“Beware the nation in which one man rules, for it is a nation of slaves.”  B9rmV6G
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“Beware the nation in which one man rules, for it is a nation of slaves.”

Cadmus
Cadmus
140
01/02/2020

Feuille de personnage
Âge: 28 ans
Métier: Capitaine de la garde royale
Couleur: #3A447C
GARDE ROYAL
“Beware the nation in which one man rules, for it is a nation of slaves.”  EmptyMer 1 Avr - 12:56

“Beware the nation in which one man rules, for it is a nation of slaves.”  2v7v

Some animals would be offended if they were treated like some people.


Il était tard dans la nuit lorsque Kursen était venu quémander son aide. Cadmus l'aurait renvoyé balader en temps normal mais il avait remarqué avec surprise et inquiétude que son second était bouleversé, presque au bord des larmes. Il s'était doucement levé de son bureau, avait abandonné son travail et silencieusement, il s'était approché du lieutenant pour lui poser une main sur l'épaule, réconfortante.

« Kursen, calme-toi » La respiration sifflante de son interlocuteur n'aidait pas. Il essayait de balbutier quelque mots sans succès et ce n'est qu'après quelque longues minutes qu'il réussit à parler de façon cohérente et intelligible.

« J'étais de garde...Le prince Ageric, il...En visite. Il y avait cette petite esclave, Brunhilda, il l'a emmenée de force...Je...J'ai rien pu faire...Cadmus, je crois qu'il l'a... »

Ageric Kanakaris, hein...Il ne gardait pas de bon souvenirs de cet homme. Voilà quelque temps que le prince Elios avait disparut et il se comportait déjà comme l'héritier de la couronne, voilà qu'il se croyait tout permis. Cette répugnante royauté...

Le pendentif de corbeau lui brûlait à nouveau la poitrine. La haine d'Ana finissait par ne faire qu'une avec la sienne. Mais il étouffait ce sentiment destructeur et tentait de ramener à la raison son second au bord de l'effondrement psychologique. En le regardant, il se revoyait, jeune capitaine, anéanti par son impuissance face à la perversion des nobles, il ne pouvait en préserver les autres comme il ne pouvait s'en préserver lui-même. Il grinça des dents. Peut-être que cette haine, c'était bien la sienne. Peut-être qu'Athanasia n'avait rien à voir avec ça.

Il n'est pas question qu'il subisse ce que j'ai subi...

« Kursen, écoute-moi. Nous allons voir ce qu'il en est. Si elle est encore vivante, je m'occuperais seul de... »

Il s’interrompit, surprit par la détermination qui se lisait à présent dans les yeux du brun.

« Non, je veux...Je veux aider. » Sa voix, pourtant tremblante et faible, portait une conviction étonnante que Cadmus avait rarement vu chez le lieutenant. Il acquiesça en silence. Et ils se dirigèrent tout deux vers la chambre que le prince avait à sa disposition. Quand il frappa à la porte, il fut surpris de la rapidité avec laquelle le prince Ageric répondit en ouvrant cette dernière. Il avait visiblement finit ses affaires et attendait justement que quelqu'un vienne se débarrasser de l'encombrante esclave qui occupait son lit.

« Votre altesse, mon second m'a prévenu que vous aviez quelques...désagréments ? »

L'autre haussa les épaules.

« Qu'est-ce que le Capitaine...Bah, peut importe, débarrassez-vous d'elle... » Il montra du doigt le corps inerte qui reposait sur son lit. Un simple coup d’œil suffisait au capitaine pour conclure que son bras était fracturé. Elle avait du se débattre, se défendre, il lui avait saisi le bras et fait craquer comme une allumette. Cela avait du être facile, étant donné que cette dernière ressemblait à une brindille avec la peau sur les os. Il sentit Kursen trembler de rage derrière lui et se retourna pour lui jeter un coup d’œil inquisiteur.

Toi, tu ne fais rien, c'est moi qui parles.

« A vos ordres, votre altesse... »

***

Ils étaient partis, tout deux encapuchonnés, à moitié masqués, Cadmus tenant l'esclave enroulée dans une couverture de sorte que son visage également soit dissimulé. Elle respirait encore, ça oui, c'était un miracle au vue des traces d'étranglement qui parcourait son cou. Il priait Ilios en murmure que l'âme de la jeune fille ne quitte pas son corps en cours de route. Il connaissait parfaitement l'endroit où ils allaient, une auberge. Pas une des plus connues, presque dissimulé dans des rues exiguës, mais la discrétion semblait être au goût de la vielle doctoresse. Leur entrée se fit remarquer en effet, mais personne ne reconnut une quelconque appartenance à la garde royale en observant ces deux individus. Des mercenaires peut-être ? Des bandits ? Ils avaient une apparence peu recommandable, personne ne posa de question. Et ce fut mieux ainsi.

Cadmus frappa doucement à la porte de la chambre 4. Il s'y était rendu plusieurs fois, il connaissait le chemin par cœur maintenant. Une voix ensommeillée et agacée se fit entendre. Quelque temps plus tard, la porte s'ouvrit lentement.

« Cad... »

Il l’interrompit avant qu'elle n'ait eut le temps de prononcé son nom en entier.

« Kara c'est urgent, laissez-nous entrer... »

Elle s’exécuta sans rien dire. En effet, si Cadmus s'adressait au docteure Hegetoria par son prénom, c'est que quelque chose allait vraiment mal. Elle prit cependant le temps d'observer Kursen avec une curiosité inquiète. Puis elle se calma, ayant reconnu l'homme. De son coté, Cadmus déposa doucement la jeune Brunhilda sur le lit de la doctoresse, sans même lui demander son avis. Elle ne lui en tint pas rigueur et s'approcha doucement du corps de la jeune fille après avoir prit soin de verrouiller la porte.

« Au yeux des autorités de Tharros, elle est morte... » Cadmus se retourna vers Hegetoria, un air presque suppliant dans le regard. « Sans vos soins, elle le sera vraiment. Je vous en supplie, sauvez-la ! »

La doctoresse se mit doucement au travail, examinant, fouillant dans son bric-à-brac de médecin, sortant quelques pierres, destinées sans doute à recoller ce qui doit l'être. Cadmus ne pu s'empêcher une grimace. Sans se retourner, la doctoresse demanda à voix basse.

« Vous êtes sur de pouvoir lui faire confiance ? »

Elle parlait de Kursen, évidemment.

« C'est lui qui est venu me chercher. J'ai confiance en lui. »

Réponse clair et net. Il connaissait son lieutenant depuis cinq ans à présent, il ne l'avait pas déçu une seule fois, même dans les pire moments. Et sa naissance semi-Dexienne sembler lui conférer une sorte de haine envers l'esclavage. Une chose que tout deux partageait, et c'était suffisant pour lui faire confiance au regard du capitaine.

« Et l'organisation, elle... » Commença Hegetoria.

« J'ai fais appel à eux, n'ayez crainte, leur émissaire devrait bientôt arriver... »

Il se retourna vers son lieutenant, assis sur une chaise, le regard vide, la mine sombre. Il lui posa une main vigoureuse sur l'épaule pour le sortir de cet état pitoyable.

« Kursen, tu as insisté pour venir, soit. Mais ce qui va se passer ici doit rester entre toi et moi. La vie de cette esclave en dépend. Sa vie, la mienne, la tienne et celle de centaines d'autre personnes, tu comprends ? »


Silence, le lieutenant releva les yeux vers son supérieur. Une larme coulait doucement le long de sa joue.

