Aiolia de rétorquer, elle conclut.

- Vous êtes inutile, une perte de temps et une possible suspecte. Votre nom sera inscrit dans les registres. Adieu.

Et elle prit congé, indifférente aux possibles répliques que l'on aurait à lui faire. Cette taverne avait été une fausse piste, il faudrait continuer ailleurs. Merde, Maëv était professeure et comptable, pas cavalière ... quelle farce sans nom que de devoir s'occuper d'interroger les sang-fades. S'ils n'étaient pas là ce serait tout de même plus facile.


***

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Aiolia
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23/02/2021

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Vol à l'État mage EmptyMer 5 Mai - 6:03
Après avoir achevé sa litanie empreinte d’une suffisance bigote, l’universitaire s’empressa de se lever de son siège et de tourner les talons. Aiolia était déçue. Même pour une envoyée d’Yule, celle-ci s’était montrée si désespérément protocolaire et hermétique à toute discussion. Même ses menaces étaient fades, Aiolia espérait bien que l’université n’avait pas attendu qu’elle asticote une de leurs tâcheronnes pour s’intéresser à elle. Elle lança tout de même à la mage qui s’éloignait :

- Je peux finir ton verre du coup ?

Sans s’attendre à une réponse, Aiolia s’empara dudit verre et engloutit son contenu d’une traite, bien décidée à ne pas laisser la bigote lui gâcher sa soirée. Depuis le comptoir, elle balaya la taverne du regard, en cherchant un groupe de fêtards auquel elle pourrait se joindre. Toutes les tables débordaient d’agitation joviale, sauf une, dans un coin de l’établissement, dont les occupants restaient assis et statiques.

Aiolia plissa les yeux. À l’extrémité de la table, légèrement isolé du reste du groupe, se tenait un homme blond, barbu et visiblement mal à l’aise. Se rappelant la description de la femme, Aiolia concentra son attention sur lui. Certes, les hommes blonds et barbus étaient probablement nombreux au sein de la capitale, mais celui-ci dégageait la même impression de se trouver dans un monde auquel il n’appartenait pas et de n’avoir aucune idée de comment s’y tenir. En plus d’avoir l’air particulièrement nerveux, ce qui pouvait se comprendre à la vue de ses comparses.

Tous portaient des vêtements noirs et gardaient leurs visages dans l’obscurité, révélant furtivement de temps à autre quelques signes distinctifs comme un tatouage ou une cicatrice. Ils semblaient examiner le contenu d’un sac, posé sur la table, et jetaient occasionnellement des regards inquiétants au barbu, qui se raidissait instantanément. Finalement, l’un des hommes souleva le sac, et ses deux voisins se levèrent pour s’approcher du barbu, le dissimulant ainsi à la vue d’Aiolia, et probablement de tous les autres occupants de la taverne par la même occasion. Quand ils se déplacèrent à nouveau et s’éloignèrent en compagnie du reste de la bande, le barbu était avachi sur la table, inerte.

Aiolia réfléchit, puis décida de quitter la taverne à son tour. Elle suivit les hommes en noir pendant quelques instants, prenant soin de ne pas se faire voir dans les rues désertes à cette heure, puis les quitta lorsqu’ils pénétrèrent dans une ruelle étroite qu’elle ne connaissait pas. Aiolia sourit, une nouvelle perspective d’amusement ayant germé dans son esprit, et repartit en direction de la taverne.

Ce qu’il y avait de bien avec les universitaires, c’était qu’ils ne couraient pas très vite.
Maëv
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20/02/2021

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Vol à l'État mage EmptyJeu 13 Mai - 20:47
Lorsque Maëv referma la porte, elle le fit armée d'un regard assombri d'une extrême lassitude. Dire que ce n'était que sa première interaction avec le commun des mortels pour cette mission ... il allait y en avoir d'autres, certainement, c'était même assurément le cas. Tout ce qu'elle pouvait espérer c'était que les suivants allaient être plus coopératifs que cette enfant qui n'avait pour seul honneur que celui de s'amuser par tous les moyens possibles. Elle ne valait pas la peine que l'on écrive un rapport sur elle, il était manifeste qu'elle ne savait rien et que sa seule motivation à continuer à lui parler résidait dans la possibilité de se moquer d'elle. Quelques personnes n'existent qu'au travers du mépris qu'on leur adresse et de la pénibilité de leurs propos. Quelle tristesse est-ce là de ne survivre qu'au travers de la haine et de la colère ? Le calme est un linceul bien plus solide.

Maëv quitta les lieux, avec en tête le rapport qu'elle allait devoir faire à sa supérieure et elle hésitait toujours sur l'utilité de mentionner cette jeune fille. Etrangement, elle ne lui vouait pas plus de haine que le reste des "sang-fades", son caractère n'était pas là où elle faisait l'impasse, mais plutôt le temps qu'elle lui a fait perdre. Cela n'aurait rien de personnel, mais la mage allait bel et bien passer mot à Béryle de l'intervention de cette sotte. Elle imaginait bien que la réaction de sa supérieur serait bien plus "radicale" que la sienne, en même temps, l'universitaire ne comptait pas faire serpenter sa magie en un lieu où elle serait trop remarquée. Cette taverne, bien qu'elle ait promis de l'avancement, n'était finalement qu'un trompe l'oeil.