« Je vous fais la promesse de ne rien dire à personne... » Son ton était solennel mais encore bouleversé par les circonstances. Il avait du être proche de la petite Brunhilda pour que son état le préoccupe autant. Le lieutenant avait le don d'être amical et souriant avec tous, il avait du se faire une bonne amie. Triste sort pour cette gamine cependant. Et il n'avait rien pu faire. Cadmus ne pouvait que le comprendre.

« Cependant, je ne suis pas sure qu'elle apprécie ta présence...Si c'est bien celle à qui je pense... »

Hegetoria n'était pas un problème, elle était même membre de l'organisation pour dire. Mais Kursen, c'était son premier contact avec Sororitas. Autant prier Ilios que tout se passe pour le mieux.


***

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Sororitas
Sororitas
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08/03/2020

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“Beware the nation in which one man rules, for it is a nation of slaves.”  EmptyLun 27 Avr - 9:35
Beware the nation in which one man rules, for it is a nation of slaves
ft. Cadmus

Tharros, cette nation où la noblesse primait, où les roturiers croulaient sous le talon de ceux d’une naissance plus aisée, où les plus sombres excès étaient monnaie courante. Un peuple à l’histoire guerrière qui les rendaient fiers, et où la majorité de la jeunesse aspirait à rejoindre l’armée. Souci de gloire, de se faire un nom ou simplement d’espérer s’élever de leur condition, probablement. Beaucoup d’âmes en peine résidaient à Tharros, du fait de ces inégalités flagrantes. De plus, avec la disparition récente du prince Elios, l’intégralité de la nation était sur les nerfs. La milice remuait ciel et terre pour le retrouver, et laissait un grand désordre derrière elle. C’est pour cela que j’avais changé mes plans pour Sororitas, et m’était réassignée ici. Je voulais observer par moi-même la suite des événements, et surtout, récupérer les âmes brisées qu’une telle tornade chaotique emportaient. Malheureusement, elles étaient bien trop nombreuses pour pouvoir toutes les récupérer.


Bien que notre nom soit un murmure persistant dans chacune des nations, nous n’étions que peu nombreux au sein même de Sororitas. Un plus petit nombre signifiait une plus grande discrétion. Nous comptions seulement sur des collaborateurs digne de confiance pour obtenir la majorité de nos informations et dans certains cas, une partie de notre financement. Nous devions donc faire des choix, selon notre propre jugement et justice personnelle. J’étais justement à la recherche de quatre esclaves, une laissée pour morte, et les trois autres « engagées » par des nobles dont nous connaissions déjà la mauvaise réputation qu’ils entretenaient. Si j’avais pu en sauver une et l’envoyer dans notre sanctuaire, le reste de mon travail allait s’avérer … difficile. Ce soir-là, je guettais comme d’habitude les lieux de vente d’esclaves de la capitale, laissant traîner mes oreilles en toute discrétion, tentant de savoir où est-ce que mes recherches devaient se poursuivre. Mais mes plans furent chamboulés lorsque j’entendis quelqu’un prononcer des mots familiers. Quelqu’un dont le visage ne m’était pas inconnu. Notre échange fut bref. Un nom, un lieu. Rien d’autre ne comptait. Je savais donc où me diriger, à présent.


Une auberge simple, située dans un lieu quelconque, où se trouvait justement une de nos partenaires, Dame Hegetoria, médecin. Mes pas m’y ont conduite rapidement. Capuche sur la tête, j’entrais dans l’établissement, avant de me diriger directement vers les chambres. Le nom que l’ont m’avait soufflé plus tôt serait ma clé. Il en a toujours été ainsi. Je me plantais devant la chambre frappée du chiffre quatre, avant de m’adosser au mur, près de la poignée.


« Brunhilda. »


On m’ouvrit, et j’entrais en silence, avant de refermer moi-même la porte à clé, la tête basse pour que l’on évite de voir mon visage. Il y avait trop de personnes à mon goût au même endroit. Si deux des trois têtes m’étaient familières, la dernière me posait problème.


« Il sort. Qu’il attende en bas. »


Je pointais du doigt le seconde homme, celui que je ne connaissais pas. Mes deux autres contacts le savaient, c’était non négociable. Je risquais plus que l’emprisonnement à chacun de mes sauvetages. Moins de monde était au courant, mieux je me portais. Je m’approchais de la jeune femme allongée sur le lit, observant les marques visibles sur son corps. Strangulation, un bras brisé. Son maître y était allé fort. C’était d’ailleurs probablement un miracle qu’elle soit en vie. Et c’est justement pour cela que j’avais décidé de réviser légèrement mes plans, et de l’aider. Depuis que j’exerce cette double activité, j’avais appris à ne plus croire aux miracles. A mes yeux, c’était un signe que ces rescapés méritaient de vivre dans un havre de paix. Un sanctuaire où ils pouvaient repartir de zéro, morts aux yeux du monde, mais pas aux Nôtres. Leur seule contrepartie était de faire perdurer Sororitas, en vivant, tout simplement. Je me retournais vers Dame Hegetoria.


« Quel est son pronostic vital ? »


Je me retournais vers l’autre figure connue de cette pièce.


« Puis-je avoir un résumé de la situation ? Aussi, qui était l’homme qui vous accompagnait ? Bien qu’il avait l’air particulièrement affligé, la règle, c’est la règle. »


Je jetais à nouveau un œil à la frêle silhouette étendue. Il me fallait un maximum d’informations sur son historique, qui était son maître, et évaluer les dangers possibles qui nous guettaient hors de cette auberge. Cela m’aiderait à tracer un plan de route efficace et rapide pour expatrier l’âme en peine.

Cadmus
Cadmus
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01/02/2020

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“Beware the nation in which one man rules, for it is a nation of slaves.”  EmptyMer 29 Avr - 13:53

“Beware the nation in which one man rules, for it is a nation of slaves.”  2v7v

Do you want me to kill him? Because I can...


« Brunhilda. »

Un simple murmure. Cadmus se tourna vers la doctoresse qui hocha la tête en silence. Il ouvrit la porte et poussa un soupire muet. C'était bien elle, ça n'allait pas être drôle. Surtout pour justifier la présence de Kursen dans la pièce et lui expliquer qu'à l'avenir, elle devrait sans doute traiter avec lui car Cadmus n'était pas l'homme le plus discret de tout Tharros et que la situation avait dégénéré avec la disparition du prince Elios.

« Il sort. Qu’il attende en bas. »

Le blond se tourna vers son lieutenant et hocha la tête.

« Ne t'en fais pas. » Murmura-t-il doucement. « Elle est entre de bonnes mains maintenant. »

Sans prêter plus d'attention à Kursen qui sortait ou à la femme qui s'approchait du lit, le capitaine alla tranquillement s'asseoir sur la chaise laissée libre par le lieutenant, observant la scène en silence. La doctoresse Hegetoria était concentrée, il se souvenait avoir vu son visage crispé ainsi alors qu'il n'était qu'un gamin et que son bras était aussi déformé que celui de l'esclave qu'elle avait à présent sous les yeux. La situation était sérieuse, il priait discrètement Ilios pour que cette Brunhilda s'en sorte. Et qu'il n'ait menti à Kursen sans le vouloir.

« Quel est son pronostic vital ? »  

Pas de réponse, la vielle femme ne semblait même pas avoir entendu la question.

« Kara ? »

Elle sortit de sa concentration, observant tour à tour l'envoyée de Sororitas et le capitaine avant d'émettre une grimace. Mauvais signe.

« Pour le bras, ça passe. En revanche, la gorge m'inquiète, si elle s'en sort, elle sera aphone. Il n'y pas plus rien à tirer des cordes vocales. »

Le blond baissa le regard. Mauvais souvenir, ce ton de voix, cette impuissance triste dans ce regard âgé. Il l'avait déjà vu. Quand elle avait échoué à rendre la vue à son œil laiteux, elle s'était lamenté longtemps. Elle s'en voulait encore. Sans doute était-ce pour ça qu'elle permettait beaucoup de choses au capitaine. Comme ce séjour indésiré à Tharros.

« Puis-je avoir un résumé de la situation ? Aussi, qui était l’homme qui vous accompagnait ? Bien qu’il avait l’air particulièrement affligé, la règle, c’est la règle. »

Sans quitter sa chaise, Cadmus lui lança un regard des plus blasés. Les règles, les règles, si il les avaient suivi, les règles, l'esclave serait sans doute laissée à l'abandon dans un caniveau ou dans un faussé et elle serait morte dans l'indifférence la plus totale.

« Pour être honnête avec vous, ma chère, tout ce que je sais de cette jeune femme, c'est son nom et son appartenance au rang des esclaves royaux. Après, à vous dire son historique complet. L'individu indésirable que vous venez de chasser saurait vous en dire plus. »

Nonchalant, comme d'habitude dans ses paroles, son visage trahissait pourtant son air grave. Aussi, quand il s'aperçut qu'il y avait sur la table sur laquelle il s'était accoudé un verre et une flasque de liqueur, il n'hésita pas à s'alcooliser un peu pour se calmer les nerfs.

« Je suis désolé pour cet intrus mais sachez qu'il devient pour moi de plus en plus difficile de gérer ces sauvetages. A l'avenir, sans doute sera-t-il celui avec qui vous aller devoir traiter. J'ai toute confiance en lui. »

Il lui lança un regard amer et ajouta avec une ironie sombre.

« Mais si cela ne vous convient pas, je peux m’arranger pour le mettre à mort. »


***

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Sororitas
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“Beware the nation in which one man rules, for it is a nation of slaves.”  EmptySam 9 Mai - 14:06
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ft. Cadmus

Mon exigence fut respectée. L’inconnue de l’équation étant à présent retirée, je pouvais commencer la procédure de travail habituelle. Tout d’abord, je devais obtenir un rapport précis de la santé de la future réfugiée, afin de savoir si elle était aisément transportable ou non. Puis, il me fallait connaître le contexte de sa situation, principalement qui était son ancien maître. Cela nous permettrait de savoir qui et quels endroits éviter pour maximiser les chances de réussite de notre fuite vers Sofia. Enfin, il y aurait l’établissement d’un itinéraire échappatoire, que l’on pourrait aviser sur le moment une fois ces deux premières informations connues. J’attendais donc l’avis de notre chère médecin, visiblement connaissance commune avec le grand blond. Sa mine grave me fit froncer les sourcils, prête à m’attendre au pire. Blessure au bras, et probable aphonie définitive. Si, aussi horrible que cela puisse paraître, la seconde option ne m’inquiétait pour rien au monde, c’était surtout la première qui allait légèrement compliquer les choses.


«Je vois. Merci pour  ces explications. »


Je m’étais donc retournée vers mon contact, souhaitant m’enquérir du contexte autour de l’agression de la jeune Brunhilda. Sa nonchalance était légèrement agaçante, mais j’avais fini par en prendre l’habitude. Il aidait des esclaves à s’enfuir, je pouvais bien supporter ce trait de caractère au nom de ses nobles actions. Il m’indiqua n’avoir aucune connaissance des circonstances entourant l’agression de la pauvre petite, et que la seule personne visiblement au courant était celle que je venais de faire sortir. Superbe. Un étranger se retrouvait mêlé à mes affaires. J’avais horreur des imprévus comme ceux-ci. Roulant des yeux au plafond, je réfléchissais déjà à qui j’allais bien pouvoir confier sa surveillance temporaire, tout en écoutant le reste de ce que le blond avait à me dire. Un ton doublé d’une attitude bien plus sérieux, cette fois. Je haussais un sourcil à cette révélation. Alors comme ça, des circonstances spéciales faisaient que ses mains se liaient, hein ? Je savais qu’il me donnait un faux nom, et je savais également qu’il était proche de la noblesse. Je n’avais rien contre cette précaution de sa part, puisque j’utilisais la même. En revanche, sa réelle identité m’intriguait en cet instant. La situation générale était plutôt tendue, et bien que son influence puisse se ressentir sur chaque strate de la société, certaines étaient bien plus impactées, en particulier des niches très spécifiques. Un léger rictus vint étirer mes lèvres sur ses notes finales.


« Cela arrangerait beaucoup mes affaires, qu’il soit exécuté. »


Je me rapprochais du corps encore inconscient de Brunhilda, inspectant son bras nu. Blessure très moche. La déplacer risquait d’être encore plus compliqué, si elle ne se réveillait pas. j’allais très certainement avoir besoin d’aide. Puis, je me dirigeais vers la porte, avant de lancer un regard à mon contact habituel.


« Par respect pour votre contribution sans faille jusqu’à présent, et pour lui accorder le bénéfice du doute, cela ne sera toutefois pas nécessaire. Si vous avez confiance en lui, laissons-lui sa chance. »


Je m’éclipsais quelques instant, le temps d’aller chercher l’inconnu, et remonter avec lui, refermant la porte à clé derrière nous. Je me plantais devant lui, l’air solennel, toujours méfiante.


« Puisque visiblement, une certaine personne ici présente souhaite faire de vous notre nouveau contact privilégié, il y a quelques règles à respecter pour notre bien commun à tous. Tout d’abord, point le plus évident, ne parlez en aucune circonstance, et à qui que ce soit, de  ces sauvetages. Nous savons des yeux et des oreilles partout, identifier la source d’une fuite serait simple, et sa suppression rapide. Deuxièmement, vous vous référerez à chaque agent que vous rencontrerez par Sororitas. Enfin, il n’y a pas de méthode pour nous contacter. Nous saurons quand venir à vous. »


Je marquais une pause, m’assurant que tout rentrait dans le crâne de l’homme, avant de reprendre.


« En contrepartie, nous nous assurerons de vous renseigner sur la réussite ou l’échec du sauvetage que vous initiez, d’une manière ou d’une autre. Ce n’est que justesse. Et l’ultime point de notre accord : n’essayez jamais de retrouver les rescapés. Si par le plus pur des hasards, vous veniez à tomber sur l’un d’eux, vous devrez absolument faire comme si de rien n’était, comme si c’était la première fois que vous vous rencontrez. C’est probablement le point le plus important. Est-ce que vous comprenez ? »


Une fois les termes de notre accord mis au clair, je pouvais m’enquérir des informations qu’il me manquaient.


« A présent, dites-moi le nom auquel vous souhaitez me répondre. j’aurais également besoin que vous me racontiez le plus en détail possible l’agression de Brunhilda. Je vous écoute. »


Je pris place sur l’une des chaises, proche du blond, à qui je laissais un regard appuyé, lourd de sous-entendu. Si son acolyte venait à se montrer défaillant, il serait purement et simplement effacé, d’une manière ou d’une autre.

Cadmus
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01/02/2020

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“Beware the nation in which one man rules, for it is a nation of slaves.”  EmptyMar 12 Mai - 15:19

“Beware the nation in which one man rules, for it is a nation of slaves.”  2v7v

In fact, I can't kill him...