Marchant tranquillement sur le sentier qui remontait vers le Nord, Maëv prenait tout le temps du monde pour revenir. Peut-être inconsciemment espérait-elle que ses avertissements appellent son interlocutrice à la raison, qu'elle réalise que de voir son nom apparaître dans les registres de l'Ordre n'était clairement pas une bonne chose. Le véritable ennui était qu'elle avait manifesté une première fois son désintérêt pour l'ordre et la loi et ça, la comptable ne l'oublierait pas.

Lorsque des bruits de pas pressés troublèrent le silence de l'orée, un frisson silencieux coula le long de l'échine de la mage dont les yeux s'animèrent d'une fine nuance bleutée. On ne pouvait jamais être trop prudent, et un sortilège qui n'est pas préparé est un sortilège destiné à échouer. Déjà, dans son dos pouvait-elle sentir ses serpents liquides qui glissaient contre sa peau, prêts à sortir de son vêtement au cas où cette Aiolia qui revenait le faisait avec des intentions déplacées. Avec son ton souverainement indifférent, Maëv ordonna avec pourtant une nuance de menace ;

- C'est assez près ! Son sourcil droit se leva tandis que ses bras se croisèrent. Est-ce une autre perte de temps que de vous demander pourquoi vous me poursuivez ou comptez-vous me répondre, cette fois ?

La moindre lame, le moindre geste déplacé et ses serpents se mettraient à siffler.

***

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23/02/2021

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Vol à l'État mage EmptyJeu 27 Mai - 14:10
La mage ne fut pas difficile à retrouver, marchant seule dans la nuit. Elle semblait d’ailleurs particulièrement nerveuse, aussi Aiolia s’arrêta-t-elle à une distance respectable en lui adressant un geste d’apaisement, sans se défaire pour autant de son sourire narquois.

- Eh là, on se calme, Madame Je-fais-pleuvoir-la-mort-et-la-désolation-du-bout-de-mon-caillou ! Je pense que tu t’en voudrais de me faire exploser, sachant ce que j’ai à t’apprendre cette fois.

Aiolia savoura son petit effet et chercha la meilleure façon de présenter les choses. Elle n’avait rien à gagner en se mêlant de cette histoire, aucune récompense à la clé. Mais Aiolia était une femme de principe, et il était hors de question de laisser cette pauvre fille s’enfermer dans ses protocoles académiques sans lui donner l’occasion de montrer ce qu’elle valait dans une situation imprévue.

- Je te la fais courte, ton gars s’est fait égorger avant que tu ne le retrouves. Et je sais pas ce qu’il trimballait sur lui, mais ses assassins l’ont embarqué avec eux. J’ai tout vu, figure-toi. Ils sont nombreux, ils sont méchants, et qui sait où ils auront filé d’ici demain. Qu’est-ce que tu comptes faire ?
Maëv
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20/02/2021

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Vol à l'État mage EmptyLun 31 Mai - 17:14
Mort et désolation ? Avec de l'eau ? Sûrement pas ... enfin, tout est possible pour qui s'évertue à réussir. Maëv était une fille prudente, elle ne prenait pas la chance que quiconque ne la surprenne et ce d'aucune  manière. Quand bien même il ne fallait voir animosité dans sa posture, il s'agissait néanmoins bel et bien d'un avertissement. Les liasses d'eau cachées sous son manteau s'évaporèrent, coulant de sa manche. Elle n'avait pas l'air d'avoir envie de lui dessiner une balafre sous le menton, alors sa garde s'abaissa quelque peu. Si l'information qu'elle détenait était vraiment si importante, il fallait au moins l'entendre. Bien que ce soit presque miraculeux que la mémoire lui revienne soudain, raison pour laquelle la mage gardait ses doigts serrés contre la paume où résidait sa pierre.

Sans l'interrompre et toujours avec son regard serré, elle écouta attentivement la suite de ses paroles. Chose rare chez la vaironne, le blanc de ses yeux devint manifeste lorsque ses paupières s'écartèrent d'étonnement. Egorgé ? Voilà une première dans sa carrière de magicienne. Il n'y avait rien de conventionnel à cette situation dès qu'elle fut commanditée, mais la tournure avait pris une nuance de "trop dangereux pour être géré seule". Le stress n'était pas vraiment un principe applicable à la mage, son principe de stoïcité parfois hypocrite reprenait toujours le dessus.

Mais là ... elle ne savait pas vraiment que faire. Lorsque la question lui fut posée, elle fit dévier son regard sur sa gauche, elle fronça des sourcils comme pour déclamer un "pourquoi ?" muet. De toute évidence, il y avait un intérêt au-delà de la cupidité, un intérêt mené par un tiers concerné. Après ces quelques secondes de réflexion, elle rebascula son seul oeil visible sur sa contrepartie.

- Je ne sais pas si je dois être impressionnée ou méfiante de votre capacité à trouver des informations si vite. Mais si vous dites la vérité, je serais idiote de ne pas vous suivre. Emmenez-y moi, je ne peux prévenir mes supérieurs sans avoir vu le cadavre.

***

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