« Cela arrangerait beaucoup mes affaires, qu’il soit exécuté. »

Cela faillit le faire éclater d'un rire chargé d'ironie, chose qu'il aurait faite si la situation avait été tout autre. Mettre à mort Kursen Gyldart, fils de duc, héritier d'une grande maison. La bonne blague ! Si il pouvait faire ça, Valar serait dans un cercueil six pieds sous terre...Non, à y réfléchir, il aurait laisser la charogne pourrir au soleil. Cet homme ne valait même pas la peine de creuser. Cadmus laissa transparaître une lueur d'amusement dans son regard avant de reprendre immédiatement son sérieux.  

« Par respect pour votre contribution sans faille jusqu’à présent, et pour lui accorder le bénéfice du doute, cela ne sera toutefois pas nécessaire. Si vous avez confiance en lui, laissons-lui sa chance. »

Le blond inclina légèrement la tête en signe de remerciement. Il suivit son interlocutrice du regard, quittant la pièce pour revenir accompagnée du lieutenant qui avait toujours grise mine. Elle allait le mettre à l'épreuve, il grinça des dents, doutant juste une seconde des nerfs de son compagnon d'arme. Puis les doutes disparurent, si il pouvait le gérer lui, il pourrait la gérer elle. La femme lui expliquait les règles d'un air sévère, cela l'aurait agacé en toute autre circonstance mais il comprenait parfaitement la méfiance de son contact. Ils voulaient tout deux pouvoir continuer à sauver les oppressés et pour Cadmus, Sororitas était l'une des rares occasions qui lui était donné de le faire.

« Je comprends et je jure de respecter vos règles. Devant Ilios, ou devant tout autre entité ayant une quelconque importance pour vous. »

Le capitaine leva un regard mi-étonné mi-rassuré vers son lieutenant. Kursen s'exprimait d'une voix calme, assurée. Il était décidé. Il devait tenir énormément à cette esclave, lui qui aimait le calme. Mais l'homme était d'une nature poète, l'idée de sauver des âmes en peine lui plaisait sans doute. Ou bien était-ce une réelle ambition ? Cadmus agissait de la sorte car son propre père le traitait comme un esclave, quelle étaient les raisons de son second ? Il l'ignorait, mais il ne pouvait s'empêcher d'être satisfait.

« A présent, dites-moi le nom auquel vous souhaitez me répondre. j’aurais également besoin que vous me racontiez le plus en détail possible l’agression de Brunhilda. Je vous écoute. »

C'est un regard curieux qui se posa sur Kursen. Que choisirait-il ? Un érudit comme lui ? Quelque chose de poétique sans doute. Un peu trop peut-être. L'idée fit sourire le capitaine.

« Flynn, juste Flynn »

Flynn. Cadmus connaissait peu les légendes qui circulaient autour du roi saint. Si ce n'est que la légende de quelques uns de ses chevaliers. Flynn était peu connue, mais c'était une femme d'arme qui, disait-on, avait servi le grand roi. Elle était morte sans descendance, se sacrifiant pour son prochain dans l'espoir d'un monde meilleur après avoir passé une vie à aider les plus pauvres. Décidément, Kursen avait l'art du drame. Et l'amour de la poésie.

« Brunhilda est une esclave de cuisine. Elle a officiellement seize ans mais j'ai apprit par conversation avec elle que son âge réel est de quatorze ans. Elle a été vendue par son père à l'âge de cinq ans et celui-ci a augmenté son âge dans l'espoir d'en tirer un meilleur prix. Une technique courante. Elle ne sait ni lire ni écrire mais est très douée avec les calcules. »

A cette dernière mention, l'esquisse d'un sourire attendri se dessina sur les traits du lieutenant avant qu'il ne reprenne plus sérieusement, impassible.

« Lors de cette nuit même, Brunhilda a été quémandée pour servir un invité de haute naissance dans sa chambre, ce dernier en a profité pour abuser d'elle. Elle est maintenant officiellement morte, nous nous en sommes assurés. »

Mais pas officieusement. C'est la phrase muette que trahissait son regard. L'espoir qu'il posait sur cette gamine. Peu lui importait de ne plus jamais la revoir apparemment, l'idée seule de sa survie devait le faire tenir. Un bon lieutenant en somme. Pour preuve, il se tenait même au garde à vous, voilà qui trahissait quelque peu leur identité militaire mais Cadmus n'en avait rien à faire, il était présent pour sauver des vies, par pour faire un bal masqué.

« Ai-je omis quelque chose ? » Demanda Kursen après une brève période de silence.


***

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08/03/2020

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“Beware the nation in which one man rules, for it is a nation of slaves.”  EmptyLun 25 Mai - 19:55
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ft. Cadmus

Bien que je n’appréciais guère cet imprévu, il s’avérait nécessaire de passer par-là, d’improviser l’inclusion de cet homme supplémentaire dans notre accord initial. Je n’avais pas le temps d’élaborer un test de confiance digne de ce nom, et c’était probablement ce qui me dérangeait le plus. Devoir accorder sa confiance était un sacré luxe, dans le milieu des ombres. J’énonçais donc les règles qu’il allait devoir suivre à la lettre, s’il ne voulait pas se retrouver avec une prime sur la tête et une cible dans le dos jusqu’à ce qu’il ne pousse son dernier soupir. Une fois terminé, il répliqua comme un bon petit chien obéissant. Au moins, il avait ça pour lui, du moins de prime abord … Un sourire mystérieux s’étira sur mes lèvres à la mention de la déesse Ilios. Une belle ironie. Enfin, je lui demandais son pseudonyme, élément crucial dans notre relation à venir. Le nom vint rapidement : Flynn. S’était-il référé à celle des légendes entourant le roi saint ? Une femme soldat, dévouée envers les démunis. Un choix plutôt en accord avec notre mission.


Puis, Flynn me raconta le contexte entourant le drame de ce soir. Une histoire terriblement banale, mais pas moins tragique que toutes les autres. Jeune, si jeune, et déjà brisée. La noblesse de Tharros était décidément infâme à bien des niveaux. J’écoutais attentivement l’homme, ne pouvant m’empêcher de remarquer quelques détails superflus. Mais s’il les connaissait, cela voulait dire que cette adolescente avait une signification particulière pour lui. Et ça, cela pouvait être un problème. De même, son expression attendrie sur le visage était lourde d’implications. Au moins, lire en Flynn était particulièrement simple, cela m’évitait de trop me creuser les méninges ... Il disait avoir accepté et compris les règles, mais allait-il réellement les suivre ? Je demanderais à ce qu’on surveille Brunhilda, si nous arrivions à la sortir de là, pendant un temps. Visiblement, l’esclave avait été déclarée officiellement morte, ce qui était une bonne chose. Cependant, il manquait une information cruciale. Je scrutais avec la plus grande attention le moindre de ses faits et gestes, remarquant sa posture. Beaucoup d’indices pointaient dans une carrière militaire. Mes yeux se posèrent quelques instants sur Enyo, inquisiteurs, avant de se reporter sur son acolyte.


« Qui est le noble ayant abusé d’elle ? Savoir cette information nous permettra d’établir un plan pour qu’elle évite le plus possible les zones à risques. »


Vu son état, j’allais avoir besoin de l’aide des deux hommes. Je m’approchais à nouveau de la jeune fille, et délicatement, essayant de la déplacer le moins possible, lui fit enfiler une grande cape de voyage noire à capuche, qui devrait pouvoir couvrir l’intégralité de son corps et de son visage.


« Dans un premier temps, nous allons devoir la transférer ailleurs, proche des frontières d’Andreios. La faire voyager maintenant jusqu’à notre sanctuaire serait trop difficile, il faut attendre qu’elle soit consciente et qu’elle ait récupéré quelques forces. Sa fracture nous ralentirait trop. Dame Hegetoria, pouvez-vous faire quelque chose pour maintenir son bras en place ? Si vous n’avez pas le matériel, ce n’est pas grave, nous allons procéder différemment. »


La ville n’était pas très agitée ce soir. L’exfiltrer vers la maison close dans laquelle nous avions un autre contact devrait pouvoir se faire sans trop de vagues … Pour peu que personne ne vienne nous interpeller.


« Enyo, Flynn, je vais avoir besoin de votre aide. Seule, je ne pourrais pas l’emmener à destination. L’objectif est de l’apporter dans une maison close, près des portes de la ville. Elle y sera en sécurité, je peux vous le garantir. Dès que nous arriverons, vous pourrez partir, et faire comme si de rien n’était. »


Je reportais mon regard dur sur Flynn, le toisant de bas en haut, avant de finalement soupirer.


« Vous êtes vraiment l’une des personnes les plus évidentes à deviner qu’il m’ait été donné de voir. Avez-vous besoin de quelques minutes pour lui faire vos adieux ? »


Je me demandais bien quelle relation il entretenait avec Brunhilda. La lumière allait-elle révéler ce mystère de sa bouche ? Peut-être, peut-être pas … Qui sait ?

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I don't believe you, even if I have to


Lorsque sa collaboratrice lui jeta un regard sévère, Cadmus retint l'envie de lui tirer enfantinement la langue. Il n'y pouvait rien après tout. Enfin, si quelque part, si il n'avait pas laissé ce prince se volatiliser, il n'aurait pas eut besoin d'impliquer Kursen. De son silence, il était convaincu, mais de son pouvoir de faire face à une bonne femme comme celle-là, c'était moins sur.

« Qui est le noble ayant abusé d’elle ? Savoir cette information nous permettra d’établir un plan pour qu’elle évite le plus possible les zones à risques. »

Kursen garda le silence un instant avant de déclarer froidement.

« Cette information est compromettante pour moi et mon camarade, je comprends votre difficulté de me faire confiance, laissez-moi faire de même. »

Il n'était pas à blâmer, ce n'est pas comme si elle inspirait confiance après tout. Mais Cadmus se dit qu'il était plus important de prévoir un plan pour sauver la jeune fille plutôt que de jouer à ce genre de jeu, il jeta donc un regard réprobateur à son acolyte. Ce dernier émit un lourd soupire avant de revoir sa déclaration.

« Un membre de la famille royale, Ageric Kanakaris. J'espère que ce détail ne refroidira pas votre bonne volonté. »

Lorsque Sororitas enveloppa la jeune femme, la doctoresse lui vint en aide, l'assistant pour placer son bras correctement, je remettre à sa place dans un craquement qui fit gémir un instant Brunhilda sans pour autant la réveiller. Elle ne se fit pas attendre lorsque l'autre femme lui demanda son aide, sortant de quoi faire une atèle solide. Elle se mit à la tâche, muette comme une tombe et une fois son travail terminé, elle déclara simplement :

« Je ne peux pas faire plus. Si j'utilise les pierres d'énergie, elle hurlera. Cela ne fera qu’aggraver inutilement ses blessures. »

Cadmus se leva lorsqu'il fut interpellé, vidant son dernier verre d'alcool de la soirée. Il était à présent parfaitement calme. Il s'agissait à présent de suivre à la lettre les ordres de Sororitas pour mener le mieux possible le sauvetage de la jeune esclave. Ce serait également une occasion d’entraîner son lieutenant pour les missions à venir. Il grogna à l'idée qu'il aurait put s'y prendre plus tôt pour lui apprendre les bases. Le capitaine ne s'y était pas prit de la meilleure des façon pour introduire Kursen à l'organisation, mais la disparition du prince l'avait prit de court et c'était la première fois depuis un long moment qu'il effectuait un sauvetage. Ilios seule savait quand il pourrait en sauver d'autres. Frustrant.

« Vous êtes vraiment l’une des personnes les plus évidentes à deviner qu’il m’ait été donné de voir. »

Éviter de rire était alors la mission principal du capitaine. Il était nonchalant, certes, mais le rire n'était pas de bon goût vu la situation. Malgré son penchant à se moquer de son second dès que possible, il garda donc le silence. Pour sa part, Kursen s'inclina humblement.

« Pardonnez mon manque d'expérience, je tacherais de corriger ce défaut à l'avenir. »


La question suivante le laissa cependant de marbre. Dire adieu à Brunhilda, il devait l'avoir fait bien avant cela.

« Non, mais je vous remercie » Déclara-t-il froidement.

Il baissa sa capuche, se dirigea d'un pas neutre vers la doctoresse et lui demanda d'une voix toute aussi neutre.

« Dame Hegetoria, pouvez-vous m'aider à la porter correctement ? » Cette dernière poussa un soupire nerveux avant de l'assister tranquillement tandis qu'il prenait la jeune fille dans ses bras, une fois la tâche effectuée avec minutie, elle couvrit le visage de la jeune fille avec un pan de la cape précédemment fournie. Puis elle se dirigea vers Cadmus et lui tendit la main, il la serra d'une poigne franche.

« Un médecin vous attends là-bas, il s'occupera du reste. » Murmura-t-elle en partant ranger son matériel de médecine. « Au revoir. »

Cadmus acquiesça puis s'approcha de Sororitas, vérifiant que Kursen était suffisamment loin. Il lui murmura d'une voix mi-moqueuse, mi-grave. Une sorte de ton étrange qu'il abordait souvent avec elle.

« Vous parlez de facilité de lecture, il est vrai que vous n'êtes pas aisée à déchiffrer. Cependant, j'ai lu une chose dans votre comportement. » Il marqua une pause avant de reprendre. « Vous avez peur qu'il cherche à la revoir, pas vrai ? ». Il jeta un regard vers son second avant de reprendre. « J'ai confiance en lui mais si vous y tenez, je promets de m'assurer personnellement qu'il ne cherche pas à rentrer en contact avec elle. Pour le reste, vous avez plus de pouvoir que moi. »



***

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Finalement, ça n’aura pas tenu bien longtemps. Ses préoccupations étaient certes légitimes, mais Flynn ne voyait pas le plus grand cadre. Je pourrais bien lui dire que je me fichais royalement de savoir plus précisément dans quel milieu ils évoluaient, mais ce serait du gaspillage de salive. Ce qui m’importait, c’était de pouvoir leur faire confiance. Mais cela faisait partie du test. Ainsi, je pouvais savoir qui était réellement prêt à mettre sa vie sur la ligne pour sauver un maximum de pauvres âmes égarées, brisées. Et pour l’instant, ce Flynn semblait vouloir privilégier sa peau et celle de son partenaire. L’hésitation me saisit. De ma main cachée, je commençais à préparer de la glace, tentant un dernier regard vers Enyo. Le sien était dirigé vers l’autre homme, qui changea d’avis. J’abandonnais donc ma préparation magique, l’écoutant. Ageric Kanakaris, hein ? L’extraction allait être un peu plus compliquée qu’escomptée.


« Je vois. Alors dans ce cas, il va falloir se faire encore plus discrets. En venant ici, j’ai pu croiser quelques uns de ses partisans. Peu difficiles à remarquer. »


Je ne commentais pas sur la phrase de politesse. Ce n’était plus l’heure de s’y attarder. Dame Hegetoria fit ce qu’elle pu pour faire une attelle, replaçant au passage le bras de la pauvre Brunhilda correctement. Sa plainte ne la tira pas de sa torpeur. Quelque part, c’était mieux ainsi. Enyo s’était levé, reposant son je-ne-sais-combientième verre d’alcool. Si en temps normal je me serais plutôt inquiété de l’enivrement d’un collaborateur, dans ce cas, c’était différent. Il semblait que ces deux personnes aient un lien suffisamment proche de la haute, voire très haute noblesse tharrosienne. Et au vu de l’attitude de Flynn, je pouvais avancer sans trop me tromper qu’ils étaient issus d’une formation militaires. Peut-être des gardes affectés à un poste à hautes responsabilités et accès. Cela pouvait nous ouvrir des portes dérobées, en cas de pépin … Il suffirait simplement d’inventer une petite histoire de conflit dans une taverne, et le tenancier qui l’a remercié avec quelques verres.  Finalement, le plus inexpérimenté s’excusa avec les formes. Je haussais les épaules. Il m’indiqua avoir également déjà fait ses adieux. Une bonne chose pour nous, dans ce cas. Ce fut lui qui décida de la porter, et je n’y voyais pas forcément d’inconvénient.


« Merci pour votre aide et votre discrétion, Dame Hegetoria. Prenez soin de vous. »


Flynn avait pris les devants, et Enyo m’aborda, avec ce ton mêlant impertinence et sérieux. Un air auquel j’avais fini par m’habituer. Il avait beau être nonchalant, il savait se concentrer lorsqu’il le fallait. C’était tout ce dont j’avais besoin. Un sourire narquois se dessina sur mes lèvres.


« Je ne laisse apercevoir aux autres que ce que je souhaite qu’ils voient. Cela fait partie de son apprentissage. Je veux qu’il se rende compte lui-même des enjeux. Qu’il se rende compte qu’il n’y a pas la place pour l’individualité, dans cette collaboration. Nous mettons tous, sans exception, notre vie en jeu. »


Je marquais une pause, mon air reprenant son sérieux.


« Ce que je crains surtout, c’est qu’il ait un quelconque lien spécial avec elle, et qu’en effet il cherche à préserver un semblant de ça. Il a donné certains détails superflus, qu’il n’aurait pu obtenir qu’en gagnant la confiance de la petite. Enfin, si vous pouviez garder un œil là-dessus, cela nous épargnera un dispersement trop important de nos ressources. »


Dans tous les cas, une surveillance s’imposait, qu’Enyo y ajoute sa touche personnelle ou non. Cela dit, cela serait sans doute mieux de n’envoyer que deux personnes plutôt que quatre … Nous étions particulièrement sollicités, ces derniers temps. Quelque chose devait se tramer dans l’ombre … Sortant de la pièce, nous rejoignîmes Flynn, dans la rue. Rabattant la capuche de ma cape intégrale noire, je repris la parole.


« Passons par les plus petites et discrètes ruelles possibles. Je passerai devant. Si jamais je repère du danger, je vous le signalerai en créant du givre autour de ma main droite. Allons-y. »


Je pris donc la tête du groupe, quelques mètres en avant. Le temps était avec nous, puisque des nuages masquaient le ciel. C’était au moins quelque chose de positif ...

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We had a plan...I think?


Il esquissa un sourire en l'écoutant. Il était vrai que cette Sororitas là était plus douée pour cacher son jeu, il avait beau jouer les ours grognons avec elle, il appréciait plutôt sa compagnie et surtout son comportement plus que sérieux. Sa droiture en tant que sauveteuse avait déjà sauvé la vie de plusieurs esclaves et pour ça, il la respectait profondément, elle et son combat. Aussi, si ses premières paroles furent taquines, aucune méchanceté ne se dissimulait derrière.

« Ne me l’abîmez pas trop, j'en ai besoin pour faire ma paperasse. »
murmura-t-il avant d'ajouter d'un ton plus sardonique. « La glace est pratique, n'est-ce pas, aucune trace. »

Après cette plaisanterie douteuse, il reprit d'un air beaucoup plus sérieux.

« Pardonnez-moi pour cette entrevue catastrophique, les événements m'ont prit de court. Inutile de vous cacher que les plus hautes sphères de la société ont été bouleversées par la disparition de notre cher prince. » Il avait finit sa phrase sur un ton de mépris à l'égard de ce cher Elios. Celui-ci l'avait malmené autant qu'Areng et à part pour les enjeux politiques et pour sa propre renommée, il n'avait aucune envie de le retrouver. Il poursuivit sur un air plus calme. « Testez-le comme il vous plaira, je ne voudrais pas mettre votre organisation en danger. »

Sur ce, il rabattit sa capuche et s'enferma dans un mutisme nécessaire à la discrétion. Il salua la doctoresse d'un dernier signe de tête et suivit sa collaboratrice et son lieutenant. Kursen s'était aussi décidé à garder le silence car il ne répondit que par un hochement de tête aux consignes de Sororitas. Comme indiqué, ils empruntèrent les ruelles les plus discrètes, laissant parfois à la mage quelques pas d'avances pour vérifier la sûreté du passage. Le début du trajet fut sans histoires, ils ne croisèrent qu'hommes ivres et mendiants, parfois gamin des rues, sans plus. Le seul problème notable fut le croisement d'un soldat enivré par l'alcool duquel ils furent prévenus par Sororitas ayant reconnu l'uniforme militaire malgré le désordre de celui-ci.

Un problème qui ne fut pas de longue durée car ce dernier s'effondra ivre-mort au milieu de la ruelle sombre. Ils s’engouffrèrent alors dans le passage libre et Cadmus échangea un regard critique à l'homme effondré. Avant de se dire que plus la situation allait, moins il était en position de le juger. Un soupire manqua de s'échapper de ses lèvres.

La maison close en question était un établissement sans grand luxe, rien de comparable avec l'extravagance que celles d'Emporos pouvaient montrer. Mais la prostitution à Tharros n'était pas spécialement un métier à la mode. Cadmus lança un regard à Sororitas, attendant ses instructions. Il la laissa prendre la tête du cortège. La suite des événements ne dépendait que d'elle et la concernait avant tout. Elle était sur son territoire, lui n'était qu'un compagnon, voir moins que ça. Une ombre. Il jeta un regard rapide vers Kursen, anxieux de ses réactions mais ce dernier gardait son air neutre, attendant comme lui les consignes de Sororitas.



***

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Le blond semblait avoir une bien haute opinion de son camarade. Et visiblement, il lui rendait la vie dure, si ma lecture d’entre les lignes était correcte. Un léger sourire se dessina sur mes lèvres. Pauvre Flynn. Etre réduit à une tâche aussi ingrate, cela ne devait pas être facile. Surtout lorsque l’on a une formation militaire … Mes traits s’étirèrent, narquois, à l’écoute de sa remarque. Ainsi, il avait remarqué. Pas n’importe quel soldat se serait permis ce luxe, surtout compte tenu de la disposition des lieux, et de son activité alcoolisée.


« En effet. Et il existe bien des façons de l’utiliser, pour un résultat tout aussi impeccable. »


Finalement, Enyo changea de sujet, m’expliquait les raisons de l’urgence dont il a du faire preuve pour cette opération. L’affaire de la disparition du prince Elios était donc la principale raison de cet imprévu … Etait-il un garde royal, dans ce cas ? Cette affaire devrait plutôt les chambouler eux, pas les soldats standards. L’étau se resserrait autour de son identité … Non pas que cette information me soit particulièrement importante. Ma curiosité personnelle, en revanche … Mais j’avais appris depuis bien longtemps à savoir la mettre de côté. Chaque chose en son temps, l’heure n’était pas aux devinettes. Je hochais la tête à ses derniers mots, rassurants. Il avait prouvé qu’il méritait que j’accorde suffisamment de crédit à ses paroles, depuis le temps.


« Je vous remercie de cette sollicitude. »


Les ruelles étaient plutôt calmes. J’avais dû changer d’itinéraire en cours de route à deux reprises, des rondes de partisans de notre cher noble se trouvant sur notre passage. Une urgence s’était même déroulée, mais fort heureusement, le garde dont il était question était bien trop enivré pour poser quelconque problème. Tant mieux. Je n’avais pas envie de créer une commotion dispensable, et mes collaborateurs non plus. Une fois arrivés à destination, je me sentis soulagée. La partie la plus risquée était derrière nous. Le danger ne s’était pas volatilisé entièrement, mais au moins, nous pourrions profiter d’une accalmie. Je m’approchais sans un mot de la réceptionniste, lui montrant quelque chose de bien singulier, signe distinctif, qui lui mettrait immédiatement la puce à l’oreille. Je fis signe aux deux hommes de s’approcher.


« Venez. »


Suivant la femme qui nous fit pénétrer dans ce qui pouvait s’apparenter aux baraquements des prostituées, je l’aidais à déplacer une lourde et imposante armoire, qui cachait habilement une trappe. Je l’ouvris, et d’un signe de tête en direction de Flynn, lui demandais de descendre dans cette porte dérobée plongée dans un noir absolu.


« Comptez quinze marches. Vous devriez apercevoir de la lumière au sol, sur votre droite, masquée par une porte. Rentrez-y, ce sera la chambre temporaire de Brunhilda. Je vous rejoindrai d’ici cinq minutes, le temps de régler quelques affaires pour la suite. »


J’attendis que mes collaborateurs s’enfoncent dans le tunnel, avant de reporter mon attention sur la réceptionniste.


« Nous allons avoir besoin d’un chariot d’ici quelques jours, ainsi que des provisions pour deux personnes pour une semaine. Y a-t-il un marchand de disponible pour nous transporter ? »


Notre discussions sur l’aspect logistique se continua pendant quelques minutes, avant que je ne redescende, une clé dans la poche. Mon contact avait verrouillé derrière nous, puisque l’armoire était toujours déplacée pour nous permettre de sortir. J’ouvris la porte où devaient m’attendre Enyo, Flynn et Brunhilda. Je les observais, tour à tour, la mine songeuse. M’installant sur une chaise, autour de la table ronde un peu excentrée, mes yeux se posèrent sur l’esclave.


« J’ai plusieurs choses à vous communiquer. Tout d’abord, même si Brunhilda se réveille avant, je ne l’emmènerai pas en lieu sûr avant trois jours. Nous n’avons personne de disponible pour lui faire quitter sans problème majeur la ville. Et même en attendant, il semblerait que des partisans d’Ageric rôdent dans les parages. Ne vous en faites pas pour ce point, je saurais me débrouiller. »


Je marquais une pause, avant de reprendre.


« Fort heureusement, ce sera tout pour les mauvaises nouvelles. J’ai quelques opportunités pour la petite. Flynn, puisqu’elle semble avoir une signification particulière pour vous, je vais vous laisser le soin de choisir pour elle. Je vous préviens, les options ne sont pas nécessairement fantastiques, mais au moins elle sera protégée, bien traitée, et ses besoins seront comblés. »


Nouveau test, probablement le plus difficile, qui s’apprêtait à lui tomber dessus. Je plantais mon regard dans le sien, dure, grave.


« Une maison de passe sofienne aurait besoin de nouvelle chair. Un établissement de haute renommée, dont le principal argument de vente est le service luxueux qui y est offert. Les clients sont souvent des gens fortunés, aux manières plus que correctes. On n’y entre pas comme dans un moulin, et au moindre signe d’irrespect ou de violence, les clients sont purement et simplement chassés.

La seconde option serait d’en faire une fermière dexienne. Un de nos plus vieux alliés recherche de la main-d’oeuvre pour ses nombreux champs et s’occuper de son bétail. Un travail particulièrement physique et éreintant. Elle pourrait cependant évoluer dans un environnement sain, et aucune question ne lui sera posée.

Une autre possibilité serait de l’envoyer chez la gérante d’une herboristerie. C’est une femme sévère, mais juste. Cela dit, ce ne serait sans doute pas grand-chose comparé à ce qu’elle a déjà enduré jusqu’ici. »



Il y avait une quatrième option, volontairement masquée à Flynn. Je voulais savoir jusqu’où son lien avec l’adolescente allait. Je voulais le sonder, me faire une idée précise de son fonctionnement, et surtout, jauger l’intensité de sa vertu. Allait-il même penser à demander si d’autres options existaient ? Allait-il justifier ses propos ? Allons, Flynn, dévoile-moi tes pensées, que je sache si je me dois de t’ajouter à mon prochain repas, ou si je peux réellement te faire confiance, comme le prétend Enyo ...

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Angry Kursen


Ils suivirent les instructions de Sororitas sans poser de question. Kursen en avant, Cadmus observant sans rien dire les lieux. Il avait finit pas s'habituer à ce genre de petit secret avec le temps, il faut dire que la battisse familiale des Varunar avait aussi son lot de secrets...plutôt sombres. Les couloirs dissimulés, les miroirs sans teints et les trappes camouflées étaient une question d'habitude, même le palais royal avait son lot de passages secrets dont certains utilisés par les gardes royaux eux-même.

Son iris s'adaptait peu à peu aux ténèbres et la porte indiquée apparut enfin. Il prit les devants et l'ouvrit pour Kursen qui le remercia d'un signe de tête avant d'entrer et de déposer la jeune esclave sur le lit mit à disposition. Une fois la tâche accomplie, le lieutenant soupira lourdement et se tourna vers son supérieur.

« Elle ne me croit pas, c'est évident. »


Cadmus haussa les épaules, un sourire ironique aux lèvres.

« Tu es perspicace, c'est bien. »


L'émotion qui passa sur le visage du brun était un complexe mélange d'hilarité, de stress et de frustration. Le tout se terminant par un regard noir. Cadmus dut se mordre la lèvre pour ne pas éclater de rire. Il secoua la tête, un sourire aux lèvres avant de rependre son sérieux en s'éclaircissant la gorge.

« Tu ne la crois pas non-plus de toute façon, pourquoi as-tu refuser de lui dire pour Ageric ? »

Petite période de silence où Kursen baissait la tête, un poil honteux.

« Je ne voulais pas vous mettre en danger. »

Soupire lourd de la part du capitaine et nouveau hochement de tête. Il s'approcha de son second et vint lui tapoter l'épaule.

« A trop être altruiste, on en finit par être égoïste. Oublie mes intérêts, j'ai le pouvoir de me défendre. » Il montra Brunhilda d'un signe de tête. « Pas elle. »

« Mais si on venait à découvrir que vous... » Tenta Kursen.

« La ferme. »

Le lieutenant ouvrit la bouche avant de tourner la tête et de soupirer lourdement à nouveau. Il commençait à avoir l'habitude du traitement que lui infligeait son capitaine mais cela continuait de l'exaspérer au plus haut point. Cependant, il était heureux d'avoir découvert un moyen d'aider les esclaves à sa façon, aussi ne répliqua-t-il pas, étant conscience des risques que Cadmus avait prit pour lui. C'est à ce moment que Sororitas décida de refaire son entrée en scène. Elle vint finalement s'asseoir et contempler le corps inerte de la jeune fille, une mine indescriptible au visage. Puis elle planta sur le lieutenant un regard d'acier.

Cadmus retint son souffle, retournant s'adosser au mur. Le teste commençait. Il ne pouvait aider Kursen sur ce coup là, le gaillard devait s'en sortir seul. Et il ne piperait pas mot si il tirait la mauvaise carte. D'ici là à justifier la disparition d'un fils de Duc. Et merde...Il aurait vraiment du mieux préparer son coup.

Sororitas énumérait les différentes possibilités. Kursen hochait la tête, muet et quand elle eut terminé, il lui rendit un regard tout aussi dur.

« Je m'en remets à vous. J'estime vous avoir donné toutes les informations nécessaires pour que vous fassiez votre choix. Il pourrait bien y avoir une centaine d'options de plus -et il y en a sûrement, ma réponse resterait la même. » Il marqua une pause, soufflant pour évacuer le stress accumulé.« Brunhilda était une gamine adorable, certes, mais elle est morte ce soir. La jeune fille que nous avons devant nous est une autre personne. Je n'ai rien à dire et ne DOIS rien dire sur ce constat. Je n'ai de ce fait, aucun droit sur elle ou son avenir. »

Il était rare de voir Kursen déballer son sac ainsi. Il était visiblement irrité, mais comme d'habitude, droit dans ses bottes et convaincu de ce qu'il disait. Il se calma cependant quelque peu en poussant son troisième soupire de la soirée.

« Cela vous convient-t-il, Dame Sororitas ? »


***

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Après mon entrevue hors du sous-sol, j’avais pu saisir quelques bribes de paroles échangées entre Enyo et Flynn, Une phrase en particulier, que je parvins à reconstituer avec les sons que j’avais pu entendre. « A trop être altruiste, on en finit par être égoïste ». Je souriais. Voilà de quoi me rassurer davantage sur la compréhension des enjeux de la part d’Enyo. Décidément, son subordonné devait avoir la vie dure, et pourtant, il était entre de bonnes mains. Il aurait beaucoup à apprendre, certes, mais je suis sûre qu’on arrivera à faire quelque chose de Flynn. J’avais décidé de faire mon entrée lorsque le ton se fit plus dur. Le supérieur s’était tu. Il savait ce qui allait se passer, il l’avait vécu lui-même, m’ayant donné une réponse fort intéressante. Son aide ne serait d’aucune utilité à son subordonné. En effet, la particularité de ce test, pourtant si simple en apparence, c’est de n’avoir aucune bonne, ni mauvaise réponse. Ces propositions n’étaient que du vent. Ce que je voulais mesurer, c’était la sincérité, la personnalité de quiconque subissait ce jugement. Peu de personnes interrogées avaient échoué, d’ailleurs. Mais de toute façon, elles n’étaient plus là pour en parler. La prudence n’avait pas de prix, et s’il fallait se salir les mains, soit.


J’écoutais donc Flynn me livrer ses pensées, coudes sur la table, mes doigts entrelacés devant ma bouche, la masquant entièrement des deux hommes, les yeux rivés sur le soldat. Il n’avait que peu hésité. Au fil de son argumentaire, un sourire se dessina sur mes lèvres. Enigmatique, mais satisfait. Décidément, il semblerait que la garde royale tharosienne renfermait des spécimens ma foi fort intéressants. Lorsqu’il termina ses explications sur son choix, mon regard alla chercher celui d’Enyo. Il devait déjà s’être fait une idée sur le résultat de ma petite interrogation surprise. Cependant, je voulais vérifier quelque chose, par pure curiosité personnelle. Je me levais en silence, m’approchant lentement de Flynn, le regard braqué sur lui, adamant. Arrivant à quelques centimètres de lui, je tendis ma main vers son menton, avant de claquer des doigts. Des dizaines de petits pics à glace entourèrent son cou. Puis, lorsque je redescendis la main, ils foncèrent droit vers sa peau … s’y écrasant sous forme de givre inoffensif. Mon air se radoucit, ma main revenant pour se poser sur son épaule, que je tapotais.


« Bonne réponse. Je vois que vous avez le cœur suffisamment bon. Je veux bien vous laissez votre chance, Flynn. Mais n’oubliez pas les paroles que ce cher Enyo vous a dites, au sujet de l’altruisme. »


Je relâchais la pression sur son épaule, avant de retourner m’asseoir, satisfaite de ce à quoi je venais d’assister. On évacue la pression comme on peut, et je devais avouer qu’il était satisfaisant de jouer un tour à ce cher sbire … J’adressais un petit geste de tête espiègle au blond, suivi de quelques mots équivoques.


« Je dois bien reconnaître qu’il n’est pas si mal dans son genre ... »


Balançant ma tête de nouveau vers Flynn, je lui fis un geste approbateur.


« Cette intronisation aura été la plus imprévue à laquelle nous ayons eu droit. Je peux officiellement vous souhaiter la bienvenue parmi nous, Flynn. Je vous félicite pour avoir été particulièrement enrichissant à observer. Puisse cette collaboration être fructueuse, et les âmes sauvées nombreuses. En temps normal, je vous aurais bien proposé un verre à chacun, mais … Oh, attendez. »


Je me levais vers la commode située proche de la porte. Si je nem e trompais pas … Bingo. Du vin et de la vaisselle. Je m’emparais de l’ensemble, avant de regagner mon siège, disposant les verres et la bouteille sur la table, les servant. Qu’ils en veuillent ou non n’avait pas d’importance, c’était surtout pour la symbolique. Je levais le mien au ciel, jetant un regard à Brunhilda, avant d’en engloutir son convenu. Son cauchemar allait prendre fin, et elle pourrait repartir dans la vie, loin de son injuste et cruelle condition. J’avais déjà ma petite idée sur ce nouveau départ, mais pour l’instant, nous l’accueillerons au Sanctuaire, le temps qu’elle y soit complètement soignée. Mais ça, je ne pouvais pas le leur dire. Cet endroit était bien trop sensible pour que je ne risque quoi que ce soit.


« Je vous promets qu’elle sera en sûreté, là où personne ne pourra plus lui faire de mal. S’il devait y avoir une seule chose que vous pourriez croire sur parole, c’est bien cela. »


Ton sincère, se voulant rassurant, à l’attention de Flynn. C’était le moins que je puisse faire. Voir des personnes qui comptaient pour nous être arrachées de notre vie est toujours quelque chose de déplaisant, douloureux. Je repris un air plus sérieux


« Mieux vaut que vous restiez encore un peu, sait-on jamais. Je vais sans doute me répéter, mais nous apprécions votre aide, Enyo. Cela dit, je comprends mieux vos raisons. La situation est devenue hors de contrôle, entre Dexia et Tharros, c’est inquiétant pour l’avenir … N’est-ce pas ? »


J’étais réellement préoccupée. Une guerre ouverte entre les deux nations serait la dernière chose dont Alasya avait besoin. Les victimes seraient innombrables, et nous ne pourrions pas assurer autant de sauvetages. Surtout, je ne pourrais plus compter sur le précieux support du capitaine de la garde royale et de son subordonné. Leur identité était devenue évidente, et en toute franchise, je supposais que mon collaborateur « Enyo » ne prenait même plus la peine de faire des efforts pour se cacher de moi. Qu’importe, son secret était bien gardé, et ne sortirait probablement jamais de cette pièce. Il le savait, mais le croyait-il ? Ca, c’était une autre histoire dont lui seul connaissait la fin.

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